France: un élève ouvre le feu dans son lycée

Même si personne n'a été tué, plusieurs élèves... (AFP, Valéry Haché)

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Même si personne n'a été tué, plusieurs élèves du lycée Alexis de Tocqueville, à Grasse, et leurs parents ont eu la frousse. Le tireur a provoqué une brève panique dans une France traumatisée par les attentats.

AFP, Valéry Haché

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Claudine Renaud
Agence France-Presse
Grasse

Un adolescent présenté comme «fragile et fasciné par les armes» a ouvert le feu jeudi dans son lycée, sans motif terroriste, faisant plusieurs blessés légers avant d'être interpellé et suscitant une brève panique dans une France traumatisée par les attentats.

Cette fusillade survenue à Grasse, dans le sud-est de la France, intervient alors que le pays est placé sous le régime exceptionnel de l'état d'urgence depuis la vague d'attentats djihadistes sans précédent de 2015 et de 2016, qui fait craindre aux autorités de nouvelles attaques.

«Aucun lien ne peut être envisagé avec une entreprise terroriste», a déclaré la procureure de Grasse, Fabienne Atzori, lors d'une conférence de presse.

La fusillade a fait 14 blessés légers, selon un dernier bilan des autorités : 4 directement blessés par des tirs, dont le chef d'établissement, et 10 autres indirectement. Ces dernières ont été choquées, ou blessées dans des bousculades ou en tentant de s'échapper, avaient auparavant détaillé la préfecture des Alpes-Maritimes. Une personne était encore hospitalisée jeudi soir.

Le jeune homme, élève du lycée Alexis de Tocqueville à Grasse, est entré dans l'établissement aux alentours de 12h30 (7h30, heure du Québec), armé d'un fusil à pompe. Il a ouvert le feu sur trois élèves et le proviseur, qui s'est interposé pour faire cesser la fusillade et dont «l'héroïsme» a été salué par les autorités.

Mauvaises relations

Les motivations du jeune homme, inconnu des services de police, «semblent liées aux mauvaises relations qu'il entretiendrait avec d'autres élèves» de l'établissement, a-t-elle ajouté. Selon la procureure, l'adolescent avait des difficultés d'insertion.

Âgé de 16 ans, il est le fils d'un élu municipal de droite, selon un proche du père.

Interrogé par l'AFP, un lycéen a semblé indiquer que le jeune homme pouvait avoir recherché des cibles particulières.

«On était en plein contrôle. Il a shooté dans la porte et il est ressorti en s'excusant comme s'il cherchait quelqu'un, il avait un flingue devant, un derrière, un fusil de chasse et un pistolet», a raconté ce lycéen, Enobong.

«Il s'agit visiblement de l'acte fou d'un jeune homme fragile et fasciné par les armes à feu», a estimé la ministre de l'Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, qui s'est rendue sur place. «Nous sommes passés à côté du pire», a-t-elle ajouté.

Des armes de poing et des grenades - sans doute des grenades à plâtre - ont été découvertes sur le jeune homme, sans que leur dangerosité n'ait été évaluée dans l'immédiat. Un engin explosif artisanal a été retrouvé dans son sac à dos avant d'être désamorcé dans l'établissement, mais sa nature précise n'a pas non plus été précisée.

Vidéos de tuerie

Le jeune homme a été placé en garde à vue pour dans le cadre d'une enquête ouverte pour «tentatives d'assassinats».

Sur des comptes Facebook, Twitter et YouTube correspondant au nom du suspect, on pouvait voir plusieurs photos et vidéos de tuerie comme celle de Columbine aux États-Unis, une fusillade dans un lycée du Colorado qui avait 13 morts en 1999, ainsi qu'une vidéo d'une personne avec un masque de clown brandissant un pistolet.

Une élève de 15 ans, Mokhtaria, fumait avec des amis dans le garage à motos du lycée lorsque les tirs ont retenti: «On a entendu des coups de feu» et «on a vu plein de gens descendre en criant: ''Y'a un taré qui tire sur les gens!'' On est partis en courant», témoigne-t-elle.

La fusillade a entraîné le déclenchement par les autorités du dispositif «alerte attentat» sur téléphone intelligent, destiné à prévenir la population. Tous les établissements scolaires de la ville ont été confinés et le recteur a demandé aux parents de ne pas s'y rendre.

Après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, qui avaient fait 130 morts, les autorités avaient demandé aux établissements scolaires, directement menacés par le groupe djihadiste État islamique, de mener des exercices d'entraînement pour faire face au risque d'attaques.

Ces vingt dernières années, des élèves ont été blessés ou tués par balle dans l'enceinte scolaire, mais la France a jusqu'ici échappé à des tueries de masse comme aux États-Unis, en Allemagne ou en Finlande, notamment en raison d'un contrôle plus strict de la détention d'armes.  Avec Grégory Danel à Paris




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