Trump attaque le bilan climat d'Obama

Des manifestants protestent devant la Maison-Blanche contre le... (AP, Pablo Martinez Monsivais)

Agrandir

Des manifestants protestent devant la Maison-Blanche contre le «décret sur l'indépendance énergétique» signé par Donald Trump, quie déconstruit les politiques environnementales de l'administration Obama.

AP, Pablo Martinez Monsivais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
Washington

Le président américain Donald Trump a lancé mardi la déconstruction du bilan de son prédécesseur Barack Obama sur le climat, martelant sa volonté de «mettre fin à la guerre contre le charbon» dans un discours au cours duquel il n'a pas mentionné une seule fois la question du changement climatique.

Depuis le siège de l'Agence de protection de l'environnement (EPA), à quelques centaines de mètres de la Maison-Blanche, le président américain a signé le «décret sur l'indépendance énergétique» qui ordonne un réexamen de la mesure phare de son prédécesseur démocrate : le Clean Power Plan, qui impose aux centrales thermiques des réductions de leurs émissions de CO2.

«Cela permettra à l'EPA de se concentrer sur sa mission essentielle : protéger l'air et l'eau», a lancé le président républicain qui a, à plusieurs reprises par le passé, mis en doute la réalité du réchauffement de la planète et le rôle des activités humaines dans ce dernier.

Ce décret, coup de pouce assumé aux énergies fossiles, suscite de vives interrogations sur l'attitude des États-Unis, deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre derrière la Chine, vis-à-vis de l'accord de Paris sur le climat signé fin 2015 par plus de 190 pays après des années d'âpres négociations.

Annonçant «une nouvelle ère» dans le secteur énergétique aux États-Unis, Donald Trump a insisté sur l'impérieuse nécessité, selon lui, de supprimer nombre de réglementations environnementales «inutiles et destructrices d'emplois».

«Nous adorons les mineurs du charbon, des gens fantastiques», a-t-il martelé, promettant de leur «redonner du travail». «Nous produirons du charbon américain pour faire fonctionner les industries américaines», a-t-il encore lancé.

Le nombre d'emplois dans ce secteur est passé de 88 000 en 2008 à 66 000 en 2015, selon le ministère de l'Énergie.

Le Clean Power Plan (Projet pour une énergie propre), qui a pour but d'accélérer la transition énergétique, impose aux centrales thermiques des réductions de leurs émissions de CO2 de 32 % d'ici 2030 par rapport à 2005.

S'il entrait en vigueur, il se traduirait par la fermeture de nombre de centrales à charbon, les plus anciennes et les plus polluantes. Il est cependant, pour l'heure, bloqué par la justice dans une trentaine d'États, majoritairement républicains.

Composante importante

En déclin marqué, le charbon reste cependant une composante importante du paysage énergétique américain. Les centaines de centrales à charbon réparties sur le territoire fournissent environ un tiers de l'électricité du pays, presque à égalité avec le gaz naturel et devant le nucléaire et l'hydroélectricité.

Donald Trump évoque régulièrement devant ses partisans sa volonté de relancer l'exploitation du «magnifique charbon propre», mais la plupart des experts sont sceptiques et doutent que le décret signé mardi puisse se traduire par des créations nettes d'emplois.

Ce nouveau décret supprime par ailleurs une demi-douzaine de décisions de M. Obama liées au climat, telles que celle portant sur l'interdiction de nouvelle exploitation de charbon sur des terres fédérales.

La Chambre de commerce américaine a salué avec force la remise en cause du Clean Power Plan, jugeant qu'il était «non seulement illégal, mais mauvais pour les familles et les entreprises américaines».

Un lobby de retour

Parmi les chefs démocrates au Congrès, Chuck Schumer a dénoncé un texte qui démontre selon lui que le lobby des énergies fossiles «est de retour aux affaires» avec l'administration Trump.

«On dirait qu'il a été écrit par le conseil d'administration d'Exxon, sans le moindre respect pour la santé et la sécurité des Américains ou pour la planète», a-t-il poursuivi.

Pour Bob Ward, du Grantham Research Institute à la London School of Economics, renoncer au Clean Power Plan rendrait «pratiquement impossible pour les États-Unis d'atteindre leurs objectifs de l'accord de Paris» - une baisse de 26 à 28 % des émissions d'ici 2025 par rapport à 2005.

