Crise diplomatique entre la Turquie et les Pays-Bas

Des Turcs vivant aux Pays-Bas se sont rendus... (AP, Peter Dejong)

Agrandir

Des Turcs vivant aux Pays-Bas se sont rendus au consultat de leur pays à Rotterdam afin de faire entendre leur soutien au gouvernement turc, qui a protesté énergiquement, samedi, contre l'interdiction d'atterrir en sol néerlandais imposée au ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu.

AP, Peter Dejong

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse

L'interdiction faite au ministre turc des Affaires étrangères d'atterrir aux Pays-Bas pour y mener campagne en faveur du président turc a viré à la crise diplomatique, samedi, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, accusant La Haye d'entretenir des «vestiges du nazisme».

De plus, la ministre turque de la Famille, Fatma Betül Sayan Kaya, arrivée d'Allemagne samedi soir à Rotterdam pour assister à un rassemblement prévu dimanche, a aussi été expulsée du sol néerlandais dans la nuit.

La ministre a été reconduite hors du pays par les autorités policières et «a été expulsée vers le pays d'où elle était venue», a annoncé le maire de Rotterdam, Ahmed Aboutaleb.

Cette expulsion est un nouvel épisode dans une journée de crise qui avait été lancée par l'interdiction d'atterissage en sol hollandais du ministre Mevlut Cavusoglu.

Cette décision avait suscité l'ire du président Erdogan, dont les propos faisant allusion au nazisme ont été qualifiés de «fous» et «déplacés» par le premier ministre néerlandais, Mark Rutte.

En revanche, et à rebours de la décision du gouvernement néerlandais, les autorités locales ont confirmé la venue de M. Cavusoglu à Metz, dans l'est de la France, pour un rassemblement. Le ministre a d'ailleurs atterri en France samedi en début de soirée. «Une salle du centre des congrès est louée par une association turque locale», a-t-il été précisé.

M. Cavusoglu avait défié samedi matin les autorités néerlandaises en maintenant une visite prévue à Rotterdam dans le cadre de la campagne du référendum prévu en Turquie le 16 avril sur le renforcement des pouvoirs présidentiels, et en les menaçant de «lourdes sanctions» si elles l'empêchaient de venir. 

Mais le gouvernement néerlandais avait fait savoir jeudi son opposition à cette visite, et le rassemblement auquel le ministre turc devait participer avait été annulé dès mercredi par le maire de Rotterdam.

M. Erdogan a laissé entendre que la Turquie riposterait en interdisant aux responsables néerlandais d'atterrir sur son territoire, mais n'empêcherait pas «les visites de citoyens» néerlandais.

Thème majeur

L'exécutif turc misait sur sa campagne en Europe pour toucher la diaspora. Aux Pays-Bas vivent ainsi près de 400 000 personnes d'origine turque.

La crise entre les Pays-Bas et la Turquie survient à quelques jours du scrutin législatif néerlandais de mercredi, au terme d'une campagne où l'islam a été un thème majeur. Le parti du député anti-islam Geert Wilders est d'ailleurs donné en deuxième place par les derniers sondages.

La campagne lancée en Europe auprès de la diaspora turque est à l'origine de tensions entre plusieurs pays et la Turquie, à commencer par l'Allemagne, en raison de l'annulation par plusieurs villes allemandes de rassemblements pro-Erdogan.

Celui-ci avait accusé le 5 mars l'Allemagne de «pratiques nazies», des propos qui avaient suscité la colère à Berlin et à Bruxelles. Mais la chancelière Angela Merkel avait appelé à «garder la tête froide».

L'Allemagne compte la plus importante communauté turque au monde hors de Turquie, avec 1,4 million de personnes.  

Nuit agitée

La crise diplomatique s'est ensuite transportée dans les rues, alors que les autorités turques ont bloqué samedi soir les accès à l'ambassade des Pays-Bas à Ankara et au consulat du royaume à Istanbul pour «raisons de sécurité».

Pendant ce temps, à Rotterdam, la police néerlandaise a dispersé, à l'aide de canons à eau, des manifestants qui s'étaient rassemblés pour protester contre l'interdiction de la venue du ministre Cavusoglu.

Après plusieurs heures de calme tendu, les policiers, pour certains à cheval, ont commencé à disperser le millier de manifestants massés aux alentours du consulat de Turquie dans la ville portuaire néerlandaise, ont constaté des journalistes de l'AFP. Le maire Aboutaleb devait y tenir une conférence de presse pour faire le point sur la crise en cours.




À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer