Le décret migratoire de Trump devant les juges

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Une manifestation contre le décret anti-immigration du président Donald Trump en Virginie.

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Agence France-Presse
Washington

Donald Trump affirme que son nouveau décret anti-immigration est inattaquable sur le plan juridique : on devrait bientôt savoir s'il a raison, avec de premières audiences prévues mercredi devant des magistrats saisis par une demi-douzaine d'États et des ONG.

«Rendez-vous au tribunal», avait tweeté le président républicain, irrité par la suspension le 3 février de son premier décret migratoire. Il faut croire qu'il a été entendu, vu la multiplication de plaintes concernant cette mesure radicale et sa version amendée, qui doit entrer en application jeudi. Le texte interdit l'entrée aux États-Unis aux voyageurs de six pays musulmans, contre sept dans sa version précédente.

Deux cours fédérales, à Hawaï et dans le Maryland, ont annoncé des audiences mercredi sur cette mesure qui s'est imposée comme la plus controversée du début de mandat de M. Trump.

Ces derniers jours, le président et ses principaux conseillers ont défendu un texte «vital» pour la sécurité nationale, face à des menaces ne cessant selon eux d'évoluer. Mais les opposants au décret ne sont pas convaincus de cette urgence et affirment que la nouvelle mouture continue de viser de façon discriminatoire les musulmans.

Le nouveau décret migratoire a déjà rencontré un premier obstacle vendredi dernier, un juge fédéral du Wisconsin ayant écarté son application pour la femme et l'enfant d'un Syrien déjà réfugié aux États-Unis.

L'administration Trump lâche la bride sur les frappes de drones

L'administration de Donald Trump a donné davantage de latitude au Pentagone et à l'agence de renseignement CIA pour mener des frappes de drones contre des cibles extrémistes au Moyen-Orient, selon la presse américaine.

Une politique qui revient sur les directives du président Barack Obama, en vertu desquelles les frappes de drones devaient être confiées au maximum aux militaires et devaient, le plus souvent, être validées par un processus intergouvernemental à Washington avant d'être mises en oeuvre.

Le Wall Street Journal écrit mardi que «le président Donald Trump a secrètement donné à la CIA de nouveaux pouvoirs pour conduire des frappes de drones contre des suspects de terrorisme».

Pouvoirs étendus

Ces pouvoirs étendus ont été utilisés pour la première fois fin février dans un bombardement visant le numéro 2 d'Al-Qaïda en Syrie, Abou Kheir Al Masri, indique le quotidien, faisant référence à des responsables américains non identifiés.

D'ordinaire, les militaires américains finissent par confirmer leurs opérations, mais ils s'étaient toujours refusés à donner la moindre information sur cette frappe.

Interrogée par l'AFP, la CIA s'est refusée à tout commentaire.

L'administration Trump a également donné au Pentagone son feu vert pour mener des frappes de drones ou des opérations commandos au Yémen sans avoir à demander l'autorisation préalable de la Maison-Blanche, avait indiqué lundi le New York Times.

Et elle envisage de lui donner la même latitude en Somalie, selon la même source.

Ces mesures temporaires «sont vues à la Maison-Blanche comme un ballon d'essai alors que l'administration envisage plus largement d'annuler ou d'assouplir» les règles de l'ère Obama concernant les frappes de drones, avait ajouté le quotidien.

Depuis fin janvier, «nous avons l'autorité pour mener des frappes contre Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa)», a reconnu devant la presse Jeff Davis, porte-parole du Pentagone, sans autre détail.

Selon un responsable de la défense américaine, cette plus grande latitude explique le nombre inhabituellement élevé de frappes américaines au Yémen depuis fin janvier.

Éviter les abus et les victimes civiles

L'administration Obama avait multiplié les frappes de drones contre les jihadistes au Moyen-Orient, tout en les encadrant pour tenter d'éviter les abus et les victimes civiles.

Ces frappes ont tué jusqu'à 2581 combattants et causé la mort de 64 à 116 civils depuis 2009, selon un bilan rendu public par l'administration Obama portant exclusivement sur les pays qui ne sont pas une zone de guerre pour les États-Unis (hors Syrie et Irak notamment).

Des organisations non gouvernementales estiment ce bilan largement sous-évalué.

Les perdants et les gagnants de la réforme de la santé

Le projet républicain d'abrogation d'«Obamacare» et de réforme de la couverture-maladie aux États-Unis conduirait des millions d'Américains supplémentaires à vivre sans assurance. L'effet sera très différent selon l'âge, les revenus et le type d'employeur.

Selon un rapport du Bureau du budget du Congrès (CBO), 14 millions de personnes de plus vivraient sans assurance en 2018 par rapport au statu quo, et 24 millions en 2026.

«Les chercheurs ont été surpris par cette estimation très élevée», dit à l'AFP Colleen Carey, professeure d'économie et experte du système de santé à l'Université Cornell. «La diminution est énorme dès l'année prochaine».

Les salariés 

La moitié des Américains environ sont couverts via leur entreprise, souvent à un prix raisonnable. La réforme républicaine ne devrait pas les affecter, même si le CBO prévoit qu'un certain nombre d'employeurs pourraient être incités à ne plus offrir d'assurance à leurs salariés.

Les plus de 65 ans 

Les personnes de plus de 65 ans sont l'autre grand groupe protégé de la réforme. Ils bénéficient depuis les années 60 d'une couverture-maladie publique, Medicare. La réforme républicaine n'y touche pas.

