Les Américains anti-avortement se mobilisent à leur tour

Samedi dernier, plusieurs Américains contre l'avortement ont marché... (AP, Jocelyn Gecker)

Agrandir

Samedi dernier, plusieurs Américains contre l'avortement ont marché à San Francisco, mettant la table pour la Marche pour la vie qui aura lieu vendredi à Washington.

AP, Jocelyn Gecker

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Sébastien Blanc
Agence France-Presse
Washington

Convaincus d'avoir le vent en poupe, les militants anti-avortement américains défileront vendredi entre la Maison-Blanche et la Cour suprême des États-Unis, deux institutions dont ils attendent désormais beaucoup.

Cette «Marche pour la vie» à Washington se déroulera six jours après que des millions de femmes ont manifesté en Amérique et dans le monde pour avertir Donald Trump qu'elles comptaient défendre leurs libertés fondamentales.

La Women's March (Marche des femmes) a incontestablement réussi une démonstration de force. La March for Life (Marche pour la vie), qui se présente comme le plus grand événement mondial contre l'avortement, entend faire de même.

Le nouveau président américain a d'ailleurs estimé que l'affluence pourrait égaler ou dépasser celle de la Marche des femmes. «Beaucoup de gens vont se rendre à Washington. Il y aura 300, 400, 500, 600 000 personnes», a-t-il affirmé jeudi à Philadelphie.

Et «vous ne pourrez rien lire là-dessus», a dénoncé M. Trump, en accusant à l'avance les médias de ne pas couvrir l'événement en raison de leur partialité présumée.

«Beaucoup de gens s'attendent à ce que ce soit la plus grande Marche pour la vie depuis longtemps», a de son côté confirmé à l'AFP Chris Gast, de l'association Right to Life of Michigan (RLM).

L'antenne de RLM de la ville de Grand Rapids, dans cette région des Grands Lacs, dépêchera à elle seule 12 autocars, a-t-il précisé.

Le défilé, pour lequel sont donc attendus des groupes des quatre coins du pays, se déroulera au coeur de la capitale fédérale, une semaine exactement après l'investiture de Donald Trump.

La Marche pour la vie marque toutefois un autre anniversaire, considéré comme funeste par ses participants: «Roe V. Wade», l'arrêt emblématique de la Cour suprême qui a légalisé l'avortement en 1973 dans tous les États-Unis.

Le vice-président en vedette

Pour sa 44e édition, le rassemblement annuel se présente sous des nouveaux auspices favorables aux pro-vie, ainsi que se présentent les opposants à l'interruption volontaire de grossesse (IVG).

Ils ont obtenu lundi un gage de fidélité du nouveau président américain, qui a signé parmi ses tout premiers décrets une interdiction de financement des ONG internationales soutenant l'avortement.

Les pro-vie devraient bientôt obtenir un autre motif de satisfaction: Donald Trump nommera le 2 février au neuvième siège de la Cour suprême un magistrat qu'il a promis de choisir parmi les opposants à l'avortement.

Si la Marche pour la vie se veut indépendante et ne comptera pas que des partisans de Donald Trump, elle accueillera en vedette le vice-président Mike Pence, qui prendra la parole à la tribune, ont annoncé mercredi plusieurs médias.

Parmi les autres intervenants figurent des élus républicains, le cardinal Timothy Dolan de New York et Kellyanne Conway, une mère de famille issue d'un milieu catholique devenue une influente conseillère du nouveau chef de l'exécutif.

Le cortège, qui se réunira sur les pelouses publiques au sud de la Maison-Blanche, marchera jusqu'à la colline du Capitole. Il s'arrêtera devant le bâtiment du Congrès, à solide majorité républicaine.

Mais l'objectif des manifestants sera surtout l'édifice en face, la Cour suprême américaine: la gardienne de la Constitution a le dernier mot en matière d'avortement, un débat passionnel qui ne s'est jamais apaisé aux États-Unis.

Les participants de la Marche pour la vie savent que si Donald Trump se retrouvait en position de nommer un deuxième juge conservateur au cours de son mandat, leur rêve de renverser «Roe V. Wade» pourrait devenir réalité.

Environ sept Américains sur dix sont toutefois opposés à une annulation de cet arrêt qui a tant fait couler d'encre, a conclu ce mois-ci l'institut Pew Research.

Assauts répétés

En attendant de décrocher ce trophée absolu, les opposants à l'IVG en Amérique mènent une guérilla partout où ils le peuvent, se sentant galvanisés par la nouvelle administration dont certains poids lourds sont pro-vie, comme le vice-président Pence et le ministre de la Justice Jeff Sessions.

Selon le Guttmacher Institute, organisme de recherche favorable à l'avortement dont les études font référence, les États américains ont adopté de 2010 à 2016 pas moins de 338 législations restreignant les conditions de pratique de l'IVG.

D'où l'inquiétude actuelle des pro-choix, partisans du droit des femmes à choisir leur contraception et un avortement encadré par la loi. Ils redoutent notamment que le ministre de la Santé, Tom Price, mène des assauts contre la planification familiale et le remboursement de la contraception par les couvertures santé.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer