Trump célèbre 100 jours «très productifs»

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«Promesses faites. Promesses tenues», affichaient des pancartes lors du rassemblement marquant les 100 premiers jours de Trump au pouvoir, en Pennsylvanie. Cela malgré les nombreux revers qu'il a essuyés...

AP, Carolyn Kaster

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Jim Watson, Sébastien Blanc
Agence France-Presse
Harrisburg

Le président américain Donald Trump a célébré son 100e jour au pouvoir samedi entouré de ses partisans, en vantant son bilan provisoire «très productif» et en promettant de livrer les «grandes, grandes batailles à venir».

«Mes 100 premiers jours ont été très palpitants et très productifs», a déclaré M. Trump lors d'une réunion publique en Pennsylvanie, un des États qui ont permis sa victoire surprise le 8 novembre 2016.

Et «nous remporterons chacune des grandes, grandes batailles à venir», a-t-il ajouté.

«Nous avons été dans l'action ces 100 jours», a-t-il aussi affirmé, malgré les nombreux revers qu'il a essuyés, dont les deux plus flagrants restent son échec sur l'assurance santé et la suspension par la justice de son décret anti-immigration.

Lors de ce rassemblement dans la ville d'Harrisburg, capitale de la Pennsylvanie, des pancartes brandies par les spectateurs affichaient au contraire: «Promesses faites. Promesses tenues». La foule scandait «USA, USA» ou applaudissait fréquemment M. Trump, retrouvant l'ambiance de la campagne électorale de 2016.

Le président a employé une partie de son discours à vivement critiquer les médias, parfois en les désignant par leur nom, sous les quolibets et les insultes du public.

Il s'est ainsi déclaré ravi d'être ce samedi soir en Pennsylvanie, «à plus de 150 kilomètres du marigot de Washington», où se tenait au même moment le dîner de l'Association des correspondants de la Maison-Blanche. Un rendez-vous traditionnel pour les présidents américains que Donald Trump a décidé de bouder, s'estimant maltraité par les médias.

Ce dîner, «très, très barbant», regroupe «un vaste groupe de comédiens d'Hollywood», a lancé M. Trump, qui a fait huer à plusieurs reprises les médias présents à ce rassemblement.

Témoignage d'approbation

Plus tôt samedi, M. Trump s'était accordé un vibrant témoignage d'approbation.

«Les 100 premiers jours de mon administration ont tout simplement été les plus couronnés de succès de toute l'histoire» des États-Unis, avait-il déclaré dans un message vidéo diffusé par la Maison-Blanche.

Mais le 45e président des États-Unis, dont l'élection surprise a stupéfié la planète, peine à concrétiser ses promesses de campagne. Et notamment la plus emblématique: abroger et remplacer l'assurance santé Obamacare. Cette promesse s'est heurtée aux divisions de sa majorité républicaine au Congrès.

Le financement d'un mur frontalier avec le Mexique, autre leitmotiv de campagne, a lui été retiré cette semaine du projet de loi de finances pour éviter une crise budgétaire.

Samedi soir, devant des milliers de ses partisans, il a cependant répété que ces deux mesures phares seraient bien mises en oeuvre.

Quant à sa grande réforme fiscale, dévoilée à la hâte cette semaine pour redorer ce bilan symbolique des 100 jours et présentée comme «probablement la plus grande baisse d'impôts de l'histoire», elle a été largement perçue comme un cadeau de plusieurs milliards de dollars aux riches, qui ne fera qu'alourdir la dette du pays.

Depuis son entrée à la Maison-Blanche, il a certes signé des dizaines de décrets pour renverser les mesures de la présidence Barack Obama sur l'industrie ou l'environnement, pour relancer l'économie du pays. Des efforts salués par les républicains.

Rhétorique de campagne

Mais son décret le plus retentissant, visant à interdire l'entrée de ressortissants de plusieurs pays à majorité musulmane, a été bloqué deux fois par la justice.

À ce stade de la présidence, M. Trump est le président américain le moins populaire de l'histoire moderne dans les sondages.

L'opposition démocrate, elle, jubile et décrit le début de son mandat comme un désastre et une période d'instabilité grandissante.

Les républicains se félicitent de leur côté d'une victoire: la nomination du juge conservateur Neil Gorsuch à la Cour suprême.

Quelques signaux viennent par ailleurs ternir l'enthousiasme dans le camp présidentiel. À commencer par l'annonce vendredi du chiffre de la croissance au premier trimestre, le plus médiocre depuis trois ans.

S'ajoute aussi le dossier syrien dans lequel Donald Trump a fait volte-face et bombardé l'armée syrienne après avoir un temps envisagé une coopération avec Damas, soutenu par la Russie, pour lutter contre l'État islamique.

La Maison-Blanche doit également faire face à une poussée de fièvre avec la Corée du Nord. Donald Trump a averti jeudi d'un possible «conflit majeur» avec Pyongyang.

Restent aussi les accusations d'ingérence russe pendant la campagne, qui empoisonnent sa présidence. Le Congrès et le FBI ont lancé des enquêtes distinctes sur d'éventuelles collusions entre l'entourage du milliardaire et des responsables russes, démenties par le président américain.

Tour d'horizon en chiffres

Dans ses 100 premiers jours en fonction à titre de président des États-Unis, Donald Trump s'est manifesté des centaines de fois sur Twitter, a lancé de nombreux missiles en Syrie, a signé des dizaines de décrets, a nommé un juge à la Cour suprême, mais n'a signé aucun texte de loi majeur.

Il a en outre grommelé quant à l'inutilité de juger un président en se fiant à ses 100 premiers jours. «C'est une barrière artificielle. C'est n'est pas vraiment significatif», a-t-il dit.

Quoi qu'il en soit, nombre de ses prédécesseurs ont accompli de grandes réussites très tôt, au sommet de leur lune de miel au pouvoir.

Voici, en chiffres, un tour d'horizon des 100 jours de Donald Trump à la présidence.

  • 10: Le nombre de projets de loi majeurs qu'il a dit vouloir présenter et faire adopter en 100 jours, lors de sa campagne. Il était notamment question de réforme en santé, d'allégements fiscaux et de garde d'enfants.
  • 0: Le nombre de lois importantes pour lesquelles il a apposé sa signature. Donald Trump laisse aujourd'hui entendre que l'engagement qu'il a pris d'accomplir certaines choses en 100 jours - contenu dans le document Donald J. Trump Contract With the American Voter («Le contrat de Donald J. Trump avec l'électeur américain») - n'était pas vraiment son idée. «Oui, quelqu'un a lancé l'idée du concept d'un plan sur 100 jours», a-t-il dit à l'Associated Press.
  • 28: Nombre de lois qu'il a signées. Ce nombre est élevé, plus que ceux associés à tous ses prédécesseurs depuis la Seconde Guerre mondiale. La plupart des lois passées concerne des questions administratives. Certaines annulent des mesures mises en place par Barack Obama. Une autre implique des partenariats publics-privés sur les prévisions météorologiques. D'autres rebaptisent des édifices fédéraux, comme le nouveau bâtiment des vétérans Faleomavaega Eni Fa'aua'a Hunkin, aux Samoa américaines.
  • 30: Total de décrets-lois signés jusqu'à présent. C'est un niveau historiquement élevé. Donald Trump a notamment ordonné la construction de l'oléoduc Keystone XL; il a éliminé le financement de groupes impliqués dans l'accès à l'avortement; il a demandé à ses ministères de supprimer deux mesures réglementaires pour chaque règlement adopté; il a exigé des études sur les prétendus abus commerciaux commis par d'autres pays. C'est sans compter son fameux décret d'interdiction d'entrée en territoire américain visant des ressortissants de certains pays majoritairement musulmans.
  • 1: Nombre de juges nommés à la Cour suprême. Le choix de Donald Trump pourrait avoir des conséquences à long terme. Le président a décidé de préserver la mainmise conservatrice au plus haut tribunal américain en nommant Neil Gorsuch. Une autre conséquence qui pourrait se faire ressentir: devant la difficulté de faire accepter la nomination du juge Gorsuch au Sénat, les républicains ont changé les règles du jeu afin d'empêcher les démocrates de faire obstruction. Le Sénat se rapproche davantage d'une éventuelle élimination de la nécessité d'un vote à 60 % pour l'approbation de projets de loi.
  • 18: Nombre de choses que Donald Trump avait dit vouloir faire au premier jour de son entrée en fonction. Il en a accompli environ la moitié. Parmi les promesses qu'il a honorées se trouvent celle du retrait des États-Unis du Partenariat transpacifique et celle de nommer un successeur au juge Antonin Scalia à la Cour suprême. Parmi les promesses qu'il n'a pas respectées: pointer la Chine comme un manipulateur de devises et les limites aux nombres de mandats que peuvent obtenir les élus au Congrès.
  • 59: Nombre de missiles Tomahawk lancés sur une base aérienne syrienne. Cette attaque a causé la surprise générale et a laissé bien des questions en suspens quant à la suite des choses. Donald Trump a fait campagne en défendant une approche non-interventionniste et semblait plutôt indifférent au dictateur syrien Bachar Al-Assad.
  • 500: En date de vendredi, c'était le nombre de fois que Donald Trump s'était exprimé sur Twitter depuis le jour de l'investiture. Trente-deux fois, il était question de médias, trois fois, du premier ministre canadien Justin Trudeau et cinq fois, du Canada, de façon globale. Presque toutes les allusions au Canada ont été positives, sauf la semaine dernière.
  • 46 000 000: Le nombre de fois que les micromessages de Donald Trump sur Twitter ont été «aimés».
  • 43,1: Le pourcentage d'approbation de la population américaine envers Donald Trump en tant que président, selon une moyenne de sondages compilés par RealClearPolitics. Il s'agit du pire résultat affiché par tout nouveau président dans l'histoire des sondages, selon la firme Gallup.
  • 15: Le nombre de projets de loi d'envergure signés par l'ex-président Franklin Roosevelt dans ses 100 premiers jours à la tête des États-Unis. C'est à la frénésie de la productivité hâtive de cette figure politique que l'on attribue l'apparition du mythe des 100 jours. Le président Roosevelt a mis en place une impressionnante série de programmes de sécurité sociale et de création de travaux publics pour lutter contre la Grande Dépression. Une de ses plus grands réalisations est toutefois survenue deux ans plus tard: l'instauration de pensions de vieillesse.
La plupart des présidents américains ont vécu des réussites dans leurs 100 premiers jours, mais leur legs est surtout venu plus tard. Barack Obama en est un bon exemple. Lorsqu'il est devenu président, il a donné le feu vert à une injection d'argent massive dans les routes, l'éducation et les énergies renouvelables - à hauteur de 787 milliards $. Son projet-phare, sa réforme en santé, est survenu plus d'un an après son jour un.

«La plupart des historiens diraient que les 100 premiers jours ne sont pas un indicateur, d'aucune façon, de réussite ou d'échec. Il faut beaucoup plus de temps», a dit un professeur spécialisé dans l'histoire de la présidence, Terry Madonna, qui est aussi un sondeur en Pennsylvanie.

Les premières élections de mi-mandat agiront bien mieux à titre de baromètre, estime-t-il. En d'autres mots: voyons voir en novembre 2018.  La Presse canadienne




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