Quand Churchill s'interrogeait sur l'existence de la vie extraterrestre

Winston Churchill en 1950... (AFP)

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Winston Churchill en 1950

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Agence France-Presse
Paris

Chef de guerre, politique influent, grand orateur : on reconnaît bien des talents à Winston Churchill, dont celui, plus méconnu, de sa passion pour la science et son approche visionnaire révélées par l'exhumation de son essai sur la vie extraterrestre.

«Ça a été une grande surprise l'année dernière, quand, alors que je visitais le National Churchill Museum de Fulton, son directeur Timothy Riley m'a glissé un essai dactylographié de Churchill dans les mains», raconte l'astrophysicien Mario Livio, dans un article de la revue britannique Nature qui en présente mercredi quelques extraits.

Intitulé Are We Alone in the Universe (Sommes-nous seuls dans l'Univers?), l'essai, qu'il rédige entre la fin des années 30 et la fin des années 50, n'a jamais été publié et consacre 11 pages à la question, toujours pertinente, de la possible existence d'une vie extraterrestre.

«Ce qui est extraordinaire, c'est sa façon de penser, il aborde le problème comme un scientifique», explique à l'AFP Mario Livio. «Churchill utilise des arguments encore d'actualité aujourd'hui».

Partant de l'idée qu'il est peu probable que la vie n'existe que sur Terre, étant donné l'immensité de l'Univers, l'homme d'État commence par définir ce qu'est la vie, c'est-à-dire la capacité à «se reproduire et se multiplier».

«Zone habitable»

Il définit ensuite ce que l'on nomme aujourd'hui «la zone habitable», la zone où une planète a, autour de son étoile, une température compatible avec la présence d'eau à l'état liquide indispensable à la vie. Il précise que la vie ne peut exister que dans des régions où les températures oscillent «à peu près entre le point de congélation et celui d'ébullition de l'eau».

Churchill ajoute qu'un grand nombre de planètes extrasolaires peuvent sûrement avoir «la bonne taille pour permettre la présence d'eau liquide à leur surface et une atmosphère ou quelque chose de ressemblant» et que certaines sont «à la bonne distance de leur soleil pour maintenir une température convenable».

Il a développé ses théories des décennies avant que l'on puisse estimer grâce à la mission Kepler que la Voie lactée héberge probablement des milliards d'exoplanètes se situant dans la zone habitable de leur soleil.

«Je ne suis pas suffisamment impressionné par le succès de notre civilisation pour penser que la Terre est le seul endroit qui accueille la vie, des créatures intelligentes dans cet immense univers ou que nous sommes les êtres les plus avancés physiquement et mentalement», écrit Churchill.

Pour Mario Livio, l'essai de Churchill montre l'importance qu'il donnait à la science et à la technologie pour le développement de la société.

«À une époque où un certain nombre de politiciens rejettent la science, je trouve qu'il est éloquent de parler d'un leader qui s'est si profondément engagé», conclut l'astrophysicien.




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