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Présidence du Conseil européen: le Polonais Tusk aura comme rival... un Polonais

Le Polonais Donald Tusk brigue un deuxième mandat... (Archives AFP)

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Le Polonais Donald Tusk brigue un deuxième mandat comme président du Conseil de l'Union européen.

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Stanislaw Waszak
Agence France-Presse
Varsovie

La Pologne a créé une situation inédite dans l'Union européenne (UE) en présentant samedi un candidat au poste de président du Conseil européen contre le Polonais Donald Tusk, son titulaire sortant qui brigue un deuxième mandat.

Le parti conservateur nationaliste au pouvoir dans son pays refuse en effet de soutenir cet ancien Premier ministre libéral.

«Le gouvernement polonais propose la candidature de Jacek Saryusz-Wolski au poste de président du Conseil européen», a annoncé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

M. Tusk était jusqu'à présent le seul candidat déclaré à la présidence du Conseil. Son éventuelle reconduction aux fonctions qu'il occupe depuis deux ans devrait être examinée au prochain sommet européen à Bruxelles, jeudi.

Selon des sources diplomatiques françaises, elle pourrait aussi être évoquée dès lundi à Versailles au sommet des chefs d'État et de gouvernement de France, d'Allemagne, d'Italie et d'Espagne consacré à l'avenir de l'UE.

La candidature de Donald Tusk à un second mandat est souhaitable aux yeux d'une nette majorité d'États membres de l'UE. Celle de son rival, avancée à cinq jours seulement de la réunion du 9 mars, paraît vouée à l'échec.

«Il ne faudrait pas que M. Tusk soit victime de la volonté de son propre pays de l'écarter. Ce ne serait pas correct», a commenté la source française.

Jacek Saryusz-Wolski, 68 ans, siège depuis 2004 au Parlement européen, où il était membre du groupe du Parti populaire européen (PPE). Jusqu'à samedi, il était aussi membre du principal parti d'opposition polonais, la Plateforme civique (centriste, PO), même si ce parti a récemment pris ses distances à son égard.

En réaction immédiate à l'annonce faite par le gouvernement, la PO a décidé d'exclure M. Saryusz-Wolski de ses rangs, ce qui entraîne, d'après elle, son exclusion du PPE.

Les conservateurs accusent

Juste avant l'annonce de M. Waszczykowski, la direction politique du parti conservateur nationaliste Droit et Justice (PiS), au pouvoir en Pologne, a demandé à son gouvernement de «fermement» refuser son soutien à Donald Tusk.

Le PiS accuse Donald Tusk d'avoir «violé le principe de neutralité face à un État membre de l'UE, la Pologne en l'occurrence». Selon un communiqué paru sur le site internet du parti, M. Tusk a soutenu des projets et des décisions allant à l'encontre des intérêts polonais et apporté son appui à l'opposition politique dans son pays.

Le chef du PiS, Jaroslaw Kaczynski, a longtemps été l'ennemi juré de Donald Tusk sur le plan politique national, mais depuis l'arrivée au pouvoir des conservateurs en Pologne en octobre 2015, il a formulé des critiques de plus en plus acerbes contre son compatriote dont le mandat expire en mai.

Sur le plan politique, mais aussi personnel, M. Kaczynski accuse Donald Tusk de «responsabilité morale» pour la catastrophe aérienne de 2010 dans laquelle son frère jumeau, le président Lech Kaczynski, est mort en même temps que 95 autres personnes, dont de nombreux autres hauts responsables polonais.

«Je ne puis imaginer qu'on soutienne un candidat qui lutte contre son propre gouvernement. Je ne puis imaginer non plus que les autres pays de l'Union européenne soutiennent un candidat qui n'a pas l'appui de son propre gouvernement», a déclaré samedi le chef de la diplomatie polonaise Witold Waszczykowski.

Il a indiqué que le nouveau candidat polonais s'était rendu dès samedi à Bruxelles et que lui-même allait y entamer dès dimanche une action de «lobbying» en faveur de M. Saryusz-Wolski, auprès notamment des pays du Bénélux et des États membres, aux côtés de la Pologne, du groupe de Visegrad (Slovaquie, Hongrie, République tchèque).

Une première tentative d'obtenir le soutien du groupe de Visegrad pour refuser un deuxième mandat à M. Tusk a pourtant échoué jeudi au cours d'une réunion à Varsovie, la première ministre polonaise Beata Szydlo n'ayant pas réussi à rallier ses homologues sur ce point.

La Pologne toute seule n'a pas le pouvoir de bloquer la réélection de Donald Tusk à la tête du Conseil européen, celle-ci ne requérant pas l'unanimité au moment du vote.




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