L'Argentine paralysée par une grève générale 

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La journée de jeudi a été marquée par quelques incidents isolés, avec quatre blessés et six personnes interpellées lors de heurts entre les manifestants et la police aux abords de Buenos Aires.

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Paula Bustamante
Agence France-Presse
Buenos Aires

Avions cloués au sol, transports publics à l'arrêt, incidents avec la police: l'Argentine a vécu au ralenti jeudi en raison de la grève générale à l'appel des principales organisations syndicales, la première contre le président libéral Mauricio Macri.

«Le pays a été paralysé. Nous soulignons l'ampleur de cette grève et le niveau d'organisation et de discipline», a déclaré lors d'une conférence de presse Juan Carlos Schmid, secrétaire général de l'influente Confédération générale du travail (CGT).

Le mouvement est «suivi à 90 %», a assuré Pablo Micheli, dirigeant de la Centrale des travailleurs d'Argentine (CTA).

La journée a été marquée par quelques incidents isolés, avec quatre blessés et six personnes interpellées lors de heurts entre les manifestants et la police aux abords de Buenos Aires.

Au milieu d'un nuage de gaz lacrymogène, les forces de l'ordre sont intervenues pour déloger les centaines de manifestants massés sur la route Panamericana, l'une des principales voies d'entrée à la ville. Les protestataires ont répondu par des jets de pierres au milieu des automobilistes, selon les médias locaux.

La grève coïncidait avec le Forum économique mondial sur l'Amérique latine, déclinaison régionale du rendez-vous annuel de Davos, en Suisse.

D'importantes mesures de sécurité entouraient l'hôtel accueillant l'évènement, inauguré par le président Macri et attirant de nombreux leaders du monde des affaires et de la politique à Buenos Aires.

Durant la grève générale, d'une durée de 24 heures, aucun vol national ni international n'a décollé ni atterri, affectant 60 000 passagers selon l'Aviation civile, et tous les transports publics étaient à l'arrêt.

L'industrie, la santé, l'éducation et le secteur bancaire ont également été paralysés par l'appel des trois principales organisations syndicales, poussant M. Macri à parler «de comportements mafieux» qui «n'aident pas les travailleurs».

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Au Forum économique mondial sur l'Amérique latine, jeudi, le président Mauricio Macri a défendu ses mesures pour le pays.

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«Mal-être énorme»

Le ministre du Travail Jorge Triaca a reconnu que «la grève était très suivie», tout en accusant les syndicats d'avoir des motivations politiques, en cette année d'élections législatives, prévue en octobre.

Lors d'une conférence de presse, il a d'ailleurs qualifié ce mouvement social de «non nécessaire».

La gréve générale est «une mesure extrême qui coûte 1 milliard $ au pays», avait d'ailleurs regretté la vice-présidente Gabriela Michetti avant le début du mouvement.

«Il y a un mal-être énorme car la politique économique ne donne pas de résultats» en appliquant des recettes libérales pour relancer le pays, a rétorqué Juan Carlos Schmid, de la CGT.

Élu en décembre 2015, M. Macri avait promis de redresser une Argentine en pleine récession mais ses choix économiques de plus en plus contestés ces derniers mois ont poussé à la multiplication des manifestations, notamment contre l'austérité prônée par le gouvernement.

Au Forum économique jeudi, le président Macri a défendu ses mesures: «il est évident que ce qui a commencé il y a 15 mois dans notre pays est beaucoup plus profond qu'un changement économique», a-t-il dit, saluant notamment le retour de l'Argentine en catégorie d'investissement selon les agences de notation et le début de contrôle de l'inflation.

Recul

Le PIB de la troisième économie d'Amérique latine a ainsi reculé de 2,3 % en 2016 malgré une légère reprise en fin d'année (+0,5 % au 4e trimestre).

Selon les chiffres officiels, un tiers des Argentins vit en dessous du seuil de pauvreté alors que l'inflation annuelle a atteint 40 % et que les augmentations de salaires n'ont pas suivi, provoquant une perte de pouvoir d'achat.

Autre mesure qui a durement affecté le porte-monnaie des Argentins, le gouvernement a remis en cause la politique de fortes subventions des factures de gaz, d'électricité et d'eau.

Homme d'affaires et président du club de football de la capitale Boca Juniors, le président argentin a également été éclaboussé par le scandale des Panama Papers.




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