Simone Gbagbo acquittée

Simone Gbagbo était jugée pour son implication présumée... (AFP, Issouf Sanogo)

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Simone Gbagbo était jugée pour son implication présumée dans des tirs d'obus sur le marché d'Abobo, un quartier d'Abidjan favorable à Alassane Ouattara, le rival de son mari à l'élection présidentielle ivoirienne de 2010.

AFP, Issouf Sanogo

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Agence France-Presse
Abidjan

La Cour d'assises d'Abidjan a acquitté mardi l'ex-première dame de Côte d'Ivoire, Simone Gbagbo, de crimes contre l'humanité lors de la crise postélectorale, un coup de théâtre alors que le procureur avait requis l'emprisonnement à vie.

«Le jury à la majorité déclare Simone Gbagbo non coupable des crimes qui lui sont reprochés, prononce son acquittement et ordonne qu'elle soit remise immédiatement en liberté si elle n'est retenue pour d'autres causes», a déclaré le juge Kouadjo Boiqui, président de la Cour d'assises.

Simone Gbagbo purge déjà une peine de 20 ans de prison pour «atteinte à la sûreté de l'État» prononcée en 2015.

Les parties ont «60 jours pour introduire un pourvoi contre cette décision», a souligné le juge, à l'issue de six heures de délibéré des six jurés.

Le procureur général du tribunal d'Abidjan avait requis une peine d'emprisonnement à vie à l'encontre de Simone Gbagbo, femme de Laurent Gbagbo, celui qui a dirigé le pays de 2000 à 2011, y voyant un acte pour sceller «la réconciliation nationale» après une meurtrière crise post-électorale.

«Messieurs les jurés, il vous est demandé par l'acte que vous allez poser d'aider la Côte d'Ivoire à tourner une page de son histoire, de sa propre histoire et de lui donner les moyens d'aller à la réconciliation nécessaire», avait déclaré le procureur Aly Yéo, dès l'ouverture de son réquisitoire qui a duré une heure.

Mme Gbagbo, dont la dernière apparition au tribunal remonte à fin novembre, était une nouvelle fois absente mardi pour dénoncer un procès qu'elle juge inéquitable.

Selon le procureur, «elle a commencé à s'imposer depuis l'accession au pouvoir de son époux comme le véritable chef de la Côte d'Ivoire, de l'armée, de la police et de la gendarmerie».

3000 morts en cinq mois

Mme Gbagbo était jugée depuis le 31 mai 2016 pour son implication présumée dans des tirs d'obus sur le marché d'Abobo, un quartier d'Abidjan favorable à Alassane Ouattara - rival de son mari à la présidentielle de novembre 2010 - et pour sa participation à une cellule qui organisait des attaques menées par des milices et des militaires proches du régime.

Ces événements se sont produits lors de la crise qui a fait plus de 3000 morts en cinq mois dans le pays, après le refus de M. Gbagbo de reconnaître la victoire électorale de M. Ouattara.

De son côté, Laurent Gbagbo est jugé par la Cour pénale internationale de La Haye, lui aussi pour des crimes contre l'humanité, présumément commis pendant la crise de 2010-2011.




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