Nouveau revers pour le décret migratoire

Les manifestations se poursuivent près de nombreux aéroports... (AFP, Kyle Grillot)

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Les manifestations se poursuivent près de nombreux aéroports aux États-Unis, dont celui de Los Angeles.

AFP, Kyle Grillot

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Agence France-Presse
West Palm Beach

La justice a infligé un nouveau camouflet à Donald Trump sur son décret migratoire, confirmant que les ressortissants de sept pays musulmans, visés par le texte controversé, pouvaient continuer de rentrer aux États-Unis. Mais la brèche pourrait se refermer rapidement.

La cour d'appel fédérale de San Francisco a rejeté, en quelques heures seulement, l'appel formulé samedi soir par le ministère américain de la Justice.

Elle a ainsi maintenu la décision du magistrat James Robart, qui avait émis vendredi une injonction temporaire, ayant effet sur l'ensemble du territoire américain, pour bloquer le décret présidentiel le temps qu'une plainte déposée lundi soit examinée.

«N'arrive pas à croire qu'un juge mette notre pays en pareil péril. Si quelque chose arrive, tenez-le pour responsable ainsi que le système judiciaire. Les gens affluent. Mauvais!» a tweeté le président Trump après un inhabituel silence de près de 24 heures.

«J'ai donné l'instruction au département de la Sécurité intérieure de contrôler les personnes arrivant dans notre pays TRÈS ATTENTIVEMENT. Les tribunaux rendent la tâche très difficile!» a-t-il ajouté.

La décision du juge Robart a eu pour effet de rouvrir les frontières américaines aux ressortissants d'Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen, ainsi qu'aux réfugiés.

«Bienvenue à la maison»

Dans le détail, la Cour d'appel a demandé aux États de Washington et du Minnesota, à l'origine de la plainte déposée lundi contre le décret qui a engendré une vague d'indignation planétaire, de fournir des documents étayant leurs demandes avant 23h59, dimanche. Elle a également donné au ministère de la Justice jusqu'à lundi après-midi pour apporter de nouveaux arguments à l'appui de sa requête.

Avec l'épée de Damoclès d'un retournement de situation dans ce bras de fer politico-judiciaire qui a des répercussions aux quatre coins de la planète, les immigrants embarquaient en nombre sur des vols à destination des États-Unis.

Quelque 60 000 visas, suspendus par ce texte, ont également retrouvé leur validité, selon la diplomatie américaine.

Et de nombreuses compagnies aériennes, dont Air France, acceptent de nouveau les ressortissants des sept pays visés.

Deux Amériques

La Maison-Blanche, toutefois, entend vite refermer la brèche légale dans laquelle s'engouffrent de nombreux migrants et remporter le combat judiciaire, quitte à multiplier les appels ou porter l'affaire devant la Cour suprême.

Le vice-président Mike Pence a écumé les plateaux de télévision dimanche pour exprimer sa «frustration».

L'exécutif, a-t-il promis sur Fox News, «va réagir très rapidement». «Nous allons gagner la bataille des arguments [devant la justice, ndlr] car nous allons prendre les mesures nécessaires pour protéger le pays.»

La signature du décret vendredi dernier a profondément divisé l'Amérique qui sortait déjà sonnée d'une campagne électorale acerbe.

Aux opposants qui lui reprochent une démarche teintée de racisme ou d'islamophobie, le président Trump ne cesse de répondre par la nécessité de lutter contre la menace terroriste.

Course vers la douane

Le cauchemar a pris fin dimanche pour Kamal Fadlalla. Accueilli par des cris de joie et des accolades à l'aéroport JFK de New York, le médecin de 33 ans a retrouvé ses proches une semaine après une visite familiale au Soudan.

«Le voilà!» a lancé Osama Mukhtar, un de ses amis lui aussi docteur, en l'apercevant dans l'aire des arrivées du terminal 4 de l'aéroport John F. Kennedy.

Le docteur Fadlalla se trouvait en vacances dans son pays d'origine quand les rumeurs ont commencé sur un potentiel décret de Donald Trump qui interdirait l'entrée sur le territoire américain aux ressortissants de sept autres pays musulmans.

Il s'est alors précipité pour acheter un billet et avancer son retour. Mais il n'a pas été assez rapide. La fin de semaine dernière, il se trouvait dans la queue pour embarquer sur son vol quand on lui a signifié qu'il ne pourrait pas voyager, en raison du décret appliqué immédiatement.

Depuis, il a assisté impuissant aux initiatives de ses amis, soutiens et avocats pour tenter de le faire revenir.

Jusqu'à la décision prise vendredi soir par un juge américain, qui a renversé temporairement l'interdiction et rouvert les portes des États-Unis aux ressortissants des pays visés.

«Ça fait du bien» d'être de retour, s'est félicité dimanche Kamal Fadlalla. «Cela a été une semaine difficile, mais finalement...»

Prendre l'avion le plus vite possible

L'aube pointait à Damas lorsque Adel a appris la suspension temporaire du décret Trump. Ce jeune diplômé en droit a sauté du lit et réservé un billet pour rejoindre son épouse Lamia aux États-Unis avant que la loi ne change de nouveau.

«Je dormais quand ma femme m'a appelé pour me prévenir [...] et je n'ai pas fermé l'oeil depuis», raconte dimanche le jeune homme de 25 ans. 

«L'important maintenant est qu'il prenne l'avion le plus vite possible et qu'il atterrisse aux États-Unis avant que ce fou ne signe un nouveau décret», affirme à l'AFP Lamia, 22 ans.

Devant l'incertitude qui entoure aujourd'hui les retrouvailles des époux et leurs démarches auprès de l'administration américaine, ils préfèrent raconter leur histoire avec des prénoms d'emprunt.

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