Comment le décret immigration de Donald Trump a vu le jour

Le décret signé vendredi par M. Trump au nom... (AFP)

Agrandir

Le décret signé vendredi par M. Trump au nom de la protection du territoire américain contre des attaques terroristes suspend l'entrée de tous les réfugiés de ces pays pendant 120 jours et indéfiniment pour les Syriens.

AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-Louis Santini
Agence France-Presse
Washington

La Maison-Blanche a rejeté dimanche les accusations d'avoir agi de façon précipitée pour le décret du président Donald Trump bloquant l'accès aux États-Unis de ressortissants de sept pays musulmans et de réfugiés, affirmant avoir consulté les instantes compétentes quant à ses conséquences et à sa constitutionnalité.

Le décret signé vendredi par M. Trump au nom de la protection du territoire américain contre des attaques terroristes suspend l'entrée de tous les réfugiés de ces pays pendant 120 jours et indéfiniment pour les Syriens.

Il bloque aussi l'accès pendant 90 jours des ressortissants de sept pays (Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et le Yémen) le temps de réexaminer et de renforcer le processus de vérification pour les admissions.

Mais l'entrée en vigueur immédiate de cet ordre présidentiel a provoqué une situation chaotique, les agents de l'immigration n'ayant apparemment pas tous reçu des consignes précises et harmonisées sur les multiples cas de figure possibles.

Selon le Département de la Sécurité intérieure, 109 personnes déjà en route vendredi vers les États-Unis ont été placées en rétention à leur arrivée, tandis que 173 n'ont pas pu embarquer dans les avions à destination de ce pays. Samedi, une juge fédérale a interdit toute expulsion et la plupart ont été libérées.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer a justifié la vitesse d'exécution dans une interview sur la chaîne ABC dimanche, en expliquant que « l'administration ne pouvait pas télégraphier ses intentions avant l'entrée en vigueur du décret, car cela aurait provoqué une venue massive de personnes de ces pays avant ce qui aurait posé des problèmes de sécurité ».

Il a assuré que les responsables des différentes agences concernées comme les douanes et les services d'immigration « ont été dûment informés avant l'entrée en vigueur du décret et que des câbles continuent à être transmis par le département d'État ».

Processus précipité

Un responsable de la Maison-Blanche avait également expliqué samedi à la presse sous le couvert de l'anonymat, que « les conseillers du président avaient été en contact pendant plusieurs semaines au plus haut niveau avec les départements d'État et de la Sécurité intérieure » pour préparer le décret, répondant aux critiques, même dans les rangs de la majorité républicaine, selon lesquelles M. Trump et ses conseillers n'avaient pas suffisamment consulté les instantes compétentes au sein du gouvernement fédéral.

« Toutes les personnes qui devaient savoir ont été informées », a affirmé ce responsable.

Mais le ministère de la Justice, dont les juristes et experts constitutionnels participent habituellement à la rédaction de tout décret présidentiel, a été exclu du processus d'élaboration du décret, selon CNN - ce que la Maison-Blanche nie.

La Maison-Blanche s'est aussi efforcée de rejeter les accusations selon lesquelles ce décret discrimine les musulmans, pointant le fait que plusieurs autres pays musulmans ne sont pas visés par cette mesure.

Des ONG, des juristes, l'opposition démocrate et quelques représentants et sénateurs républicains comme Rob Portman ont fustigé cet ordre présidentiel jugé précipité et contraire aux valeurs américaines et en violation du premier amendement de la Constitution qui exclut toute forme de discrimination, religieuse, ethnique ou autre.

Plus de 4000 professeurs d'université aux États-Unis ont cosigné une lettre s'opposant à cette mesure s'inquiétant qu'elle pourrait devenir permanente.

« Je pense comprendre son intention, mais malheureusement ce décret paraît avoir été précipité sans un examen approfondi », a déploré le représentant républicain de Pennsylvanie Charlie Dent.

« Il y a de très nombreuses nuances dans une politique d'immigration qui peuvent être une question de vie ou de mort pour de nombreuses personnes innocentes et vulnérables dans le monde », a-t-il souligné, estimant que ces questions devaient être débattues au Congrès.

Anthony Romero, le directeur général de l'ACLU a prédit dimanche sur la chaîne CNN que ce cas « finirait devant la Cour suprême ».

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer