Washington veut revoir les missions des Casques bleus

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La nouvelle ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley

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Dave Clark
Agence France-Presse
New York

Les États-Unis ont averti mercredi qu'ils profiteraient de tenir la présidence du Conseil de sécurité de l'ONU en avril pour passer en revue l'efficacité des missions onusiennes de maintien de la paix

«Je suis arrivée à l'ONU avec pour objectif de montrer aux Américains la valeur de leur investissement dans cette institution», a déclaré la nouvelle ambassadrice américaine Nikki Haley, qui prendra la tête du Conseil de sécurité pour un mois et s'exprimait devant le groupe de réflexion Council on Foreign Relations (CFR).

Le président américain Donald Trump veut réduire les fonds américains destinés à l'ONU, Washington étant de loin le plus gros contributeur de l'organisation internationale.

Le Conseil de sécurité doit notamment décider dans les prochains jours de reconduire ou réduire drastiquement la mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monusco), la plus importante et la plus coûteuse des Nations unies avec 19 000 hommes. La présence des Casques bleus en Haïti est également remise en question.

Nikki Haley, a assuré que le but de Washington n'était pas seulement d'économiser mais surtout de rendre ces missions plus efficaces, avec des stratégies de désengagement claires.

«À ce stade, l'absence de ce type d'évaluations basiques des missions de l'ONU est choquante», a-t-elle déclaré.

Nikki Haley a réaffirmé l'objectif de l'administration Trump de ramener de 29 % à 25 % la part américaine dans le budget total des missions de maintien de la paix, qui s'élève à 7,9 milliards $.

"Les /tats-Unis sont la conscience morale du monde", a-t-elle assuré. «Nous ne nous déroberons pas à ce rôle, mais nous insisterons pour que notre participation à l'ONU honore et respecte ce rôle.»

«Décence et bon sens»

L'ambassadrice a expliqué avoir déjà commencé à travailler avec le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, afin d'identifier les missions pouvant être retoquées.

«Nous allons diminuer la mission de maintien de la paix en Haïti, elle n'est plus nécessaire», a-t-elle souligné. Le chef de l'ONU a affirmé vouloir mettre fin à cette mission d'ici octobre et la remplacer par une présence onusienne réduite.

«Nous allons diminuer [la présence] en Côte d'Ivoire, nous allons la diminuer au Liberia. Mais vous savez quoi? Nous allons travailler plus dur dans les endroits où la paix ne règne vraiment pas», a-t-elle promis.

Très disputée, la décision sur la plus grande mission de l'ONU, en République démocratique du Congo, qui devait être prise mercredi au Conseil de sécurité, a été repoussée.

Certains pays comme la France, membre permanent du Conseil, mettent en garde contre des réductions drastiques de la Monusco, qui reviendraient, selon Paris, à «jouer avec le feu» dans un pays confronté à des turbulences électorales. La Russie soutient au contraire l'idée d'une force plus réduite.

Dans ses remarques devant le CFR, Nikki Haley a peint une image sombre de la mission en RDC, où «le gouvernement est corrompu» et «s'attaque à ses citoyens».

«En parallèle, la mission de maintien de la paix de l'ONU est mandatée pour collaborer avec le gouvernement, afin de consolider la paix et la sécurité», a-t-elle ajouté. «Autrement dit, l'ONU aide un gouvernement qui agit avec un comportement de prédateur envers son propre peuple. Nous devrions avoir la décence et le bon sens d'y mettre un terme.»

Des élections doivent avoir lieu en RDC d'ici la fin de l'année et par crainte de poussées de violence, Antonio Guterres a demandé au Conseil de sécurité d'y envoyer plus de 300 policiers de l'ONU supplémentaires. Si elle n'a pas directement évoqué une réduction de la présence onusienne, Nikki Haley a affirmé qu'elle passerait en revue la bonne application des «principes essentiels» de toutes les missions de Casques bleus.

La difficile situation sur le terrain a été cruellement illustrée avec la mort de deux experts de l'ONU dont les corps ont été découverts mardi dans le centre de la République démocratique du Congo, en proie à une rébellion.




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