Malgré Tchernobyl, l'Ukraine s'accroche au nucléaire

L'Ukraine commémorait mercredi le 31e anniversaire de la catastrophe... (AFP, Sergei Supinsky)

Agrandir

L'Ukraine commémorait mercredi le 31e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl survenue le 26 avril 1989. Des veuves tenaient le portrait de leur mari décédé à la suite du désastre.

AFP, Sergei Supinsky

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
Kiev

Bien qu'encore traumatisée par la catastrophe de Tchernobyl, le pire accident nucléaire de l'Histoire, l'Ukraine n'est pas prête à renoncer à l'atome pour ses besoins en électricité, malgré les craintes que suscitent ses réacteurs vieillissants.

Aujourd'hui, les centrales nucléaires fournissent plus de la moitié des besoins en électricité du pays, dont la dépendance à l'atome est renforcée par le manque de charbon dû à la guerre depuis trois ans contre les séparatistes prorusses dans l'est industriel du pays.

Une proportion passée à près des trois quarts de l'énergie électrique consommée durant les disputes avec Moscou sur le prix du gaz naturel russe entre 2014 et 2016.

L'Ukraine commémorait mercredi le 31e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl survenue le 26 avril 1989. Cette tragédie ne l'a pas dissuadée d'ordonner la prolongation de l'utilisation de ses réacteurs nucléaires datant de l'époque soviétique, assurant à l'atome le dessus pour les générations à venir.

«Le principal risque dans l'utilisation de l'énergie nucléaire en Ukraine réside dans les réacteurs ayant dépassé leur durée de vie», souligne Irina Golovko de l'ONG Centre national ukrainien d'écologie. «Actuellement, 6 réacteurs du pays sur 15 en activité ont dépassé leur durée de vie prévue. D'ici 2020, ils seront 12», affirme-t-elle.

L'Ukraine possède de grandes réserves de charbon, mais la majorité sont situées dans l'est séparatiste du pays.

Durant près de trois ans, Kiev s'est retrouvé dans la position inconfortable de combattre les rebelles tout en leur achetant de l'anthracite pour ses centrales thermiques.

Le président Petro Porochenko a finalement cédé aux pressions des nationalistes et interdit le 15 mars tout commerce avec l'est séparatiste.

En conséquence, la part du nucléaire dans la production électrique du pays a augmenté : le ministre de l'Énergie, Igor Nassalyk, a rapporté peu après la décision présidentielle qu'elle était passée de 55 % à 62 %. Elle était de 46 % en 2013, avant le début de la guerre et de la crise avec la Russie.

Le gouvernement a depuis permis aux compagnies régionales d'électricité de procéder à des coupures en cas de pics de la demande liés à la météo.

L'Ukraine veut en outre interdire les importations de charbon de Russie pour s'approvisionner surtout aux États-Unis et Kiev espère pouvoir satisfaire ainsi les deux tiers de ses besoins annuels.

Réacteurs «sûrs»

Malgré tout, il faudra sans doute rallonger jusqu'en 2030 la durée de vie des 15 réacteurs nucléaires du pays, estime l'expert en énergie Viktor Logatskiï, de l'Institut Razumkov.

Energoatom, la compagnie publique qui exploite les quatre centrales nucléaires ukrainiennes - dont l'une est la plus grande d'Europe -, assure que les réacteurs dont la durée d'utilisation est accrue sont sûrs et ont été rénovés avec des technologies modernes.

«Bien que la production d'énergie augmente, les centrales nucléaires ukrainiennes sont utilisées de manière sûre et ne représentent aucun risque d'accident», assure M. Logatskiï. Il estime que les centrales ukrainiennes ne sont pas encore utilisées à plein rendement.




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer