Horreur au coeur de Londres

L'attaque - qui a été qualifiée d'attentat terroriste... (AFP, Niklas Halle'n)

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L'attaque - qui a été qualifiée d'attentat terroriste par les autorités - a fait au moins cinq morts, dont l'assaillant.

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Associated Press
Londres

Un homme armé d'un couteau a semé la terreur dans le coeur de Londres, mercredi, fonçant avec une voiture sur des piétons qui circulaient sur le pont de Westminster et poignardant à mort un policier qui se trouvait à l'intérieur de l'enceinte du parlement britannique.

L'attaque, qui a été qualifiée d'attentat terroriste par les autorités, a fait au moins cinq morts, dont l'assaillant. Une quarantaine de personnes ont également été blessées, dont trois policiers.

Le suspect a été abattu par la police à quelques mètres de l'entrée du palais de Westminster, à l'ombre de la célèbre tour de Big Ben. Les parlementaires, le personnel et les visiteurs qui se trouvaient dans le parlement ont été placés en confinement une bonne partie de l'après-midi.

En plus de l'assaillant, un policier et trois piétons, qui se trouvaient sur le pont, ont perdu la vie dans l'attentat. Le policier tué a été identifié comme étant Keith Palmer, âgé de 48 ans.

Le service ambulancier de Londres a indiqué avoir pris en charge 12 patients qui souffraient de blessures sérieuses et huit qui ont été moins grièvement blessés. La médecin Colleen Anderson, de l'Hôpital St-Thomas, a déclaré que certains blessés souffraient de blessures «catastrophiques».

Le ministère français des Affaires étrangères a mentionné que trois élèves du lycée Saint-Joseph de Concarneau, situé en Bretagne, figuraient parmi les blessés. Ils étaient en voyage scolaire à Londres au moment du drame. Le gouvernement français a affrété un avion pour conduire les familles des lycéens blessés à leur chevet.

Selon l'autorité portuaire de Londres, une femme a été repêchée blessée mais vivante dans la Tamise.

Scotland Yard a déclaré avoir ouvert une enquête pour terrorisme, bien que l'attaque n'ait pas été revendiquée dans l'immédiat.

Le chef de la section de lutte contre le terrorisme de la police britannique, Mark Rowley, a mentionné que la police croit connaître l'identité du suspect, qui aurait agi seul. Il a ajouté que les enquêteurs suivaient la piste de l'extrémisme islamique.

M. Rowley a annoncé que la présence policière serait accrue dans les rues de Londres au cours des prochains jours pour rassurer le public. Des centaines de policiers participent à l'enquête, a-t-il assuré.

Le niveau de menace était déjà élevé au Royaume-Uni, ce qui signifie qu'une attaque terroriste était «très probable».

Le suspect est tombé sous les balles des policiers à un jet de pierre de l'entrée du palais de Westminster, qui était bondé de visiteurs et de groupes scolaires. Derrière l'édifice millénaire se trouve un corridor qui mène à la chambre des Communes et à la chambre des Lords.

Cet événement est survenu un an, jour pour jour, après les attentats dans le métro et à l'aéroport de Bruxelles, qui avaient fait 32 morts. 

Lorsque le drame est survenu, vers 14h40 heure locale, les députés étaient réunis pour procéder à une série de votes. Le président de la chambre des Communes, Lindsay Hoyle, a annoncé aux parlementaires que la séance était suspendue, tout en leur demandant de rester sur place.

Le parlement a été placé en confinement pendant plusieurs heures et la station de métro Westminster, située à proximité, a été fermée.

Des témoins racontent

Le député conservateur Tobias Ellwood - dont le frère a été tué dans l'attentat terroriste à Bali en 2002 - a tenté de sauver le policier poignardé, alors que l'assaillant gisait au sol à quelques mètres de là.

«J'ai tenté d'arrêter le flot de sang et je lui ai donné le bouche-à-bouche en attendant l'arrivée des paramédics, mais je crois qu'il avait déjà perdu trop de sang, a expliqué l'ancien militaire. Il avait de multiples blessures sous le bras et dans le dos.»

L'attaque a débuté lorsque le suspect a foncé sur des piétons sur le pont de Westminster avec un véhicule utilitaire sport (VUS) de couleur grise.

L'ancien ministre polonais des Affaires étrangères Radek Sikorski se trouvait dans une voiture, sur le pont, lorsqu'il a entendu «quelque chose comme un véhicule qui percutait des feuilles de métal» et qu'il a vu des personnes étendues au sol.

«J'ai vu une personne qui ne donnait aucun signe de vie. Un homme saignait de la tête. J'ai vu au moins cinq personnes qui souffraient de blessures sérieuses», a-t-il déclaré.

En quelques minutes, plusieurs ambulances sont arrivées sur place. Des passants gisaient au sol sur toute la longueur du pont, qui relie le parlement à la rive sud de la Tamise.

Le VUS a ensuite percuté les grilles entourant le palais de Westminster. Au milieu de gens en panique, des témoins ont alors vu l'homme armé d'un couteau courir vers l'édifice.

«Un homme a surgi derrière mon épaule droite avec un long couteau et a commencé à poignarder le policier. Je n'ai jamais rien vu de tel. Je ne peux tout simplement pas croire ce que j'ai vu», a rapporté Rick Longley, un témoin des événements.

L'assaillant a alors réussi à franchir un portail pour se retrouver dans l'enceinte du parlement.

Le journaliste Quentin Letts, du Daily Mail, a raconté avoir vu un homme vêtu de noir attaquer le policier avant d'être atteint de deux ou trois balles au moment où il tentait de faire son chemin jusqu'à l'entrée de l'édifice.

«Comme ce type courait vers l'entrée, deux gars habillés en civil avec des armes lui ont crié quelque chose qui ressemblait à un avertissement, il n'en a pas tenu compte, et ils ont tiré deux ou trois fois, et il est tombé», a-t-il décrit à la BBC.

La première ministre réagit

La première ministre Theresa May se trouvait au parlement au moment de l'attaque. Elle a rapidement été prise en charge par les services de sécurité et conduite à sa résidence officielle du 10, Downing Street. Après l'attaque, Mme May a présidé une rencontre du comité d'urgence du gouvernement. Ce comité, communément appelé Cobra, s'était notamment réuni dans la foulée de l'attaque contre le réseau de transport public de Londres le 7 juillet 2005.

Dans une déclaration diffusée en fin de soirée, Mme May a vertement condamné l'attaque. Le parlement n'a pas été ciblé au hasard, a-t-elle dit, affirmant que l'assaillant voulait défier les valeurs démocratiques qu'il représente. Elle a assuré que «les parlementaires se réuniront jeudi matin comme d'habitude» et a demandé à ses concitoyens de continuer leurs activités habituelles. «Nous allons avancer tous ensemble, sans céder à la terreur en ne permettant jamais aux voix de la haine et du mal de nous diviser.»  AP

Récit d'un après-midi meurtrier à Londres

Les événements ont débuté sur le pont de... (AP, Matt Dunham) - image 4.0

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Les événements ont débuté sur le pont de Westminster, où l'assaillant a percuté plusieurs piétons, dont certains mortellement, avant de s'attaquer à un policier à l'entrée du palais du même nom.

AP, Matt Dunham

Mary Creagh, députée britannique travailliste, se rendait au palais de Westminster à Londres ce mercredi quand un mur de gardes armés et de passants s'est dressé devant elle. «Faites demi-tour! faites demi-tour! il y a une fusillade.»

«C'était la panique», raconte-t-elle à des journalistes, dont l'AFP, relatant l'affolement des passants et le déploiement policier qui a suivi l'attentat qui a fait au moins quatre morts - en plus de l'assaillant - et une quarantaine de blessés.

D'autres ont eux vu ce qui avait précédé : une voiture, lancée sur le pont de Westminster qui enjambe la Tamise face à Big Ben, vient de faucher plusieurs piétons avant de finir sa course dans les grilles du palais de Westminster, quelques dizaines de mètres plus loin.

La suite se déroule à pied : l'assaillant, selon leurs récits et celui de la police, sort du véhicule, armé d'un couteau. Il se rue sur un premier policier, le poignarde, puis se dirige vers un second policier avant d'être stoppé par un tir.

«J'ai entendu des coups de feu [...], et j'ai commencé à réaliser qu'il s'agissait de quelque chose de grave», raconte à l'AFP Richard Jones, gérant d'un bar situé à proximité du parlement.

«Beaucoup de gens criaient... et la police est arrivée de partout, puis les véhicules de secours et c'est après ça que j'ai moi-même été évacué».

Westminster barricadé

Sur le pont au moment de l'attaque, une femme a sauté dans la Tamise pour échapper au véhicule de l'assaillant, avant d'être repêchée grièvement blessée.

«C'était très effrayant», lâche Mary Creagh. De nombreuses personnes, explique-t-elle, se sont ruées à l'extérieur du palais de Westminster au moment de l'attaque, fonçant en direction du métro situé à proximité. Jack Hutchinson, jeune touriste venu de Boston, était sur le London Eye, la grande roue surplombant le pont de Wesminster, au moment de l'attaque.

«J'ai vu trois corps au sol, et beaucoup de policiers. C'était terrifiant, je ne savais pas ce qu'il se passait, j'ai d'abord pensé à une attaque à la bombe», a expliqué l'adolescent de 16 ans à l'AFP, après être resté coincé trois heures dans une nacelle de la roue.

Dans la foulée de l'attaque, le parlement, et sa célèbre Big Ben, se barricade. Les députés, en séance, suivent les dernières informations sur leurs téléphones intelligents. Barry Sheerman, élu travailliste, poste un selfie sur Twitter depuis la chambre des Communes.

«TOUS ENFERMÉS dans la chambre!» écrit-il.

«D'après ce que j'ai compris, les étages sont vidés les uns après les autres», explique Mary Creagh.

En fin d'après-midi, les députés avaient tous été évacués.  AFP

Le délégué du Québec pas totalement surpris

Le jour d'une attaque terroriste qui a frappé en plein coeur le quartier touristique de Londres, le délégué général du Québec dans la capitale britannique Christos Sirros confie être à la fois surpris, et ne pas l'être, après plusieurs attaques récentes dans des capitales européennes.

Il n'y a pas de Québécois parmi les victimes, selon les informations détenues par le délégué québécois. Rejoint par téléphone à son bureau londonien, M. Sirros n'est pas très loin du lieu de l'attaque, à environ un kilomètre et demi. Mais son secteur se trouve à l'extérieur du périmètre de sécurité qui a été installé par la police, indique-t-il.

Tout le personnel de la délégation est sain et sauf, a-t-il précisé. Il confirme que son bureau a rapidement vérifié, car des employés ont souvent des réunions près du parlement de Londres et du pont de Westminster, là où l'attaque s'est produite. Interrompu lors de l'entrevue par des appels téléphoniques de membres de sa famille cherchant à vérifier s'il était en sécurité, le délégué général a indiqué qu'après les attentats terroristes de Paris, de Bruxelles, de Nice et de Berlin, les Londoniens se disaient qu'il était possible que cela arrive aussi chez eux. Mais M. Sirros dit ne pas avoir senti d'anxiété accrue ni de mesures de sécurité spéciales visibles, ces derniers temps. «On sentait que les choses étaient sous contrôle, que les choses étaient sous surveillance. Londres est une ville très surveillée par des caméras, mais on ne voyait pas dans la rue des policiers armés ou des soldats avec des mitraillettes comme j'avais vu à Bruxelles.

Il se dit troublé de voir qu'il s'agit à nouveau d'un attentat perpétré avec un véhicule automobile, car il juge qu'une telle attaque est difficile à prévenir.  La Presse Canadienne

Ce qu'ils ont dit

«Une attaque contre le siège de la démocratie est un acte répréhensible que nous condamnons de façon très ferme»

- Justin Trudeau, premier ministre du Canada

«Nous condamnons l'attaque de Westminster, que le Royaume-Uni considère comme un acte de terrorisme, et nous saluons la réponse rapide de la police britannique»

- Sean Spicer, secrétaire de presse du président américain Donald Trump

«L'Allemagne et ses citoyens se tiennent fermement et résolument aux côtés des Britanniques dans la lutte contre toute forme de terrorisme»

- Angela Merkel, chancelière allemande

«Nous ne soutenons et ne soutiendrons jamais le terrorisme. Nous considérons cela comme un mal auquel il est nécessaire de résister collectivement»

- Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères




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