Les pauvres 

La catégorie la plus concernée par la réforme est les bénéficiaires du programme d'assurance public Medicaid, créé dans les années 60 et élargi en 2010 par la réforme de Barack Obama. En décembre, Medicaid couvrait 69 millions d'Américains.

Medicaid couvre historiquement les enfants pauvres et leurs parents, selon des conditions différentes selon les États, mais Obamacare a étendu la couverture aux adultes gagnant jusqu'à 138 % du seuil de pauvreté (le niveau de pauvreté est fixé à 12 060 dollars par an pour un individu seul).

La réforme reviendrait sur cette extension à partir de 2020, privant de nombreux travailleurs pauvres de leur assurance. Et elle plafonnerait les aides fédérales aux États fédérés, qui cogèrent Medicaid et pourraient être forcés de réduire les critères d'accès ou les soins couverts.

Le CBO a calculé qu'à l'horizon 2026, sur les 24 millions de personnes qui perdraient leur assurance santé, 14 millions auraient été couverts par la version actuelle de Medicaid.

Les «individuels»

La couverture maladie des Américains qui ne reçoivent d'assurance ni de leur employeur, ni de Medicaid ou Medicare, est l'éternel problème du système de santé américain : «Il y en a aujourd'hui une cinquantaine de millions», selon Colleen Carey.

Certains ont un emploi à mi-temps ou sont salariés d'une petite entreprise qui ne fournit pas d'assurance. Ou bien ce sont des travailleurs indépendants, des professions libérales ou des entrepreneurs.

Obamacare avait créé des aides pour ces individus qui chercheraient à s'assurer sur le marché individuel de l'assurance-santé. Ces aides, sous la forme de crédits d'impôts, privilégiaient les petits revenus : elles permettaient de plafonner à un pourcentage raisonnable des revenus les montants payés par chacun pour sa couverture-maladie.

La réforme républicaine maintient le principe des crédits d'impôts, mais en réduit fortement les montants. Elle autorise parallèlement les assureurs privés à faire varier plus les primes d'assurance selon l'âge.

En moyenne, ces primes d'assurance diminueraient de 10 % par rapport à Obamacare, selon le CBO.

Mais ce chiffre cache de fortes disparités.

L'effet est le plus négatif pour les personnes âgées, surtout dans les zones rurales où la santé coûte plus cher qu'en ville.

Une personne seule de 64 ans, gagnant 26 500 dollars par an, devrait ainsi payer de sa poche 14 600 dollars par an pour sa santé en 2026, contre 1700 dollars sous Obamacare.

À l'inverse, une personne de 21 ans paierait moins.

«Le pire serait d'être une personne de 50 ans, dans une zone rurale, à bas revenus», conclut l'économiste Colleen Carey. «Le mieux sera d'être jeune, dans une ville, et de gagner par exemple 70 000 dollars par an».

La feuille d'impôts de 2005 de Trump rendue publique

La chaîne de télévision américaine MSNBC a publié mardi la feuille d'impôts de 2005 de Donald Trump, qui a toujours refusé de rendre publiques lui-même ses déclarations de revenus.

Le milliardaire a payé 36,5 millions de dollars d'impôt fédéral sur le revenu, sur plus de 152,7 millions de revenus, selon la déclaration montrée à l'antenne par la journaliste vedette de la chaîne Rachel Maddow, qui avait annoncé sa trouvaille plus tôt sur Twitter. Le document a apparemment été découvert par le journaliste d'investigation indépendant David Cay Johnston, qui dit l'avoir reçu chez lui.

Dans le détail, M. Trump et sa femme Melania ont réglé 5,3 millions d'impôt fédéral sur le revenu, auquel s'ajoutent environ 31 millions d'«impôt minimum alternatif», soit un total de 36,5 millions. L'impôt alternatif intervient pour éviter que des contribuables ne profitent de niches fiscales pour ne pas payer d'impôt.

Cela correspondrait à un taux effectif d'environ 24 %. Le formulaire «1040» montré à l'écran est le formulaire rempli chaque année par les Américains.

Quelques minutes avant le début de l'émission, la Maison-Blanche avait pris les devants en annonçant elle-même les montants aux journalistes, légèrement différents.

«Il faut vraiment être désespéré par rapport aux audiences pour vouloir enfreindre la loi afin de vendre un sujet portant sur deux pages de déclarations fiscales datant de plus d'une décennie», a déclaré un responsable de l'exécutif sous couvert d'anonymat.

«M. Trump a payé 38 millions de dollars, après la prise en compte de fortes dépréciations pour des constructions, sur un revenu de plus de 150 millions de dollars», a-t-il ajouté.

«Malgré le montant élevé des revenus et de l'impôt payé, il est totalement illégal de dérober et de publier des déclarations de revenus», a poursuivi ce responsable.

Donald Trump a toujours refusé de publier ses déclarations de revenus, contrairement à la tradition pour les candidats à l'élection présidentielle américaine, prétextant les contrôles fiscaux, dont il fait l'objet depuis des années.

Les médias sont depuis l'an dernier à la recherche de ces feuilles d'impôts, afin de déterminer les sources de revenus de l'homme d'affaires et d'éventuels conflits d'intérêts, notamment à l'étranger.

Son adversaire démocrate Hillary Clinton en avait fait un argument de campagne.




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