Israël: loi controversée en faveur des colons

Israël a commencé lundi à démanteler Amona, colonie... (AFP, Thomas Coex)

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Israël a commencé lundi à démanteler Amona, colonie de Cisjordanie au coeur d'une bataille politique et légale de plusieurs années.

AFP, Thomas Coex

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Agence France-Presse
Jérusalem

Le Parlement israélien a voté lundi une loi qui permettra à l'État de s'approprier des centaines d'hectares de terres palestiniennes en Cisjordanie occupée, dénoncée par l'OLP comme «une entrave à la paix».

La loi, approuvée par 60 députés et rejetée par 52, a été adoptée en troisième et dernière lecture, après que le premier ministre Benjamin Nétanyahou a informé l'allié américain du débat sur cette question.

L'Organisation de libération de la Palestine a accusé cette loi de «légaliser le vol» de terres palestiniennes, estimant dans un communiqué que «l'entreprise de colonisation d'Israël est une entrave à la paix et à la possibilité d'une solution à deux États».

S'exprimant après le vote, Bezalel Smotrich du Foyer juif, parti nationaliste religieux qui fut l'un des instigateurs du projet, s'est félicité de l'élection du président américain Donald Trump «sans lequel la loi ne serait pas probablement passée».

«Loi abjecte»

Quelques heures plus tôt, le chef de l'opposition et du Parti travailliste, Isaac Herzog, avait dénoncé une «loi abjecte» qui «annexerait des millions de Palestiniens» et exposerait selon lui les soldats et hommes politiques israéliens à des procès aux tribunaux criminels internationaux.

Le ministre des Sciences et de la Technologie, Ofir Akounis, du parti de droite Likoud de M. Nétanyahou, lui avait rétorqué que «toute la terre d'Israël appartient au peuple juif. Ce droit est éternel et incontestable.»

La Maison-Blanche était sortie jeudi de deux semaines de silence pour freiner les ardeurs israéliennes.

Depuis le 20 janvier et l'investiture de Donald Trump, présumé bien plus favorable que son prédécesseur Barack Obama, Israël a procédé à cinq annonces de colonisation portant sur plus de 6000 nouveaux logements en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, territoires palestiniens occupés.

Le message de la Maison-Blanche a été interprété comme signifiant à Israël qu'il ne pouvait pas préjuger des intentions américaines et saper l'action diplomatique future de l'administration Trump.

Une grande partie de la communauté internationale considère la colonisation comme un obstacle à la paix entre Israéliens et Palestiniens, en conflit depuis près de 70 ans.

Pour elle, la loi favorise encore plus l'entreprise de colonisation, éloignant davantage la création d'un État palestinien indépendant coexistant avec Israël, solution de référence internationale au conflit.

Inquiétudes à l'ONU

Le coordinateur spécial de l'ONU pour la paix, Nikolay Mladenov, s'est dit «inquiet» que le texte ne «réduise grandement les perspectives de paix».

La loi permettra de déclarer terres israéliennes des terrains privés palestiniens sur lesquels des Israéliens ont construit sans autorisation, soit parce qu'ils ignoraient qu'ils étaient propriétés privées, soit parce que l'État les aurait laissés faire. Les propriétaires palestiniens seraient dédommagés financièrement ou par d'autres terrains.

Ceux qui défendent le texte disent qu'il permettra aux colons de ne plus craindre d'être chassés parce que la justice israélienne, saisie par des organisations de gauche, jugerait que leurs maisons ont été construites illicitement sur des terres privées palestiniennes.

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