Trump dénonce une justice «politisée»

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Donald Trump a accusé les magistrats qui doivent se prononcer sur son décret migratoire actuellement suspendu de mettre en péril la sécurité des États-Unis.

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Agence France-Presse
Washington

Le président américain Donald Trump a dénoncé mercredi une justice «politisée» et a accusé les magistrats qui doivent se prononcer sur son décret migratoire actuellement suspendu de mettre en péril la sécurité des États-Unis.

Le sort de cette mesure anti-immigration, la plus emblématique et la plus controversée de la jeune présidence Trump, est entre les mains de trois magistrats d'une cour d'appel de San Francisco, qui ont annoncé qu'ils ne feraient pas connaître leur décision mercredi.

«Je ne vais pas dire que cette cour est partiale alors que sa décision n'est pas encore tombée. Mais la justice apparaît tellement politisée», a déclaré M. Trump, qui s'exprimait à Washington devant l'association des shérifs des États-Unis.

Le nouveau maître de la Maison-Blanche a lu à la tribune un article de loi adopté il y a 65 ans, stipulant que le président américain était en droit de suspendre l'entrée d'une catégorie d'étrangers s'il estimait que cette arrivée «serait néfaste aux intérêts des États-Unis».

«Un lycéen de niveau médiocre comprendrait cela, n'importe qui comprendrait cela», a insisté M. Trump, en sous-entendant que les juristes en désaccord avec son décret étaient forcément de mauvaise foi.

Tableau très sombre sur la criminalité

Mercredi, devant les représentants du maintien de l'ordre, le nouveau président a par ailleurs assuré que les États-Unis étaient «en situation de risque» du fait de la suspension de son décret.

«Je pense que c'est regrettable, c'est un triste jour. Notre sécurité est en péril», a-t-il lancé, avant de dresser un tableau très sombre des États-Unis en matière de criminalité.

«En 2016, le nombre de meurtres dans les grandes villes a continué de grimper avec des taux à deux chiffres. Dans beaucoup de nos principales métropoles, nous avons assisté en 2016 à une hausse des homicides, des viols, des agressions et des fusillades», a-t-il détaillé en évoquant une «sécurité publique en crise».

Il a qualifié la situation de Chicago, la troisième ville du pays rongée par une guerre des gangs, de «tragédie nationale».

Trump attaque une entreprise au nom de sa fille

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«Ma fille Ivanka a été traitée de manière si injuste par Nordstrom. C'est une personne incroyable qui me pousse toujours à faire le bon choix. Terrible!» a écrit le président sur Twitter.

AFP, Nicholas Kamm

Le président Trump s'en est pris mercredi à l'enseigne Nordstrom pour avoir renoncé à vendre la ligne de vêtements de sa fille Ivanka, alimentant encore le soupçon de mélange des genres entre politique, affaires et famille à la Maison-Blanche.

«Ma fille Ivanka a été traitée de manière si injuste par Nordstrom. C'est une personne incroyable qui me pousse toujours à faire le bon choix. Terrible!» a écrit le président sur Twitter, quelques minutes après avoir prononcé un discours sur la sécurité intérieure devant l'association des shérifs américains.

Depuis son élection en novembre, le président Trump s'en est déjà pris directement à plusieurs multinationales (General Motors, Ford...) pour leurs délocalisations au Mexique, mais c'est la première fois qu'une de ses charges est directement liée à une entreprise du clan familial.

M. Trump a par ailleurs décidé de donner le maximum d'écho à cette attaque en la répercutant sur son compte personnel @realDonaldTrump comme sur celui, officiel, de la présidence américaine @POTUS.

Environnement électrique 

Le courroux présidentiel répondait à la décision, annoncée la semaine dernière, de la chaîne de magasins de luxe Nordstrom de retirer de ses rayons les sacs, chaussures et vêtements de la marque Ivanka Trump.

Le groupe, visé par un appel au boycottage, a toujours nié toute dimension politique et assuré avoir pris cette décision sur le seul critère de la «performance».

«Au cours de l'année passée, spécialement au cours du second semestre 2016, les ventes de la marque ont régulièrement décliné au point que cela ne faisait plus sens économiquement de continuer pour le moment», a déclaré mardi une porte-parole dans un courriel à l'AFP.

La Maison-Blanche a toutefois défendu une toute autre lecture. «Il y a très clairement des tentatives pour salir le nom (d'Ivanka Trump) en raison de mesures précises prises par son père», a accusé le porte-parole de la présidence, Sean Spicer, lors de son briefing quotidien, jugeant la décision de Nordstrom «inacceptable».

Cette controverse illustre d'une part l'environnement électrique auquel les grands groupes américains sont désormais confrontés. Uber, New Balance, Pepsi ou Budweiser ont ainsi fait l'objet d'appels au boycottage lancés par des pro ou anti-Trump.

Nordstrom, qui compte près de 350 magasins aux États-Unis et au Canada, figurait, lui, sur la liste des entreprises à boycotter établie par le site «Grab Your Wallet» parce qu'il vendait des articles Ivanka Trump.

Selon le New York Times, une autre enseigne, TJMax, a d'ailleurs ordonné à ses employés de faire disparaître les articles Ivanka Trump de ses présentoirs. Contacté, le groupe n'a pas réagi dans l'immédiat.

Soupçons 

Cette passe d'armes vient également renforcer les craintes que la présidence Trump ne brouille les frontières entre politique, intérêts commerciaux et liens familiaux.

«Cela donne l'impression qu'il utilise sa fonction pour promouvoir les intérêts commerciaux de sa fille», affirme à l'AFP Richard Briffault, expert en éthique gouvernementale à la Columbia Law School.

Lors de son briefing, Sean Spicer a tenté par avance de déminer le terrain en défendant le droit de M. Trump de «prendre la défense de sa famille».

Mais les soupçons sont tenaces et n'ont cessé de grandir depuis l'accession de Donald Trump à la Maison-Blanche.

Contre l'avis des experts, le président américain a refusé de couper entièrement ses liens avec l'empire immobilier qui a fait sa fortune. Il en a simplement confié les rênes à ses deux fils aînés et a posé certaines règles, comme l'interdiction de nouveaux contrats à l'étranger.

Il conserve ainsi ses parts dans la Trump Organization, au risque notamment de bénéficier de paiements effectués par des ressortissants étrangers en violation d'une des clauses de la Constitution américaine.

En relançant une vieille action en diffamation à New York, sa femme Melania est également venue accréditer l'image d'un clan déterminé à tirer un avantage commercial de la présidence Trump.

Dans la plainte déposée en son nom, ses avocats soutiennent ainsi que cette ancienne mannequin avait, en devenant Première Dame, «une occasion unique dans une vie, en tant que personne extrêmement célèbre, (...) de lancer une marque commerciale sur une gamme étendue de produits, dont chacun lui aurait garanti des millions de dollars».

Jeff Sessions confirmé au poste de ministre de la Justice

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La défense des droits civiques, et notamment le droit de vote des Noirs, a été au coeur du débat autour de Jeff Sessions, rattrapé par de vieux propos considérés comme racistes par ses détracteurs.

AP, J. Scott Applewhite

Le sénateur de l'Alabama Jeff Sessions a été confirmé mercredi par le Sénat américain au poste de ministre de la Justice de Donald Trump, dont il a largement inspiré la politique anti-immigration.

Les sénateurs ont voté par 52 voix contre 47 en faveur de ce fidèle du président Trump, la quasi-totalité du groupe démocrate votant non. La majorité républicaine a fait bloc autour de sa nomination, qui avait été annoncée le 18 novembre.

Cet ultraconservateur de 70 ans aux yeux clairs et cheveux blancs soigneusement coiffés fut le premier sénateur à se rallier au candidat Donald Trump pendant les primaires, et il se voit remercié par l'un des postes-clés du gouvernement.

«Défenseur des discriminations et de la xénophobie»

La défense des droits civiques et notamment le droit de vote des Noirs, a été au coeur du débat autour de Jeff Sessions, rattrapé par de vieux propos considérés comme racistes par ses détracteurs.

Le démocrate Chris Murphy a dénoncé un «défenseur des discriminations et de la xénophobie».

À l'inverse, les républicains estiment que l'arrivée de cet ancien procureur permettra de dépolitiser la justice, après huit années de présidence Obama. C'est «une excellente nouvelle pour ceux qui révèrent l'Etat de droit», a salué le sénateur Ted Cruz.

L'«Attorney General» supervise le FBI, les 93 procureurs fédéraux, ainsi que le Bureau de l'alcool, du tabac, des armes à feu et des explosifs (ATF), l'administration pénitentiaire, le Marshals Service (USMS), spécialisé dans la recherche des fugitifs, et l'agence de lutte antidrogue (DEA).

Les démocrates s'en sont pris à Jeff Sessions tant pour son influence au sein de l'administration qu'en raison de propos prononcés dans les années 80 lorsqu'il était procureur dans l'Alabama.

Un incident au Sénat mardi a relancé cette affaire. La démocrate Elizabeth Warren a commencé à lire une lettre écrite en 1986 par la veuve du militant des droits civiques Martin Luther King Jr., Coretta Scott King, qui dénonçait alors la nomination de Jeff Sessions comme juge, une nomination qui avait finalement échoué.

La sénatrice Warren a été sanctionnée, car le règlement du Sénat interdit de dénigrer un collègue dans l'hémicycle.

«Je ne resterai pas silencieuse face à un homme qui a tenu des propos racistes qui n'ont pas leur place dans notre système judiciaire», a déclaré Elizabeth Warren.

Jeff Sessions disposera d'une grande influence au sein de la Maison-Blanche. L'un de ses fidèles et ancien porte-parole, Stephen Miller, est l'un des plus proches conseillers du président américain.

Les démocrates doutent qu'il saura faire preuve d'indépendance face au président Trump, notamment pour enquêter sur les interférences russes dans la campagne électorale de 2016.

Au-delà, c'est dans les domaines de l'immigration, des armes à feu ou de la lutte contre les discriminations qu'un changement de direction est attendu.

Au Sénat, M. Sessions incarnait surtout depuis son arrivée en 1997 l'opposition à l'immigration, tant légale que clandestine.

Il est le sixième membre du «cabinet» présidentiel à avoir été confirmé à ce jour, sur 15, la minorité démocrate du Sénat usant de tous les moyens dilatoires pour retarder les confirmations.

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