Renzi quitte la tête de son parti

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L'ancien chef du gouvernement italien Matteo Renzi a démissionné dimanche de la tête de son Parti démocrate.

AP, Giuseppe Lami

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Ella Ide
Agence France-Presse
Rome

L'ancien chef du gouvernement italien Matteo Renzi a démissionné dimanche de la tête de son Parti démocrate (PD), dans l'espoir de reprendre la main au sein de cette formation de centre-gauche où une minorité plus à gauche menace de faire sécession.

Cette démission lui permet d'obtenir, conformément aux statuts du PD, un congrès de son parti, prévu en juin, où il compte alors être réélu secrétaire général.

L'ancien chef du gouvernement italien espère ainsi réduire ses opposants au silence, mais certains, y compris au sein de son parti, s'inquiètent des conséquences de cette guerre fratricide pour le centre-gauche à moins d'un an des législatives.

Matteo Renzi, 42 ans, avait déjà démissionné fin 2016 de son poste de président du Conseil après le non massif des Italiens à un référendum constitutionnel défendu alors par son gouvernement.

Depuis, la fronde d'une partie du PD s'est accentuée, incitant M. Renzi à bousculer le calendrier de son parti, en réclamant ce congrès, et à revenir en force sur le devant de la scène politique avec en ligne de mire son retour au pouvoir.

Selon les statuts du PD, le secrétaire général devient en effet le nouveau président du Conseil en cas de victoire aux législatives de cette formation, qui fête cette année ses dix ans d'existence.

Les élections sont normalement prévues l'an prochain, mais Matteo Renzi et d'autres formations politiques italiennes, dont le Mouvement Cinq Étoiles (populiste) réclament des élections anticipées. Celles-ci pourraient avoir lieu au plus tôt en septembre, après le congrès du PD.

Menace de scission 

Mais la bataille au sein du PD s'annonce rude entre le camp de l'ancien chef du gouvernement et celui des «frondeurs», dont certains ont brandi ce week-end la menace d'une scission, au risque d'affaiblir le parti mais aussi le gouvernement actuel de Paolo Gentiloni, dont le PD est le principal soutien. Une scission «affaiblirait le gouvernement», a ainsi averti le ministre des Transports Graziano Delrio, un proche de Matteo Renzi.

Matteo Renzi, qui accuse la minorité de l'avoir systématiquement combattu, y compris lorsqu'il était à la tête du gouvernement, semble avoir fait le pari qu'elle y renoncera. Certains «frondeurs» paraissent en effet hésiter. En cas de scission, «nous serions tous perdants», a ainsi averti Gianni Cuperlo, l'un des ténors de cette minorité.

Un autre de ces «frondeurs», le gouverneur de la région des Pouilles, Michele Emiliano, a dit aussi vouloir croire à une solution préservant l'unité du parti. «Rester ensemble est à portée de main», a-t-il dit avant d'aller serrer la main de Matteo Renzi, un geste remarqué dans la salle où s'est réunie dimanche l'assemblée du PD.

Le secrétaire général démissionnaire n'a pourtant pas mâché ses mots à l'encontre de la minorité, au risque d'apparaître comme le reponsable de la crise dans laquelle est plongé son parti, et de favoriser ainsi l'opposition de centre-droit ou populiste du Mouvement Cinq Étoiles.

«Le mot schisme est l'un des pires qui soient, un seul est pire encore, celui de chantage. Il est inacceptable pour un parti d'être bloqué par les diktats de sa minorité», a assuré dimanche M. Renzi.

Les «frondeurs» lui reprochent de leur côté de ne pas prendre en compte leur point de vue et de mener une politique trop éloignée des valeurs de la gauche.

«Nous ne disons pas que nous voulons que Renzi fasse ses valises, nous disons que nous voulons un changement urgent dans la direction» du parti, a déclaré Pierlugi Bersani, ancien secrétaire général du PD et l'un des chefs de file de la minorité.




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