ExxonMobil demande à l'administration Trump de respecter les accords sur le climat

La compagnie pétrolière ExxonMobil a demandé à l'administration Trump de respecter l'accord de Paris sur la lutte contre le réchauffement climatique que la Maison-Blanche juge «mauvais», selon une lettre communiquée mardi par cette entreprise à l'AFP.

Dans cette lettre datée du 22 mars, Peter Trelenberg, responsable des politiques environnementales chez ExxonMobil, rappelle que la compagnie pétrolière, l'une des plus importantes au monde, «soutient l'accord de Paris comme un cadre efficace pour répondre aux risques du changement climatique».

«Nous pensons que les États-Unis sont en bonne position pour être compétitifs dans le cadre de l'accord de Paris avec d'abondantes ressources en faible teneur en carbone comme le gaz naturel et des entreprises privées innovantes y compris dans les secteurs du pétrole, du gaz et de la pétrochimie».

La lettre est adressée à David Banks, conseiller spécial du président Donald Trump pour l'énergie internationale et l'environnement.

M. Trump a affirmé son scepticisme sur cet accord et Scott Pruitt, qu'il a nommé à la tête de l'agence de protection de l'environnement américaine (EPA) a récemment estimé qu'il s'agissait d'un «mauvais accord». Des discussions ont lieu actuellement au sein de l'administration pour établir si les États-Unis doivent ou non s'en retirer.

L'ex-PDG d'ExxonMobil, Rex Tillerson, est l'actuel chef de la diplomatie de Donald Trump. Il s'était exprimé en faveur d'une taxe carbone alors qu'il dirigeait cette entreprise.

«Contrairement aux accords de Kyoto, l'accord de Paris est le premier accord international qui s'attaque au changement climatique en établissant des engagements de réduction d'émissions de la part des économies développées et en développement.

C'est primordial, car les pays en développement, non-membres de l'OCDE, représentent déjà l'essentiel des émissions de gaz à effet de serre avec la Chine comme premier émetteur et l'Inde en passe de dépasser les Etats-Unis comme le deuxième avant la moitié du siècle», souligne M. Trelenberg.  AFP

Clinton s'attaque à Trump

Hillary Clinton s'est adressée à des centaines de... (AP, Ben Margot) - image 4.0

Agrandir

Hillary Clinton s'est adressée à des centaines de femmes d'affaires de San Francisco.

AP, Ben Margot

C'est une Hillary Clinton passionnée qui s'en est prise à l'administration Trump, mardi, dans l'un de ses premiers discours majeurs depuis qu'elle a perdu l'élection présidentielle du mois de novembre, reprochant aux dirigeants républicains plusieurs maux, allant des soins de santé au manque de femmes dans les postes importants de l'administration.

Mme Clinton s'est adressée à des centaines de femmes d'affaires de San Francisco, mardi, lançant à la blague qu'il n'y avait pas d'autres endroits où elle souhaiterait être, «sauf à la Maison-Blanche».

Sans mentionner le nom du président Donald Trump, Mme Clinton s'est attaquée à son administration à plusieurs reprises, affirmant que la représentation des femmes dans les postes importants était «à son plus bas depuis une génération».

Elle s'est dite outrée par la photo qui a largement circulé montrant un groupe d'hommes républicains discutant de la couverture des soins de santé pour les femmes lors des négociations pour réformer la loi de Barack Obama.

L'échec «d'abroger et de remplacer» la loi sur les soins de santé, surnommée Obamacare, est une «victoire pour tous les Américains», a déclaré Mme Clinton sous les applaudissements.

Hillary Clinton est restée discrète depuis que Donald Trump a remporté la présidence, à l'exception de quelques apparitions publiques avec son mari, l'ex-président Bill Clinton.

L'ex-secrétaire d'État a dit plus tôt ce mois-ci qu'elle avait maintenant l'intention d'exprimer publiquement son opinion sur les enjeux politiques.

Mardi, elle a incité les électeurs à résister aux politiques du président républicain.

«Résistez. Insistez. Persistez. Engagez-vous», a-t-elle lancé.  AP




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer