La confusion règne sur le décret anti-immigration de Trump

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Martha Bellisle
Associated Press
Seattle

La décision d'un juge fédéral bloquant le décret du président Donald Trump sur l'interdiction d'entrer au pays des citoyens de sept pays à majorité musulmane et de tous les réfugiés a semé le doute, samedi, parmi les transporteurs aériens, les militants et les ambassades.

La Maison-Blanche a indiqué qu'elle tenterait de rétablir devant un tribunal le décret d'interdiction ayant amené le département d'État à annuler les visas d'au moins 60 000 personnes provenant des pays touchés.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, a dit par communiqué tard vendredi que le gouvernement déposerait une demande «de suspension d'urgence de l'exécution de cette décision scandaleuse». Peu après, un communiqué corrigé a été envoyé en retirant le mot «scandaleux».

Par la suite, sur Twitter, le président Trump a écrit que l'«avis de ce soi-disant juge, qui empêche en fait le pays d'appliquer ses lois, est ridicule et sera renversé!»

Un courriel interne relayé aux responsables de la Sécurité intérieure, vendredi soir, indiquait aux employés de se plier immédiatement à la décision du juge. Néanmoins, l'ambassade américaine à Bagdad a affirmé samedi qu'elle attendait toujours des directives pour savoir quoi dire aux Irakiens se demandant si les restrictions sur les visas avaient changé.

Les passagers de nouveau acceptés dans les avions vers les États-Unis

Les compagnies aériennes recommençaient quant à elles samedi à transporter vers les États-Unis les ressortissants des sept pays qui y étaient interdits d'entrée.

Air France, Qatar Airways, Lufthansa, Etihad, Emirates ou encore Swiss ont dit appliquer les nouvelles directives de la justice américaine, lorsque les passagers concernés ont un visa en règle.

«Depuis ce matin, on applique immédiatement la décision de justice prise cette nuit», a assuré à l'AFP un porte-parole d'Air France, sans préciser combien de passagers avaient jusqu'ici bénéficié de ce revirement.

Une politique identique est suivie par d'autres compagnies aériennes à la suite du blocage vendredi par le juge fédéral de Seattle du décret du président américain interdisant, pendant trois mois, aux ressortissants de sept pays en majorité peuplés de musulmans (Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen) et, pendant quatre mois, à tous les réfugiés l'accès aux États-Unis.

La compagnie américaine United Airlines a pour sa part fait savoir à l'AFP qu'elle se conformerait aux «nouvelles directives» du Bureau américain des frontières et des douanes (Customs and Border Protection - CBP).

Etihad «acceptera de nouveau les ressortissants des sept pays» sur ses vols, a aussi souligné un porte-parole de la compagnie émiratie, demandant toutefois aux passagers de se tenir informés auprès des ambassades et des consulats américains de toute évolution de la situation.

«Tous les clients ayant des papiers en règle pourront voyager», a pour sa part annoncé British Airways.

D'abord prudentes, dans l'attente d'une communication officielle de l'administration américaine, d'autres compagnies, à l'instar de la Finlandaise Finnair et de la scandinave SAS, vont également de nouveau accepter à bord de leurs avions les passagers concernés après que les autorités administratives américaines eurent déclaré qu'elles n'appliquaient plus le décret migratoire en raison de la décision judiciaire.

«D'après les dernières informations que nous avons reçues de l'IATA (l'Association du transport aérien international), les douanes américaines appliquent la décision de justice», explique-t-on chez SAS.

Avant l'annonce du Département d'État, en Égypte, un responsable à l'aéroport du Caire avait déjà informé que les compagnies aériennes avaient reçu un avis de l'aéroport JFK à New York mentionnant l'arrêt de l'application du décret de Donald Trump.

Autorisation provisoire?

La low-cost Norwegian continuait néanmoins samedi après-midi de rediriger les passagers vers les autorités américaines, alors qu'à Téhéran, une agence de voyages conseillait aux Iraniens qui souhaitaient se rendre aux États-Unis de le faire le plus vite possible.

«À tous ceux qui ont un visa, d'immigration ou autre, [...] prenez un avion pour n'importe quelle ville [américaine] ce soir», a recommandé un de ses responsables sous le couvert de l'anonymat.

En effet, cette réouverture des frontières pourrait n'être que provisoire.

La décision du juge fédéral peut «être rejetée en appel», a-t-il prévenu, conseillant aux Iraniens de ne signer aucun document si on leur interdisait de pénétrer sur le sol américain à leur arrivée à l'aéroport.

De nombreux ressortissants des sept pays concernés ont été retenus ces derniers jours dans les aéroports américains ou empêchés d'embarquer au départ d'autres pays, suscitant de vives protestations internationales et la condamnation des organisations de défense des droits de l'Homme.  Avec AFP

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