Continuer le combat malgré la prison et la torture

Ildar Dadine avec sa femme Anastasia, avec qui il... (AP, Alexander Zemlianichenko Jr)

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Ildar Dadine avec sa femme Anastasia, avec qui il s'est marié alors qu'il était en prison.

AP, Alexander Zemlianichenko Jr

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Agence France-Presse
Moscou

Quand ses gardiens de prison lui ont bandé les yeux et l'ont suspendu par les poignets, l'opposant russe Ildar Dadine a compris après quelques minutes que sa volonté avait finalement été brisée.

Emprisonné depuis décembre 2015, il avait déjà été placé à l'isolement, régulièrement passé à tabac et subi des simulacres de noyade dans les toilettes de sa prison du nord-ouest de la Russie.

Mais cette fois-là, quelque chose avait rompu. «J'ai senti cette incroyable douleur et pensé que quelqu'un pourrait venir me violer», explique Ildar Dadine, aujourd'hui libre, dans son appartement d'une pièce situé en banlieue moscovite.

Ildar Dadine a été le premier citoyen russe à être condamné à de la prison en vertu d'une loi entrée en vigueur à l'été 2014, qui prévoit jusqu'à cinq ans de camp pour quiconque organise plus de deux manifestations non autorisées en l'espace de six mois.

Son cas est devenu emblématique quand il a dénoncé, dans une lettre publiée début novembre par le site Meduza, les «lynchages, tortures, humiliations, insultes et conditions de détention insupportables» que lui faisaient subir ses gardiens.

Fin février, la Cour suprême a ordonné sa libération après 15 mois derrière les barreaux. Depuis, cet homme de 34 ans tente de se réadapter à la liberté avec sa femme Anastasia, avec qui il s'est marié alors qu'il était en prison.

En dépit de ces épreuves, cet ancien agent de sécurité assure qu'il ne compte pas abandonner son combat contre le président Vladimir Poutine.

Prisonnier politique

Reconnu prisonnier politique par l'ONG Amnistie internationale, Ildar Dadine a d'abord pensé avoir droit à ce «traitement de faveur» à cause de ses opinions politiques. Mais quand il a entendu d'autres détenus être tabassés, il a compris que ce n'était qu'une pratique routinière des prisons russes.

Les autorités pénitentiaires russes ont démenti les accusations d'Ildar Dadine, mais le scandale a été tel qu'il a poussé le pouvoir à réagir.

Si l'opposant doute que les responsables soient un jour condamnés, il compte rester en Russie et continuer d'y dénoncer les mauvais traitements subis par les détenus. «Je n'ai pas le droit de quitter ce pays si d'autres continuent à être torturés», assure-t-il.




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