Malaise autour du dîner des correspondants de la Maison-Blanche

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Donald Trump et sa femme Melania lors du dîner des correspondants de la Maison-Blanche, le 30 avril 2011.

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Rob Lever
Agence France-Presse
Washington

Dîner de gala rituel placé sous le signe de l'humour, au cours duquel journalistes et célébrités échangent des plaisanteries avec le président américain, le dîner des correspondants de la Maison-Blanche est cette année dans la tourmente sous la présidence Trump.

Les relations houleuses entre la presse et l'administration de Donald Trump poussent les médias américains à s'interroger sur leur participation à ce dîner annuel de l'Association des correspondants de la Maison-Blanche, qui doit se tenir le 29 avril.

Devant les caméras et sur Twitter, Donald Trump ne cesse d'attaquer les «médias malhonnêtes» ou ceux qu'il qualifie de «fake news» (fausses nouvelles), et de nombreuses voix appellent à annuler ce dîner, dont la tradition remonte à 1921.

«Comment les médias peuvent-ils trinquer avec une Maison-Blanche qui a clairement affiché son mépris pour la liberté de la presse et son admiration pour [le président russe Vladimir] Poutine?» s'est interrogé sur Twitter le rédacteur en chef du magazine The Atlantic, David Frum.

L'association qui organise l'événement dans le but de lever des fonds pour des bourses d'études en journalisme assure que le dîner se tiendra comme prévu.

La Maison-Blanche a indiqué que le dîner était bien sur le calendrier de Donald Trump, en dépit de certains doutes sur sa participation.

«Salle vide»

L'éditorialiste Robert Schlesinger, de US News & World Report, suggère aux médias de boycotter le dîner.

«Les médias devraient acheter leurs places comme d'habitude [c'est pour une bonne cause], mais prévoir autre chose ce soir-là, et si [Donald Trump] y assiste, laissez ce narcissique obsédé par les audiences et la taille des foules s'adresser à une salle vide», a-t-il écrit.

En 2011, Donald Trump avait participé au dîner, et avait été la cible de moqueries de la part de Barack Obama. Un épisode que des analystes jugent crucial dans la décision du magnat de l'immobilier de se présenter à la présidence.

Ces dernières années, le dîner est devenu incontournable dans l'agenda mondain à Washington, et attire une foule de célébrités allant de George Clooney à Will Smith ou Lindsay Lohan, qui se retrouvent parfois ensuite à la soirée de Vanity Fair dans la somptueuse résidence de l'ambassadeur de France.

Cette année, le New Yorker et le Vanity Fair ont chacun annulé leurs fêtes organisées en marge du dîner des correspondants.

En outre, de nombreuses stars veulent éviter d'être associées à l'événement, et aucun comédien ne s'est encore proposé pour animer la soirée, selon le Hollywood Reporter.

«Dîner avec l'ennemi»

Pour Margaret Sullivan, chroniqueuse médias au Washington Post, cet événement glamour et paillettes est devenu inapproprié.

«Ce dîner des correspondants de la Maison-Blanche autrefois embarrassant et ridicule risque de sombrer dans le rabaissement journalistique», écrit-elle. «Il est temps de l'achever à coups de fourchette en argent.»

Le correspondant de Slate Jacob Weisberg a appelé de son côté à annuler le dîner, «un spectacle totalement en contradiction avec le rôle de la presse de demander des comptes au gouvernement».

L'animatrice de télévision Samantha Bee a déjà prévu un autre événement le même soir «pour accueillir des journalistes et des célébrités supportables du monde entier».

Cet événement baptisé «Pas le dîner des correspondants de la Maison-Blanche» fera don de ses recettes au Comité pour la protection des journalistes, a précisé Samantha Bee.

Si tous les présidents ont eu des conflits avec la presse, l'acrimonie entre les médias et la Maison-Blanche de Donald Trump est sans précédent. Donald Trump a parlé des journalistes comme des «êtres humains les plus malhonnêtes sur terre» et son principal collaborateur, Stephen Bannon, a appelé les médias «le parti d'opposition».

Parmi les partisans de Donald Trump, Brent Decker, ancien rédacteur en chef du quotidien pro-Trump The Daily Caller, estime que le président américain devrait éviter d'assister au «dîner avec l'ennemi».

«Je ne pense pas que EnLeaderPresidentTrump devrait entrer dans le Colisée avec les animaux sauvages», a-t-il tweeté.

La présidence Trump sera-t-elle l'occasion de mettre fin à ce dîner des correspondants souvent critiqué? Deborah Potter, ancienne correspondante de CBS News et directrice du centre de formation NewsLab, estime que l'événement est depuis longtemps «délicat» et «soulève des questions légitimes sur l'intimité entre les journalistes et leurs sources».

Ce dîner «est devenu une créature de la Maison-Blanche dans lequel les journalistes se mettent au service du pouvoir», dit-elle. «Ce n'est pas acceptable sous aucune administration».

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