Report du vote pour l'abrogation d'Obamacare

L'intention de Donald Trump de démanteler la loi... (AP, Reed Saxon)

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L'intention de Donald Trump de démanteler la loi sur l'assurance-maladie implantée par l'administration Obama il y a sept ans a provoqué des manifestations à plusieurs endroits aux États-Unis, comme ici à Los Angeles.

AP, Reed Saxon

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
Washington

Un vote prévu jeudi au Congrès américain pour abroger et remplacer Obamacare a été reporté par des républicains déchirés, incapables de trouver une majorité, malgré les efforts de Donald Trump pour forger un compromis.

Le report du vote représente un revers politique cinglant pour le président américain et la majorité républicaine, dans ce qui devait être le premier grand succès du mandat.

Après d'innombrables réunions et marchandages, les chefs du groupe majoritaire de la Chambre des représentants n'ont pu que constater qu'ils n'avaient pas le nombre de voix requis pour assurer l'adoption du texte. La Maison-Blanche a assuré que le vote devrait se tenir vendredi dans la matinée.

Plus tôt dans la journée, aucun compromis n'avait été trouvé lors d'une rencontre à la Maison-Blanche entre Donald Trump et une trentaine d'élus républicains ultraconservateurs.

«Nous n'avons pas assez de nos membres prêts à voter oui» a déclaré Mark Meadows, leader de ces élus récalcitrants du «Freedom Caucus», tout en saluant les efforts du président Trump et son ouverture.

Promulguée il y a sept ans jour pour jour, la loi sur l'assurance maladie de Barack Obama est depuis la cible prioritaire des républicains, symbole selon eux d'une socialisation de la médecine.

À chaque échéance électorale, ils ont promis aux Américains de l'abroger dès qu'un républicain siégerait à la Maison-Blanche. C'est le cas depuis le 20 janvier, mais la promesse est plus difficile à tenir que prévu.

L'opposition vient de la minorité démocrate, sans surprise, mais aussi de républicains modérés et de ce groupe plus intransigeant d'ultra-conservateurs, avec qui les chefs de groupe ont négocié frénétiquement.

La Maison-Blanche s'était pourtant montrée confiante un peu plus tôt, et le président américain avait prédit quelques minutes avant l'annulation du vote que celui-ci serait «très serré».

Pour les modérés, abroger Obamacare est inacceptable si cela conduit à une hausse du coût de la santé et une perte de couverture pour des millions de personnes - ce que le plan républicain provoquerait, selon les experts les plus respectés.

Donald Trump devait d'ailleurs en recevoir une délégation dans l'après-midi.

Pour les ultraconservateurs, la loi élaborée par les chefs républicains ne va pas assez loin dans le désengagement public d'un marché qui devrait, selon eux, être entièrement privé, sans interférence de l'État fédéral.

Trop de défections

Les arguments de Donald Trump portaient moins sur le contenu du projet républicain que sur les conséquences électorales en cas d'échec.

Les frondeurs utilisent la stratégie de la corde raide pour réclamer une abrogation totale d'Obamacare, alors que les républicains veulent maintenir des dispositifs d'aides publiques et des réglementations visant à assurer un minimum de couverture pour les gens qui ne sont pas assurés par leur employeur.

Par exemple, les plus conservateurs aimeraient supprimer l'obligation pour les assureurs de couvrir les 10 services essentiels instaurés par Obamacare, notamment les urgences, la grossesse et la maternité ou encore la santé mentale. Le but, disent-ils, est de faire baisser le prix de l'assurance pour les Américains qui ne voudraient pas se couvrir contre ces risques.

Mark Meadows a dit que son groupe était prêt à négocier le temps qu'il faudrait pour obtenir des concessions, pendant plusieurs jours s'il le fallait.

Si le texte était adopté par la Chambre, le Sénat l'examinera la semaine prochaine.

Dans la matinée, Barack Obama avait publié un long communiqué marquant le septième anniversaire de sa réforme.

L'Affordable Care Act, malgré son coût pour les finances publiques, a permis de réduire de 16 % à 9 % de la population la proportion de gens vivant sans assurance maladie, soit plus de 20 millions d'Américains, une baisse historique.

«Tout changement apporté à notre système de santé doit le rendre meilleur, pas pire pour les travailleurs américains», a déclaré le prédécesseur de Donald Trump.

L'enjeu, pour Donald Trump, dépasse le seul domaine de la santé. Son bilan reste mince depuis son arrivée au pouvoir. Et les républicains ont toujours répété que l'abrogation d'Obamacare était la condition préalable à la grande réforme fiscale qu'ils veulent adopter cette année.




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