Un policier tué dans un attentat revendiqué par l'EI à Paris

Police officers block the access to the Champs... (AFP, Thomas Samson)

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Police officers block the access to the Champs Elysees in Paris after a shooting on April 20, 2017.One police officer was killed and another wounded today in a shooting on Paris's Champs Elysees, police said just days ahead of France's presidential election. France's interior ministry said the attacker was killed in the incident on the world famous boulevard that is popular with tourists. / AFP PHOTO / THOMAS SAMSON

AFP, Thomas Samson

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Katell Prigent
Agence France-Presse
Paris

Un policier a été tué et deux autres blessés jeudi lors d'un attentat revendiqué par le groupe État islamique sur l'avenue des Champs-Élysées, à Paris, dont l'auteur a été abattu, à trois jours de l'élection présidentielle française.

«À 21h précisément, sur les Champs-Élysées, une attaque est intervenue visant des policiers et la voiture qui les abritait. Un policier a été tué, deux autres ont été blessés. Une passante a également été touchée. L'assaillant a été neutralisé lui-même par d'autres policiers», a déclaré le président François Hollande, en affirmant que la piste était «d'ordre terroriste».

Le groupe djihadiste État islamique (EI) a revendiqué l'attaque, qui s'est déroulée sur les très touristiques Champs-Élysées, surnommés «la plus belle avenue du monde», au coeur de la capitale française.

«L'auteur de l'attaque des Champs-Élysées dans le centre de Paris est Abu Yussef le Belge, et c'est un des combattants de l'État islamique», a écrit l'EI dans un communiqué publié par son organe de propagande Amaq.

La justice antiterroriste s'est aussitôt saisie de l'enquête. L'assaillant présumé était visé par une enquête antiterroriste pour avoir manifesté son intention de tuer des policiers, selon des sources proches de l'enquête. Son domicile présumé, en banlieue parisienne, a été perquisitionné.

«L'identité de l'attaquant est vérifiée, des perquisitions sont en cours pour savoir s'il a bénéficié ou pas de complicités», a précisé sur place le procureur de Paris, François Molins.

Vague inédite d'attentats

«L'agresseur est arrivé en voiture, est sorti. Il a ouvert le feu sur le car de police à l'arme automatique, a tué l'un des policiers et a essayé de s'en prendre aux autres en courant», a rapporté une source policière. Il a alors été abattu.

Une touriste a été «légèrement blessée» par un éclat au cours des échanges de tirs.

Choukri Chouanine, gérant d'un restaurant dans une rue adjacente, a raconté à l'AFP avoir entendu une «fusillade brève» mais avec «beaucoup de tirs». «On a dû cacher nos clients dans nos sous-sols», a-t-il dit.

Le quartier commerçant, en plein coeur de Paris, a été bouclé et d'importantes forces de police ont été déployées. Un hélicoptère survolait la zone dans la soirée.

Le président américain Donald Trump a rapidement réagi à l'annonce de l'attentat de Paris: «C'est une chose vraiment, vraiment terrible qui se passe dans le monde aujourd'hui.»

Cela «ne s'arrête tout simplement jamais», a ajouté M. Trump. «Nous devons être forts et vigilants, et je répète cela depuis longtemps.»

L'Allemagne se tient «de façon ferme et déterminée aux côtés de la France», a indiqué le ministère allemand des Affaires étrangères.

Cette fusillade intervient à trois jours du premier tour d'une élection présidentielle très indécise et sous très haute surveillance, alors que la France a subi en 2015 et 2016 une vague inédite d'attentats qui ont fait 238 morts, et ont visé à plusieurs reprises forces de l'ordre et militaires.

En début de semaine, un nouvel attentat a été déjoué, selon les autorités, avec l'arrestation mardi de deux hommes soupçonnés de préparer «une action violente» et «imminente».

Clément Baur, 23 ans, et Mahiedine Merabet, 29 ans, ont été interpellés à la sortie d'un appartement de Marseille, où les enquêteurs ont retrouvé un arsenal important, composé d'armes, de munitions et de trois kilos d'explosif artisanal, du TATP. Un drapeau de l'État islamique a également été découvert.

Les photos des deux suspects avaient été distribuées avant la fin de semaine dernière aux services de sécurité des candidats à la présidentielle.

Un vent de panique

«Les gens couraient, se bousculaient et se cognaient aux tables»: cette femme de 39 ans dînait tranquillement jeudi soir dans une brasserie des Champs-Élysées à Paris quand l'attentat djihadiste a créé la panique.

Personne ne comprenait ce qui se passait, «surtout les touristes étrangers», raconte-t-elle à l'AFP, encore secouée. Dehors, les lumières des boutiques de luxe ont continué à briller, mais les trottoirs se sont vidés d'un coup, laissant place à une forêt de gyrophares et au ballet d'un hélicoptère en survol.

La femme, qui préfère ne pas donner son nom, terminait son repas quand la terreur a saisi la salle. «Les serveurs nous ont sommés de partir et d'évacuer par l'arrière du restaurant, mais il n'y avait pas de sortie, donc on a dû se planquer dans l'arrière-cour.»

«Quelqu'un a dit: "ça a canardé, j'ai cru que j'allais y passer". Les serveurs ont éteint les lumières», puis les pompiers sont arrivés pour aider les clients à quitter les lieux.

La moitié haute de l'avenue, vers l'Arc de triomphe, a été désertée.

Des dizaines de voitures et de voitures de police couvraient la chaussée de cette avenue, qui est au même titre que la tour Eiffel, située non loin de là, l'emblème de Paris, passage obligé des touristes, mais aussi lieu de fête et de rassemblement populaire. Forces de l'ordre, pompiers et autres secouristes la sillonnaient en va-et-vient nerveux.

Après la panique de la fusillade, quand touristes et badauds ont pris leurs jambes à leur cou, fuyant vers les rues adjacentes, le calme est revenu. Mais l'ambiance restait tendue, et des stations de métro étaient toujours fermées.

Réfugiés dans un cinéma

Beaucoup se sont aussi réfugiés dans les brasseries, boutiques et cinémas de l'avenue, le long de ses larges trottoirs bordés d'arbres. Au cinéma Lincoln, «des gens sont dans le cinéma, je ne peux pas vous dire combien, mais ils ne peuvent pas sortir, par précaution», confirme à l'AFP un employé à la caisse.

Mehdi, un quadragénaire consultant en communication, était attablé dans un restaurant tout proche quand la fusillade a éclaté. «J'ai entendu des tirs, je suis allé voir ce que c'était, j'ai vu des gens à terre, au moins deux corps, et des gens qui couraient partout, qui criaient. J'ai eu peur, je suis parti, j'ai même pas payé mon addition!» dit-il à l'AFP.

Le salon de thé Ladurée, sur l'avenue, s'est transformé rapidement en QG de crise, accueillant notamment le ministre de l'Intérieur, Matthias Fekl, et la mairesse de Paris Anne Hidalgo, arrivés en convoi protégé et entourés de près par plusieurs hommes munis d'armes automatiques.

Sur la place de l'Étoile, des militaires se tiennent derrière le cordon de sécurité qui bloque l'accès à l'avenue.

Des touristes incrédules tentent de comprendre ce qui se passe. Maud et Wilfried Deneau, venus de Nantes, dans l'ouest de la France, avec leurs fils de 13 et 15 ans, sont dépités. «Paris, c'est toujours comme ça maintenant. On ne veut pas avoir peur, alors on est venus leur montrer l'Arc de triomphe...»

Isabel, une touriste australienne de 34 ans, est contrariée, elle ne peut plus accéder à son logement loué dans une rue adjacente: «Je veux rentrer chez moi.»

Les attentats djihadistes survenus en France depuis janvier 2015

26 juillet 2016: Le père Jacques Hamel, prêtre de Saint-Étienne-du-Rouvray, dans l'ouest de la France, est égorgé dans son église par deux djihadistes, Abdel Malik Petitjean et Adel Kermiche, qui sont abattus par la police. L'assassinat est revendiqué par l'EI.

14 juillet 2016: Un Tunisien de 31 ans, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, fonce dans la foule au volant d'un camion quelques instants après le feu d'artifice de la fête nationale à Nice, sur la Côte d'Azur, tuant 86 personnes et en blessant plus de 400. Lahouaiej-Bouhlel est tué par la police. L'attentat est revendiqué par l'EI.

13 juin 2016: Un policier de Magnanville, en région parisienne, et sa compagne, employée dans un commissariat, sont assassinés chez eux par un djihadiste de 25 ans. Larossi Abballa, qui avait revendiqué son action sur Twitter et Facebook au nom de l'EI, est tué par le Raid, une unité d'élite de la police.

13 novembre 2015: La France est frappée par les pires attaques terroristes de son histoire. Des tueurs font 130 morts et plus de 350 blessés à Paris, dans la salle de concert du Bataclan, aux terrasses de plusieurs bars et restaurants et près du Stade de France, à Saint-Denis. L'EI revendique ces attentats.

26 juin 2015: Yassin Salhi tue et décapite son patron Hervé Cornara à Chassieu, dans le sud-est, puis, brandissant des drapeaux islamistes, tente de faire exploser une usine en précipitant son fourgon contre des bouteilles de gaz, avant d'être arrêté.

7-9 janvier 2015: Les frères Chérif et Saïd Kouachi tuent 12 personnes le 7 janvier au siège de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo à Paris. Après deux jours de cavale, les deux tueurs seront tués par les forces de l'ordre. Le 8 janvier, Amedy Coulibaly tue une policière à Montrouge, au sud de Paris. Le 9 janvier, il prend en otages les clients et employés d'un supermarché casher et tue quatre d'entre eux, tous juifs. Il est abattu dans l'assaut donné par la police. Les frères Kouachi s'étaient réclamés d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), Amedy Coulibaly de l'EI.




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