Fillon s'accroche contre vents et marées

Même si des pressions s'appliquent en sa faveur,... (Archives AFP)

Agrandir

Même si des pressions s'appliquent en sa faveur, l'entourage d'Alain Juppé (au centre) a mentionné vendredi qu'il ne remplacerait François Fillon (à droite) que si celui-ci se retirerait de la course par lui-même.

Archives AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Julien Mivielle
Agence France-Presse
Paris

Le candidat de la droite François Fillon, lâché par une partie de ses soutiens en raison d'un scandale d'emplois fictifs présumés, a appelé vendredi ses partisans à «résister», en dépit des pressions visant à le remplacer par Alain Juppé.

«Ne vous laissez pas faire, ne laissez personne vous priver de votre choix, je vous demande de résister et encore plus, je vous invite à aller de l'avant», a lancé François Fillon dans une vidéo postée sur Twitter, invitant ses partisans à venir «très nombreux» le soutenir dimanche lors d'un rassemblement à Paris.

Son succès - ou son échec - permettra de mesurer sa capacité à mobiliser. Guy Roy, militant de 82 ans dans l'ouest de la France, sera présent. «Ceux qui le lâchent sont tout simplement des ventres mous. Il est lâché par les politiques, mais il y a toujours autant de monde à ses rassemblements», a-t-il assuré à l'AFP.

Une contre-manifestation visant à dénoncer la corruption des élus et «pour le respect du peuple, de la justice et de la presse» est également prévue dimanche à Paris.

François Fillon, bientôt 63 ans, exclut ainsi tout retrait de la course dans les prochaines heures au profit d'Alain Juppé comme le voudraient maintenant nombre d'élus de droite et du centre.

Le parti de centre droit UDI, qui avait déjà «suspendu» mercredi sa participation à la campagne de M. Fillon, a demandé «solennellement» un changement de candidat pour éviter «un échec certain».

À 51 jours du premier tour, la droite, que les sondages donnaient jusqu'en janvier vainqueur haut la main de la présidentielle, se voit désormais écartée du second tour du scrutin, qui pourrait se jouer le 7 mai entre la dirigeante d'extrême droite, Marine Le Pen, et Emmanuel Macron, ancien ministre du président socialiste François Hollande repositionné au centre, dont la popularité a connu un essor inattendu ces derniers mois avec son projet d'inspiration sociale libérale.

Alain Juppé arriverait en revanche légèrement en tête au premier tour s'il était le candidat de la droite, selon un sondage Odoxa-Dentsu consulting publié vendredi.

M. Juppé, 71 ans, ancien premier ministre écarté au deuxième tour de la primaire de la droite «ne se défilera pas si les conditions sont remplies: il faut que François Fillon se retire de lui-même et que sa famille de la droite et du centre, Les Républicains, soit unanimement rassemblée derrière lui», a fait savoir son entourage.

Mais le temps presse, car les 500 parrainages d'élus locaux nécessaires pour formaliser une candidature alternative doivent être rassemblés avant le 17 mars.

Débat saturé

François Fillon doit faire face à de nombreuses défections dans son équipe de campagne et à de nombreux appels au retrait lancés dans son camp depuis l'annonce mercredi de sa probable mise en examen dans l'affaire des salaires perçus par son épouse Penelope et ses deux enfants comme assistants parlementaires.

Son porte-parole Thierry Solère a annoncé vendredi matin sa démission. Le «compte des lâcheurs» tenus par le quotidien Libération listait plus de 100 noms vendredi soir.

«Il ne peut plus être candidat, parce qu'il ne peut plus mener une campagne sur le fond pour défendre des idées et un idéal républicain et démocratique», a estimé vendredi l'ancien Premier ministre de droite Dominique de Villepin.

La pression judiciaire s'est accentuée sur François Fillon, avec une perquisition jeudi à son domicile parisien. Convoqué chez les juges le 15 mars, il a répété avec force jeudi soir sa détermination à rester dans la course en se décrivant comme «un combattant» devant des militants chauffés à blanc.

Les autres candidats dénoncent une affaire qui parasite le déroulement de la campagne. «Nous n'arrivons pas à organiser le débat de cette élection présidentielle», déplore ainsi le candidat socialiste Benoît Hamon, pour qui l'affaire Fillon, «sature le débat démocratique».

Le Pen tient sa position

Également visée par la justice, Marine Le Pen a été convoquée en vue d'une possible inculpation dans une enquête sur les soupçons d'emplois fictifs d'assistants parlementaires de son parti, le Front national, au Parlement européen.

Mais elle a réaffirmé son intention de ne pas se rendre à la convocation des juges, jugeant que le temps de la campagne électorale ne «permet ni la neutralité ni la sérénité nécessaires au fonctionnement correct de la justice».

Protégée par son immunité de députée européenne, Mme Le Pen ne peut être contrainte pour être entendue ni soumise à aucune mesure coercitive.




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer