La Chine cesse ses importations de charbon nord-coréen

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Les lancement de missiles par la Corée du Nord lui ont valu une dure sanction de la part de son traditionnel allié chinois.

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Julien Girault
Agence France-Presse
Pékin

La Chine va cesser ses importations de charbon de Corée du Nord jusqu'à la fin de la présente année, durcissant sa position après un nouveau test de missile et privant Pyongyang d'une source cruciale de revenus qui lui rapportait plus d'un milliard de dollars par an.

«La Chine va cesser momentanément ses importations de charbon en provenance de Corée du Nord pour le reste de l'année», a indiqué samedi le ministère chinois du Commerce.

Cette suspension, qui débutera dimanche et s'appliquera jusqu'au 31 décembre, concerne aussi les cargaisons en attente d'un examen aux douanes.

Ce durcissement intervient peu après l'essai par Pyongyang de son missile balistique Pukguksong-2: celui-ci a parcouru dimanche dernier 500 kilomètres avant de retomber en mer du Japon, suscitant de vives réactions en Asie comme à Washington.

Le lendemain, Kim Jong-Nam, demi-frère en disgrâce du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, était assassiné en Malaise. Réputé apprécié par Pékin, il vivait en exil en territoire chinois, à Macao.

Pour Koh Yu-Hwan, professeur à l'université sud-coréenne Dongguk, ces deux épisodes ont pu exaspérer Pékin, déjà irrité de voir son turbulent voisin accélérer le développement de son programme nucléaire à visée militaire.

Provocations

«La Chine a pu vouloir lancer un avertissement, après les provocations que constituent ce dernier lancement de missile et le meurtre de Kim Jong-Nam (où nombre d'observateurs suspectent la main de Pyongyang)», explique Koh Yu-Hwan à l'AFP.

«C'est également un geste de bonne volonté à l'égard de Washington, le signe que Pékin accomplit bien sa part d'efforts pour endiguer la Corée du Nord», poursuit-il.

Les États-Unis avaient accentué la pression vendredi: le secrétaire d'État américain Rex Tillerson, qui rencontrait son homologue chinois Wang Yi pour la première fois, avait appelé Pékin à oeuvrer «par tous les moyens» à «modérer» son voisin.

De fait, la Chine, unique allié de Pyongyang et son principal soutien diplomatique, lui fournit un soutien économique vital, mais cache de moins en moins son agacement face à l'intransigeance de Kim Jong-Un.

Celui-ci n'a toujours pas visité la Chine, cinq ans après son arrivée au pouvoir.

En lançant son missile juste après un entretien téléphonique conciliant entre le nouveau président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping, Pyongyang «a pu tenter d'attiser la discorde entre les deux puissances», souligne Wang Dong, expert géopolitique de l'Université de Pékin.

Mais, selon lui, «vu le caractère éminemment provocateur de ce missile, la Chine s'est résolue à agir pour marquer sa nette opposition».

La suspension des importations chinoises dévoilée samedi représente un coup dur pour les finances de Pyongyang, qui verra disparaître une cruciale source de devises.

Resserrer l'étau

En 2016, la Chine avait importé 22,5 millions de tonnes de charbon nord-coréen (une hausse de 15 % sur un an), pour un montant total avoisinant 1,19 milliard $, selon les douanes chinoises.

La suspension annoncée samedi est destinée à «appliquer la résolution 2321 du Conseil de sécurité des Nations unies», a insisté Pékin. Adoptée le 30 novembre, celle-ci resserrait l'étau des sanctions internationales contre Pyongyang en raison de son programme nucléaire.

La résolution plafonnait notamment les ventes nord-coréennes de charbon à 400,9 millions $ (ou 7,5 millions de tonnes) par an à partir de 2017, une réduction de 62 % par rapport à 2015.

Pékin avait alors suspendu à partir du 11 décembre, pour trois semaines, ses importations - ce qui ne les avait pas empêchées de bondir de 13 % sur un an pour l'ensemble de décembre. Et le commerce avait de nouveau repris début janvier.

Sous le précédent régime de sanctions, le Conseil de sécurité autorisait les achats de charbon et minerai de fer de Corée du Nord pourvu que les recettes ne servent pas à financer son programme nucléaire. Ce qui permettait à Pékin d'accroître ses importations en arguant de sa bonne foi.

La Chine semble toujours prête à manier autant la carotte que le bâton.

En marge d'un G20, Wang Yi, chef de la diplomatie chinoise, a ainsi plaidé vendredi pour une reprise des négociations à six (les deux Corées, Japon, Russie, Chine et États-Unis), estimant qu'il fallait briser le cercle vicieux des essais nucléaires et des sanctions.




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