Immigration: presque plus personne à l'abri

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Des agents des services d'immigration ICE ont arrêté ces dernières semaines des personnes en situation irrégulière.

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Paul Handley
Agence France-Presse
Washington

Les clandestins qui bénéficiaient de l'indulgence des autorités américaines sous l'administration Obama ont été prévenus mardi : presque aucun n'est désormais à l'abri, selon de nouvelles consignes édictées par le gouvernement de Donald Trump.

Concrétisant les promesses de campagne du milliardaire républicain et un décret du 25 janvier, le département de la Sécurité intérieure a autorisé mardi les agents d'immigration et de douane à interpeller la plupart des personnes en situation irrégulière qu'ils rencontreraient dans l'exercice de leur fonction, ne faisant une exception explicite que pour les sans-papiers arrivés enfants sur le territoire, les Dreamers.

La nouvelle a intensifié les craintes des immigrés sans-papiers à travers le pays, alors que des cas récents d'arrestations en pleine rue ont semé le trouble parmi ceux qui s'estimaient jusqu'à présent immunisés contre une expulsion.

«Chasse aux sorcières»

Le gouvernement «a lancé une chasse aux sorcières sans précédent contre des millions de familles immigrées», a protesté Angelica Salas, directrice de l'association CHIRLA à Los Angeles.

L'opposition démocrate au Congrès et les associations de défense des sans-papiers ont dénoncé une politique «d'expulsions de masse», un terme contesté par l'exécutif. Ils affirment que des immigrés cesseront d'aller à l'école ou au travail par peur d'une arrestation.

«Le président Trump n'aura pas le dernier mot. Les tribunaux et le public ne laisseront pas ce rêve anti-américain devenir réalité», a prévenu Omar Jadwat, de l'ONG de défense des droits civiques ACLU.

Vent de panique

Près de Washington, des agents des services d'immigration ICE ont arrêté ces dernières semaines des personnes en situation irrégulière sur le stationnement d'un supermarché, ou encore près d'un refuge contre le froid géré par une église. À Denver, une femme s'est réfugiée à l'intérieur d'une église pour échapper à un ordre d'expulsion.

Il est logistiquement impossible aux autorités d'expulser immédiatement tous les sans-papiers des États-Unis - 11,1 millions en 2014, selon la dernière estimation du Pew Research Center. En pratique, les fonctionnaires auront toujours comme consigne de cibler en priorité les délinquants et les criminels.

Mais alors que Barack Obama avait priorisé les personnes venant de traverser la frontière ou ayant été condamnées pour des crimes ou délits graves, il sera désormais laissé à la libre appréciation des fonctionnaires l'évaluation du danger posé par un étranger à l'ordre public ou à la sécurité nationale.

Les personnes poursuivies pour des délits mais pas condamnées, ou ayant obtenu des aides publiques frauduleusement, sont également spécialement ciblées.

La procédure d'expulsion accélérée, sans passer par la case justice, sera élargie à ceux arrivés depuis moins de deux ans (contre deux semaines auparavant), afin de désengorger les tribunaux d'immigration..

«Tous ceux qui ont violé les lois d'immigration peuvent faire l'objet de poursuites pouvant aller jusqu'à l'expulsion des États-Unis», affirme l'administration.

«La priorité, ce sont ceux qui représentent une menace pour ce pays», a ajouté Sean Spicer, porte-parole de la Maison-Blanche, estimant à un million le nombre de gens ayant déjà reçu d'un juge une obligation de quitter le territoire.

Dreamers protégés 

Mais Donald Trump a, pour l'instant, décidé de ne pas s'en prendre aux sans-papiers arrivés jeunes aux États-Unis, et qui ont obtenu un permis temporaire grâce au programme Daca, créé en 2012 par Barack Obama.

À ce jour, environ 750 000 personnes en bénéficient. Le sort de ces Dreamers divise depuis des années les républicains, entre les réalistes qui reconnaissent la légitimité de leurs demandes de régularisations, et les conservateurs partisans d'une ligne dure, inquiets de l'appel d'air potentiel de toute «amnistie».

Trump dénonce des actes antisémites

Profitant de sa première visite du musée de... (AFP, Saul Loeb) - image 3.0

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Profitant de sa première visite du musée de l'histoire afro-américaine de Washington, inauguré il y a moins de six mois par son prédécesseur Barack Obama, Donald Trump a appelé à combattre «le sectarisme, l'intolérance et la haine sous toutes ses formes».

