L'Europe soulagée après la victoire des libéraux aux Pays-Bas 

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Le premier ministre libéral des Pays-Bas Mark Rutte

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Sophie MIGNON
Agence France-Presse
La Haye, Pays-Bas

Les dirigeants européens se montraient soulagés jeudi au lendemain de la victoire aux législatives aux Pays-Bas du premier ministre libéral Mark Rutte, malgré la remontée de l'extrême droite qui prend la deuxième place.

«Un vote pour l'Europe, contre les extrémistes», a commenté sur Twitter Margaritis Schinas, porte-parole du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

Attendu comme un baromètre de la montée du populisme en Europe, année de grands scrutins à travers le continent, le score du député controversé Geert Wilders est bien loin derrière les 36 sièges crédités dans les sondages il y a quelques mois, mais aussi derrière son record de 24 sièges en 2010.

Car après avoir longtemps flirté avec l'idée de propulser l'élu anti-islam, anti-Union européenne, anti-immigration et anti-système à la tête du gouvernement, les électeurs néerlandais ont opté pour la stabilité.

En tête avec 33 sièges crédités, le premier ministre Mark Rutte a salué une victoire contre ce qu'il appelle «le populisme de mauvais aloi».

Le Parti pour la Liberté (PVV) de Geert Wilders, qui aurait pu enregistrer son meilleur résultat depuis sa création en 2006, a remporté 20 sièges selon des résultats compilés par l'agence de presse néerlandaise ANP, sur la base de 97 % des voix.

Même si l'élu peroxydé s'est dit prêt à gouverner «si cela est possible», il est peu probable que Mark Rutte s'allie avec lui, plusieurs partis, dont le sien ayant exclu de collaborer avec le PVV.

«La fascination est terminée»

Dans ce pays de coalition, les principaux chefs de file devaient discuter jeudi de l'organisation de la formation du gouvernement lors d'une réunion à la chambre basse du Parlement néerlandais.

Après les surprises du Brexit au Royaume-Uni et de la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine, ces résultats sont «une victoire du bon sens et un bon départ pour la saison électorale européenne», a analysé Holger Schmieding, économiste en chef de la banque Berenberg. Deux scrutins clés doivent se tenir, la présidentielle en France en avril et mai et les législatives en Allemagne à l'automne.

«La fascination pour les partis populistes de droite est terminée», affirme à l'AFP le professeur Hajo Funke, de l'Institut des Sciences politiques Otto Suhr.

«Les gens voient que Trump ne fait pas de bien ni aux États-Unis ni à l'Europe», ajoute-t-il. «Ils voient bien le coût, le potentiel de destruction économique et en terme de politique internationale».

Pour lui, les citoyens se sont aperçus de la «réaction en chaîne destructrice» que pouvait déclencher le populisme de droite à travers toute l'Europe.

Le président français François Hollande a évoqué «une nette victoire contre l'extrémisme», tandis que la chancelière allemande Angela Merkel, selon son porte-parole, s'est réjouie de «poursuivre une bonne collaboration en tant qu'amis, voisins, Européens».

Une voix difficile à ignorer

Pour Geert Wilders toutefois, «le génie ne retournera pas dans la lampe». Et sa voix ne pourra être ignorée alors qu'il devrait être le principal leader de l'opposition.

«Nous étions le troisième plus grand parti des Pays-Bas. Maintenant, nous sommes le second plus grand parti. La prochaine fois, nous serons n°1!», a-t-il affirmé dans un tweet.

Avec 19 sièges chacun, les chrétiens-démocrates du CDA et les progressistes de D66 sont des partenaires naturels pour les libéraux, mais une telle coalition aurait besoin d'un parti supplémentaire pour obtenir la majorité de 76 sièges.

Les regards se portent vers les chrétiens (CU, 5 sièges) et les protestants rigoristes du SGP (3 sièges).

Mais les écologistes de GroenLinks, menés par le jeune et charismatique Jesse Klaver, pourraient également jouer un rôle important après avoir triplé leur score avec 14 sièges.

Dans ce paysage politique fragmenté, aux nombreux partis vainqueurs, «ce sera difficile pour eux de négocier sur beaucoup d'enjeux», selon l'analyste politique de l'Université de Leiden Geerten Waling.

«Mais je pense que d'ici quelques mois, nous verrons un gouvernement de centre droit se former sur base de ces résultats», a-t-il indiqué à l'AFP.

À ses yeux, «avec ces élections, il n'y a absolument aucune raison de penser qu'il y a une crise politique aux Pays-Bas».




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