Décret pour stopper l'immigration des «terroristes islamiques»

Entouré du vice-président Mike Pence et du secrétaire... (AFP, Mandel Ngan)

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Entouré du vice-président Mike Pence et du secrétaire à la Défense James Mattis, Donald Trump a profité de sa visite au Pentagone vendredi pour signer un décret visant à «reconstruire» les forces armées des États-Unis. Les républicains estiment qu'après la baisse des budgets militaires sous l'administration Obama, l'armée américaine a besoin de gros investissements pour retrouver sa supériorité militaire.

AFP, Mandel Ngan

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Nicolas Revise
Agence France-Presse
Washington

Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé vendredi un sérieux tour de vis en matière d'immigration et d'accueil de réfugiés, visant certains pays musulmans afin de stopper l'entrée éventuelle sur le territoire américain de «terroristes islamiques radicaux».

Une semaine tout juste après s'être installé à la Maison-Blanche, M. Trump a déclaré qu'il avait pris un décret intitulé «protéger la nation contre l'entrée de terroristes étrangers aux États-Unis», un texte que la présidence américaine a fini par publier vendredi soir.

Lors d'une cérémonie en grande pompe au Pentagone, en l'honneur de son nouveau secrétaire à la Défense James Mattis, le président américain a annoncé qu'il mettait «sur pied de nouvelles mesures de contrôle pour maintenir hors des États-Unis les terroristes islamiques radicaux».

«Nous ne les voulons pas ici», s'est exclamé le 45e président américain devant des hiérarques militaires réunis au ministère de la Défense. «Nous voulons être sûrs que nous ne laissons pas entrer dans notre pays les mêmes menaces que celles que nos soldats combattent à l'étranger [...] Nous n'oublierons jamais les leçons du 11 Septembre», a proclamé Donald Trump, en allusion aux attentats perpétrés en 2001 par le groupe Al-Qaida et qui ont traumatisé l'Amérique.

Plus de réfugiés syriens

«C'est du lourd», a lancé le président.

D'après le décret et ses annexes diffusés par la Maison-Blanche, les autorités américaines vont interdire pendant trois mois l'arrivée de ressortissants de sept pays musulmans : Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen. À l'exception de ces ressortissants détenteurs de visas diplomatiques et officiels et qui travaillent pour des institutions internationales.

Washington va arrêter aussi pendant quatre mois le programme fédéral d'admission et de réinstallation de réfugiés de pays en guerre, toutes nationalités confondues. Un programme humanitaire ambitieux créé par une loi du Congrès en 1980 a permis d'accueillir aux États-Unis quelque 2,5 millions de personnes, selon l'institut de recherches Pew. Il n'a été suspendu qu'une seule fois : durant trois mois après le 11 Septembre.

Quant aux réfugiés syriens, qui ont fui par millions le conflit dans leur pays, mais dont seulement 18 000 ont été acceptés aux États-Unis depuis 2011, ils seront définitivement interdits d'entrée jusqu'à nouvel ordre.

Pour l'année budgétaire 2016 (du 1er octobre 2015 au 30 septembre 2016), les États-Unis, à l'époque gouvernés par Barack Obama, avaient admis sur leur territoire 84 994 réfugiés du monde entier, parmi lesquels un peu plus de 10 000 Syriens. L'administration Obama s'était donnée pour objectif d'accepter 110 000 réfugiés pour l'année budgétaire 2017.

L'administration Trump vise dorénavant «pas plus de 50 000» réfugiés cette année.

Deux jours avant qu'il ne signe officiellement son décret, le nouvel occupant de la Maison-Blanche avait commenté et défendu son texte à la télévision. Interrogé par la chaîne ABC sur la réaction qu'il risquait de provoquer chez les musulmans, il avait rétorqué qu'il fallait agir dans «un monde en colère» devenu «un foutoir complet».

«Ce n'est pas une interdiction contre les musulmans, mais cela concerne des pays qui ont beaucoup de terrorisme», avait martelé le milliardaire populiste.

Contrôle extrême

Aux États-Unis, l'ACLU, la plus grande association de défense des droits civiques, a tonné contre ces mesures de «contrôle extrême» qui «ne sont que de la discrimination contre les musulmans». Aux yeux de son directeur Anthony Romero, le président Trump violerait même la Constitution américaine qui interdit toute forme de discrimination religieuse.

Silence sur le mur

Donald Trump et leprésident mexicain, Enrique Peña Nieto, ont cherché vendredi à faire baisser la tension diplomatique au sujet du projet de mur à la frontière, lors d'un entretien téléphonique. Les deux chefs d'État se sont parlé durant une heure et ont constaté leurs divergences «très claires et très publiques» sur ce «sujet sensible», selon les deux gouvernements, qui ont qualifié la discussion de «productive et constructive». Selon les autorités mexicaines, les deux chefs d'État ont convenu «de ne plus parler publiquement» pour le moment du sujet polémique, mais la Maison-Blanche n'a pas fait mention de cet engagement de Donald Trump.

Mise en garde du maire de Berlin

Le maire de Berlin a appelé vendredi le président américain Donald Trump à renoncer à son projet de construire un mur entre les Etats-Unis et le Mexique, rappelant les «souffrances» causées en Allemagne et en Europe par le Mur de Berlin. «Berlin, la ville de la division de l'Europe, la ville de la liberté de l'Europe, ne peut pas rester muette lorsqu'un pays prévoit de construire un nouveau mur», a déclaré dans un communiqué le social-démocrate Michaël Müller, après que M. Trump a lancé son projet à la frontière avec le Mexique. Pour de nombreux Allemands, de l'Ouest comme de l'Est, ce mur en béton qui entourait Berlin-Ouest sur 155 km a également symbolisé des séparations familiales douloureuses entre le 13 août 1961 et le 9 novembre 1989, date de sa chute. «J'appelle le président des États-Unis à ne pas prendre le mauvais chemin, (celui) du repli sur soi et de l'exclusion. Partout où de telles frontières existent, comme (entre les deux Corées) ou à Chypre, elles créent de la servitude et de la souffrance», a ajouté M. Müller.

Employée musulmane agressée à JFK

Un homme d'affaires s'en est violemment pris, même physiquement, à une employée musulmane dans un salon des voyageurs à l'aéroport Kennedy, de New York, en lui criant notamment que le président Donald Trump «se débarrasserait de vous tous». Robin Rhodes, 57 ans, de Worcester, au Massachusetts, attendait sa correspondance de retour, mercredi soir, au salon des voyageurs de son transporteur, à New York, lorsqu'il a eu une altercation avec Rabeeya Khan, qui porte le voile islamique. Mme Khan a raconté à la police que le voyageur l'avait insultée et avait frappé violemment la porte du local où elle se trouvait. L'employée de 60 ans lui a alors demandé ce qu'elle lui avait bien pu lui faire, et M. Rhodes l'aurait frappée à la jambe. Le voyageur s'est ensuite agenouillé, en imitant un musulman en prière, et a proféré des obscénités. Selon le procureur Richard A. Brown, Mme Kahn a soutenu que M. Rhodes disait : «Trump est là, maintenant. Il va nous débarrasser de vous tous. Vous pouvez demander aux Allemands, aux Belges, aux Français ce qu'ils pensent de ces gens.» Robin Rhodes est le président d'une compagnie de produits métalliques à Worcester.  Avec AP

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