AFP, Saul Loeb

Après avoir esquivé le sujet pendant plusieurs jours, Donald Trump a clairement dénoncé mardi les menaces «horribles» visant la communauté juive après une série d'incidents contre des centres communautaires ces dernières semaines aux États-Unis.

Profitant de sa première visite du musée de l'histoire afro-américaine de Washington, inauguré il y a moins de six mois par son prédécesseur Barack Obama, le président américain a appelé à combattre «le sectarisme, l'intolérance et la haine sous toutes ses formes».

Les détracteurs du magnat de l'immobilier lui reprochent d'avoir, par sa rhétorique de campagne et ses propos virulents contre le «politiquement correct», libéré la parole dans toute une frange extrémiste aux États-Unis.

Mettant en avant mardi un message d'unité - «Nous allons rassembler ce pays» - le président américain a explicitement condamné la multiplication de fausses alertes à la bombe dans des centres juifs communautaires, qui font l'objet d'une enquête du FBI.

«Les menaces antisémites qui visent notre communauté juive (...) sont horribles et douloureuses et sont un triste rappel du travail qui reste à faire pour éliminer la haine et les préjugés», a-t-il déclaré.

Si sa fille Ivanka avait dénoncé ces menaces sur Twitter - «Les États-Unis sont une nation fondée sur le principe de la tolérance religieuse» - le président républicain était jusqu'ici resté muet sur le sujet.

Interrogé spécifiquement le 15 février, lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, sur la recrudescence des actes antisémites aux États-Unis depuis son élection, Donald Trump avait offert une réponse déconcertante, promettant «beaucoup d'amour» aux États-Unis ces prochaines années.

«Les personnes juives... tellement d'amis, et une fille qui est ici, un gendre, et trois beaux petits-enfants», avait-il lancé.

Jared Kushner, gendre et proche conseiller du président américain, est de religion juive et Ivanka Trump s'est convertie au judaïsme avant de l'épouser en 2009.

De nouveau interrogé sur le même thème jeudi, il avait une nouvelle fois esquivé : «Je suis la personne la moins antisémite qui soit (...) et la personne la moins raciste qui soit», avait-il lancé avant de passer à une autre question.

Réaction «tardive»

Selon le Jewish Community Center Association of North America, 11 centres juifs à travers les États-Unis ont reçu de fausses alertes à la bombe nécessitant leur évacuation lundi. Au total, quelque 70 incidents du même type ont été recensés depuis début janvier dans 27 États américains et une province canadienne, selon la même source.

Dans le Missouri, une centaine de tombes d'un cimetière juif de Saint Louis ont par ailleurs été profanées ce week-end, selon son responsable.

Le rabbin Jonah Dov Pesner, directeur du Religious Action Center of Reform Judaism, a jugé que la réaction du président était «bienvenue», mais aussi «tardive». «Le président Trump a été, de manière inexcusable, silencieux au moment où cette tendance d'antisémitisme se poursuivait et s'accélérait probablement», a-t-il regretté.

Sean Spicer, porte-parole de l'exécutif américain, a lui déploré que quel que soit le nombre de fois où le président aborde le sujet, ce ne soit «jamais suffisant».

«Aujourd'hui, et tous les jours de ma présidence, je m'engage à faire tout ce qui est possible pour poursuivre la promesse de liberté pour les Afro-Américains et pour tous les Américains», a déclaré M. Trump à l'issue de sa visite du Musée national de l'histoire et de la culture afro-américaine, situé sur le National Mall, immense coulée verte menant au Capitole.

«Ce musée est un magnifique hommage à tant de héros américains», a-t-il martelé, précisant qu'il se rendrait «bientôt» également au Musée de l'Holocauste de Washington.

À l'occasion de la journée mondiale à la mémoire des victimes de l'Holocauste, le 27 janvier, le nouveau locataire de la Maison-Blanche avait rendu hommage aux «victimes, survivants et héros» de l'Holocauste sans citer nommément les Juifs, ce qui avait provoqué une polémique.

L'association Anti-Defamation League avait jugé cet oubli «déconcertant et inquiétant», rappelant qu'il marquait une rupture avec les mots utilisés par ses prédécesseurs, démocrates comme républicains.




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