L'ALÉNA sauvé par Trudeau, affirme Trump

Donald Trump a affirmé jeudi qu'il était prêt... (AFP, Jim Watson)

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Donald Trump a affirmé jeudi qu'il était prêt à décréter un retrait de l'ALÉNA «d'ici deux à trois jours», mais a expliqué qu'il «aimait beaucoup» Justin Trudeau et Enrique Peña Nieto, qu'il avait beaucoup de respect pour leur pays respectif, et que leur relation est «très spéciale».

AFP, Jim Watson

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Alexander Panetta
La Presse Canadienne
Washington

Le président américain a assuré jeudi qu'il ne faisait pas d'esbroufe, cette semaine, en menaçant de sortir les États-Unis de l'ALÉNA. Mais les entretiens téléphoniques qu'il a eus avec le premier ministre canadien et le président mexicain l'ont fait changer d'avis, a-t-il soutenu.

Donald Trump affirme qu'il était prêt à décréter un retrait «d'ici deux à trois jours», mais il a expliqué jeudi qu'il «aimait beaucoup» Justin Trudeau et Enrique Peña Nieto, qu'il avait beaucoup de respect pour leur pays respectif, et que leur relation est «très spéciale». Le président américain a finalement estimé qu'il serait plus facile de rouvrir l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) que de l'annuler - un geste qui aurait ébranlé l'économie, selon lui.

La seule rumeur de ce retrait américain, qui a été relayée mercredi par la Maison-Blanche dans certains grands médias, a eu effectivement un impact sur le dollar canadien, qui a perdu un tiers de cent, et sur le peso mexicain, qui a baissé de près de 2 %. Les gens d'affaires et les législateurs nord-américains ne savaient plus sur quel pied danser. Les producteurs américains de porc ou de céréales, notamment, ont tremblé.

Plusieurs analystes et certains ministres du gouvernement canadien croient cependant que M. Trump a effectivement voulu rouler des mécaniques à l'aube des négociations - et la menace d'un retrait unilatéral, par décret-loi, constitue certainement l'arme ultime dans cette entreprise.

Gary Hufbauer, grand spécialiste américain de l'ALÉNA, croit que toute l'histoire de l'ébauche de décret-loi ne constitue qu'un stratagème de négociations, tout à fait dans le style de l'homme d'affaires Trump. L'expert de l'Institut Peterson a été plus étonné, en fait, par la rapide volte-face du président, jeudi.

Patrick Leblond, professeur agrégé au département des Affaires publiques et internationales à l'Université d'Ottawa, croit lui aussi qu'il s'agissait d'une simple tactique de négociation.

Cette menace aura servi en tous cas à mettre en lumière la complexité d'un éventuel retrait unilatéral. Même si le président décrétait le retrait américain de l'ALÉNA en vertu de l'article 2205, cette mesure ne serait pas en vigueur avant six mois, le temps d'en négocier les termes - un peu comme le Brexit au Royaume-Uni. Débuterait alors une période intense au cours de laquelle la Maison-Blanche, les gens d'affaires, le Congrès et les tribunaux s'échineraient à fixer les nouveaux tarifs douaniers.

Appel de Trudeau

Justin Trudeau, lui, croit que Donald Trump songeait vraiment à retirer les États-Unis de l'ALÉNA jusqu'à ce que les deux hommes s'entretiennent au téléphone, mercredi soir. Devant les journalistes en Saskatchewan, jeudi, le premier ministre dit avoir souligné au président américain qu'ils avaient tous les deux été élus avec des programmes similaires visant à maintenir ou à créer des emplois pour la classe moyenne, et que plusieurs emplois et entreprises ont justement été créés dans le cadre de l'ALÉNA.

«Dans notre conversation hier soir, effectivement, il a indiqué qu'il pensait sérieusement à mettre fin à l'ALÉNA - carrément. Mais j'ai mis l'emphase sur le fait que de le terminer, ça causerait beaucoup de souffrances que je ne trouvais pas nécessaires pour les gains théoriques qui pourraient venir dans le très long terme.»

M. Trudeau ajoute que les deux hommes se sont entendus pour revoir l'ALÉNA ensemble et l'améliorer, comme on l'a fait par le passé. Lorsqu'on lui a demandé de commenter la «déclaration d'amour» de Donald Trump à son sujet, le premier ministre s'est contenté de rire.

Renégocier l'ALÉNA était l'une des promesses électorales principales de la campagne de M. Trump, mais le temps presse s'il veut atteindre son objectif. Le Congrès américain n'a pas encore autorisé les consultations de six mois devant précéder les négociations, et les élections générales au Mexique ont lieu en juillet 2018. La fenêtre rétrécit de semaine en semaine.




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