Alliance au centre en vue de la présidentielle française

Emmanuel Macron tente d'élargir sa base électorale afin... (AP, François Mori)

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Emmanuel Macron tente d'élargir sa base électorale afin de faire barrage à la montée de Marine Le Pen dans les intentions de vote.

AP, François Mori

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Sophie Pons
Agence France-Presse
Paris

À deux mois du premier tour, Emmanuel Macron a scellé jeudi son alliance avec un centriste vétéran de la politique, visant à élargir sa base dans la course présidentielle en France, marquée par la montée de l'extrême droite.

De son côté, le candidat écologiste Yannick Jadot, crédité de 2 % dans les sondages, a annoncé qu'il retirait sa candidature au profit du socialiste Benoît Hamon, qui recueille de 13 à 15 % des intentions de vote.

La procédure de dépôt des 500 parrainages d'élus requis pour valider chaque candidature a débuté ce jeudi et les jeux n'ont jamais été aussi ouverts: «J'ai l'impression qu'il est très possible qu'on y voit clair seulement le soir de l'élection!» confie à l'AFP Philippe Braud, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris.

Les derniers sondages, marqués par une grande indécision des électeurs, donnent M. Macron, 39 ans, au coude-à-coude avec le candidat de la droite François Fillon, pour affronter en duel, au second tour, la patronne de l'extrême droite Marine Le Pen. La popularité de cette dernière progresse au fil des semaines.

En dépit du ralliement de M. Jadot, la gauche française continue à aborder la présidentielle en ordre dispersé: ni Benoit Hamon ni le chef de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon (11 à 13 % des intentions de vote) ne franchirait la barre du premier tour prévu le 23 avril.

Autre facteur d'incertitude, la justice enquête sur François Fillon, 62 ans, et Marine Le Pen, 48 ans, pour des affaires d'emplois fictifs.

L'un et l'autre ont laissé entendre qu'ils ne comptaient pas renoncer en cas d'inculpation. Si la popularité de Marine Le Pen ne semble pas touchée jusqu'à présent par le processus judiciaire qui l'éclabousse, celle de François Fillon a subi le contre-coup du scandale suscité par les salaires d'assistants parlementaires perçus par son épouse Penelope et deux de ses enfants.

Porté par l'envie de renouveau des électeurs, Emmanuel Macron, sans mandat politique à son actif, a fédéré en quelques mois près de 200 000 soutiens au sein de son mouvement «En Marche!», positionné ni à droite ni à gauche.

Déceptions

Sa dynamique a récemment connu un trou d'air, notamment après des déclarations polémiques sur la colonisation, «crime contre l'humanité». Ses critiques lui reprochent aussi de ne pas avoir produit jusqu'à présent de programme politique structuré.

Malgré le succès de ses meetings, sa base électorale reste volatile: moins d'un de ses électeurs sur deux affirme que son choix est définitif, selon des sondages.

Jeudi, Emmanuel Macron a officiellement formé un «rassemblement progressiste» avec François Bayrou, 65 ans, inlassable militant d'un centre indépendant et vieux routard de la politique qui a déjà participé à trois présidentielles (2002, 2007, 2012) en ne dépassant jamais le cap du premier tour.

Cette alliance marque un «vrai tournant non seulement de cette campagne mais également de la vie politique française», face à «la crise morale profonde que traverse notre pays», avec un Front national «aux portes du pouvoir», a dit M. Macron.

«Je vais tout faire pour aider», lui a répondu François Bayrou, mettant en avant la nécessité de «moralisation de la vie politique».

«Au moment où le doute s'installe sur la capacité d'Emmanuel Macron à tenir le rang présidentiel, François Bayrou vient adouber le ''petit'', dire qu'il a vu juste dans son analyse des malaises français et la montée de nouveaux clivages», analysait jeudi le journal économique Les Échos.

Tous ne partagent pas cet avis. «Va-t-il gagner plus de voix qu'il va en perdre? Ca reste à voir», souligne Philippe Braud, en rappelant que François Bayrou cristallise des oppositions à droite comme à gauche.




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