Juifs et Serbes boycottent une cérémonie à l'«Auschwitz croate»

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Dimanche, un groupe de militants antifascistes a déployé durant la cérémonie une banderole réclamant le retrait d'une plaque jugée provocante.

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Agence France-Presse
JASENOVAC

Une cérémonie officielle en mémoire des victimes du camp de concentration de Jasenovac en Croatie a été boycottée dimanche pour la deuxième année consécutive par la communauté juive, la minorité serbe et des associations antifascistes reprochant aux autorités de tolérer la résurgence d'une idéologie pronazie.

Le premier ministre conservateur Andrej Plenkovic, plusieurs ministres et des diplomates étrangers ont participé à la cérémonie sur le site de ce camp surnommé «l'Auschwitz croate», démantelé il y a 72 ans.

Des lettres de survivants ont été lues durant la cérémonie qui s'est conclue avec un service inter-religieux et le dépôt de gerbes.

Situé à une centaine de km au sud-est de Zagreb, le camp avait été mis en place en 1941 par le régime oustachi pronazi qui a exterminé des centaines de milliers de Roms, de Serbes, de juifs et des Croates antifascistes. Environ 75 % des quelque 40 000 juifs de Croatie ont été tués.

Comme l'année précédente, des représentants des victimes avaient annoncé qu'ils boycotteraient la cérémonie officielle pour reprocher aux autorités leur mansuétude face à un regain de l'idéologie des Oustachis dans le pays.

Cette année, les associations de victimes ont en outre été indignées par la pose en novembre à Jasenovac d'une plaque commémorative frappée du slogan du régime oustachi, «Za Dom Spremni» («Prêts pour la patrie»). Elle a été dévoilée par des vétérans d'une formation paramilitaire (HOS) à la mémoire de onze des leurs tués pendant le conflit d'indépendance de la Croatie (1991-95).

Cérémonie perturbée

Dimanche, un groupe de militants antifascistes a déployé durant la cérémonie une banderole réclamant le retrait de cette plaque.

La veille, des représentants de la minorité serbe et d'associations antifascistes avaient organisé une «commémoration alternative» rassemblant plusieurs milliers de personnes dont des survivants, des parents de victimes et des diplomates étrangers. La communauté juive a prévu une cérémonie lundi.

«Nous ne pouvons pas accepter, et ne l'accepterons pas, la répugnance des autorités envers le jugement du caractère du régime oustachi et sa politique de non-réactivité envers ses symboles», a déclaré samedi Franjo Habulin, responsable d'une association antifasciste.

Les Serbes de Croatie représentent environ 4 % et les juifs moins de 1 % des 4,2 millions d'habitants du pays.

Au pouvoir depuis octobre, le Premier ministre conservateur Andrej Plenkovic s'est engagé à instaurer une «atmosphère de tolérance».

Mais fin février, des dizaines de militants d'un parti d'extrême droite ont défilé dans le centre de Zagreb, entonnant le Za dom spremni.

En janvier, le directeur d'un lycée croate à Sibenik (sud) avait refusé d'accueillir dans son établissement une exposition sur Anne Frank au motif qu'elle présentait les Oustachis comme des «criminels».

Les estimations du nombre de victimes à Jasenovac, où des personnes ont été tuées à l'aide de marteaux, de couteaux et de pierres, varient d'environ 82 000 selon le musée du camp à 700 000 selon les sources serbes. Le musée du Mémorial de l'Holocauste à Washington l'évalue à 100 000.




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