Le dossier russe hante Trump

Le président Donald Trump, le 28 janvier, alors... (AP, Andrew Harnik)

Agrandir

Le président Donald Trump, le 28 janvier, alors qu'il parlait au téléphone avec le président russe, Vladimir Poutine. Également sur la photo (de gauche à droite) le chef de cabinet, Reince Priebus, le vice-président, Mike Pence, le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, et le chef du Conseil de sécurité nationale, Michael Flynn.

AP, Andrew Harnik

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jérôme Cartillier
Agence France-Presse
Washington

La Maison-Blanche a tenté mardi de calmer la tempête née de la démission du chef du Conseil de sécurité nationale, Michael Flynn, qui suscite de multiples interrogations sur les relations passées - et futures - de l'équipe de Donald Trump avec la Russie.

Moins d'un mois après sa prise de fonction, et quelques jours après un revers judiciaire cinglant sur l'immigration, le président républicain de 70 ans a été contraint de se séparer du personnage central de son équipe rapprochée sur les affaires étrangères, qui fut aussi l'un des piliers de sa campagne.

Mis en cause pour le contenu de ses conversations téléphoniques avec l'ambassadeur russe à Washington, Sergey Kislyak, et la façon dont il les a relatées au vice-président élu Mike Pence, le général Flynn a jeté l'éponge lundi soir.

Le porte-parole de Trump, Sean Spicer, a reconnu que le président avait été informé par le ministère de la Justice il y a plusieurs semaines sur les interrogations concernant les appels du général Flynn.

Mais, a-t-il assuré, la Maison-Blanche a déterminé que le général Flynn n'avait en aucun cas violé la loi. «Ce n'était pas une question de droit, c'était une question de confiance», a-t-il martelé.

Point de détail troublant : Mike Pence n'a pas été informé par le président et a appris l'affaire par la presse, le 9 février.

Loin de clore le chapitre sur la nature exacte des interactions entre l'équipe Trump et le Kremlin au cours des mois écoulés, cet épisode spectaculaire pourrait au contraire être l'élément déclencheur de nouvelles investigations.

Conscient que l'épisode pourrait laisser des traces après une campagne au cours de laquelle le magnat de l'immobilier a, à plusieurs reprises, tressé des lauriers au président russe Vladimir Poutine, l'exécutif a tenté d'envoyer des signaux contraires. «L'ironie est que le président a été incroyablement ferme face à la Russie», a affirmé Spicer, à la peine cependant pour appuyer ses dires.

Sujet sensible

La question est politiquement sensible. La Russie est l'un des rares sujets qui a provoqué de réelles tensions entre Donald Trump et les élus républicains du Congrès, par ailleurs plutôt loyaux, car ravis de voir se mettre en place un programme résolument conservateur après deux mandats de Barack Obama.

«La démission du général Flynn est une indication troublante du dysfonctionnement actuel de l'appareil de sécurité nationale», a souligné le sénateur républicain John McCain.

Lors de ses discussions téléphoniques avec l'ambassadeur de Russie, en décembre, Michael Flynn avait déjà été désigné à ce poste-clé mais l'équipe Trump était encore en pleine période de transition, trois semaines avant de prendre officiellement les rênes du pouvoir.

Entendu par le FBI

Au moment même où l'administration Obama ordonnait des sanctions contre la Russie pour son ingérence présumée dans l'élection américaine, Flynn a-t-il assuré à son interlocuteur qu'il ne fallait pas trop s'en inquiéter? La Maison-Blanche a farouchement contesté que Trump ait pu lui donner de telles instructions : «Non, absolument pas. Non, non, non», a répondu son porte-parole.

Selon le New York Times, il a été entendu par le FBI dans les jours qui ont suivi la prestation de serment de Donald Trump. S'il s'avérait qu'il avait aussi menti alors à la police fédérale sur le contenu de ses conversations, il pourrait s'exposer à des poursuites judiciaires.

Les ex-militaires qui pourraient remplacer Flynn

Trois noms d'anciens militaires circulaient mardi à Washington pour remplacer Michael Flynn, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump qui a démissionné la veille pour cause de relations inappropriées avec la Russie.

L'ex-vedette en quête de rédemption 

L'ancien général David Petraeus a été directeur de... (Photothèque Le Soleil) - image 3.0

Agrandir

L'ancien général David Petraeus a été directeur de la CIA pendant un an sous l'administration Obama, avant d'être contraint de démissionner pour avoir transmis des documents secrets à sa maîtresse et biographe, Paula Broadwell.

Photothèque Le Soleil

L'ancien général David Petraeus, 64 ans, a été un prestigieux chef militaire, maître d'oeuvre du redressement de la situation militaire américaine en Irak après 2007.

Il a également été directeur de la CIA pendant un an sous l'administration Obama, avant d'être contraint de démissionner pour avoir transmis des documents secrets à sa maîtresse et biographe, Paula Broadwell.

Il a été condamné pour ces faits en avril 2015 à deux ans de mise à l'épreuve et 100 000 dollars d'amende.

Aujourd'hui salarié du fonds d'investissement KKR, il continue de jouir d'une bonne popularité et est apprécié des médias, qui l'interrogent régulièrement.

Il avait été pressenti pour devenir le secrétaire d'État de Donald Trump et le président élu l'avait reçu dans son quartier général de New York le 29 novembre. Mais le milliardaire républicain avait finalement choisi de nommer à la tête de sa diplomatie Rex Tillerson, l'ancien patron d'ExxonMobil.

Le briscard fidèle 

Depuis la démission de Michael Flynn, l'ancien général... (AP, Carolyn Kaster) - image 4.0

Agrandir

Depuis la démission de Michael Flynn, l'ancien général Keith Kellogg (photo) fait office de conseiller à la sécurité nationale.

AP, Carolyn Kaster

L'ancien général Keith Kellogg, 72 ans, est déjà au conseil de sécurité nationale où il sert en tant que secrétaire général. Depuis la démission de Michael Flynn, il fait office de conseiller à la sécurité nationale.

Cet homme discret s'était engagé tôt dans la campagne électorale de Donald Trump et était l'un de ses conseillers en matière diplomatique et militaire. Il faisait aussi partie de l'équipe de transition de Donald Trump avant la prise de fonction du président américain le 20 janvier.

Il est un vétéran de la guerre du Vietnam, durant laquelle il a servi dans les forces spéciales. Après avoir quitté l'armée en 2003, il était parti en Irak servir quelques mois comme adjoint de Paul Bremer, le controversé administrateur américain à Bagdad. Il a ensuite travaillé dans le privé, notamment dans le groupe informatique Oracle.

Le baroudeur des forces spéciales 

L'ancien amiral Robert Harward est un proche du secrétaire à la Défense James Mattis, dont il a été l'adjoint lorsque M. Mattis commandait les forces américaines au Moyen-Orient.

Cet homme au crâne rasé et au regard perçant est un ancien des Navy Seals, les commandos de marine fleuron des forces spéciales américaines. Il avait terminé major de la terrible session d'entraînement initial des Seals, démontrant un physique et un mental exceptionnel. Il parle le farsi, la langue de l'Iran où il a habité pendant sa jeunesse.

Pendant sa carrière, il a commandé l'équipe 3 des Navy Seals, spécialisée dans les opérations spéciales au Moyen-Orient, et il a été le commandant adjoint du JSOC, la structure secrète des forces spéciales américaines qui mène la chasse aux réseaux extrémistes à travers le monde.

Il a aussi été en poste au conseil de sécurité nationale sous l'administration de George W. Bush, où il s'occupait d'antiterrorisme.

Dans un registre différent, il a dirigé durant deux ans, de 2009 à 2011, les prisons américaines en Afghanistan.

Après son départ de l'armée, il était devenu le directeur général pour les Émirats arabes unis du géant américain de la Défense Lockheed Martin. Il était aussi expert militaire pour la chaîne de télévision américaine ABC.




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer