Se souvenir d'Auschwitz, 72 ans plus tard

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Des survivantes d'Auschwitz ont commémoré, vendredi, le 72e anniversaire de la libération du camp nazi par l'armée soviétique.

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Vanessa Gera
Associated Press
Varsovie

Des dizaines de survivants du camp de la mort nazi d'Auschwitz y sont revenus vendredi, exactement 72 ans après sa libération par l'armée russe.

Ils ont déposé des gerbes de fleurs au pied du mur le long duquel un nombre incalculable de détenus ont été exécutés. Les survivants portaient des foulards rayés qui symbolisaient leurs uniformes de l'époque.

Des leaders politiques et religieux ont assisté à la cérémonie, tout comme des représentants de la communauté juive de Pologne. La première ministre polonaise Beata Szydlo a rappelé «la destruction de l'humanité» et «l'océan de vies et d'espoirs perdus» lors du génocide allemand.

«C'est une plaie ouverte qui cicatrisera peut-être un jour, mais elle ne sera jamais entièrement guérie et elle ne doit jamais être oubliée», a-t-elle dit.

Le 27 janvier - l'anniversaire de la libération du camp par l'armée soviétique - est la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste. Des cérémonies commémoratives étaient organisées à travers l'Europe et en Israël.

Obligations allemandes

Le ministre allemand sortant des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a déclaré que le terme «Auschwitz» incarne dorénavant tous les camps de la mort et toute la machinerie nazie de persécution et d'exécutions qui font partie de l'histoire de l'Allemagne.

Si l'Allemagne ne peut rien changer à ce qui s'est passé, a-t-il ajouté, elle a l'obligation de continuer à commémorer le génocide, à saluer la mémoire des victimes et à prendre la responsabilité pour ces crimes.

Notant l'instabilité politique du monde d'aujourd'hui, M. Steinmeier a déclaré que «l'histoire doit servir à la fois de leçon, d'avertissement et de motivation. Il ne peut et ne doit y avoir aucune fin au souvenir».

Le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a promis d'être «au premier rang de la lutte contre l'antisémitisme et toutes les autres formes de haine».

«Tragiquement, et contrairement à notre détermination, l'antisémitisme se porte toujours bien, a-t-il dit. Nous constatons également une poussée inquiétante de l'extrémisme, de la xénophobie, du racisme et de la haine des musulmans. L'irrationalité et l'intolérance sont de retour.»

Un survivant de l'Holocauste dépose des fleurs à... (AP, Czarek Sokolowski) - image 3.0

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Un survivant de l'Holocauste dépose des fleurs à la mémoire de ceux qui ne sont jamais sortis d'Auschwitz.

AP, Czarek Sokolowski

À Tirana, la capitale de l'Albanie, un olivier a été planté dans un parc du centre-ville qui commémore les Albanais qui ont sauvé des Juifs pendant la guerre. S'exprimant en présence de l'ambassadeur israélien, le ministre des Affaires étrangères Ditmir Bushati a dit que ses compatriotes sont fiers que leurs ancêtres n'aient pas dénoncé un seul Juif aux Allemands pendant l'occupation nazie en 1943 et 1944.

L'Albanie est le seul pays d'Europe où le nombre de Juifs a augmenté pendant la Seconde Guerre mondiale, après que la population en majorité musulmane eut décidé de protéger les Juifs arrivés d'ailleurs.

En Croatie, la communauté juive a refusé de participer aux événements organisés, car, selon elle, le gouvernement ne fait pas assez pour combattre les sentiments pronazis.

Journée assombrie par une polémique

La journée de commémoration des victimes du nazisme a été ternie vendredi en Allemagne par un cadre du parti populiste de droite AfD, critique de la repentance allemande, qui a été exclu de deux cérémonies d'hommage. 

Björn Höcke, chef de file des députés de l'Alternative pour l'Allemagne au parlement régional de Thuringe, a été interdit en milieu de journée de participer à une cérémonie d'hommage à l'ancien camp de concentration de Buchenwald où 250 000 personnes ont été déportées et environ 56 000 y ont trouvé la mort. Les organisateurs avaient demandé la veille à l'élu de ne pas venir en raison de son discours la semaine dernière où il déplorait l'existence d'un monument «de la honte» à Berlin, référence au Mémorial de la Shoah, et appelait à ce que l'Allemagne cesse de se focaliser sur son travail de mémoire. 

M. Höcke s'est néanmoins présenté et l'accès à la cérémonie lui a été interdit, selon un porte-parole du mémorial de Buchenwald.

Président d'honneur du Comité international Buchenwald, le survivant français Bertrand Herz a estimé que les survivants de la barbarie nazie ne pouvaient pas tolérer que la portée de l'holocauste «soit relativisée et que la mémoire des victimes soit souillée». 

Plus tôt dans la journée, le président du Parlement de Thuringe Christian Carius, avait déjà exclu l'élu de l'AfD d'un autre hommage, prévu dans cette assemblée régionale, car «sa présence serait perçue comme une provocation». Habitué des polémiques et membre de la frange la plus radicale de l'AfD, M. Höcke a par la suite «condamné» son exclusion y voyant «une atteinte grave aux pratiques parlementaires».  Avec AFP

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