Les femmes sortent en force contre Trump

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Arborant des chapeaux roses aux oreilles de chats, les fameux «pussyhats», les manifestantes et manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: «Les femmes ne reculeront pas» et «Moins de peur, plus d'amour».

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Nancy Benac, Ben Nuckols
Associated Press
Washington

Bonnets roses sur la tête, des centaines de milliers de personnes, femmes surtout, ont participé samedi aux États-Unis et dans le monde aux Marches des femmes organisées pour la défense des droits civiques et contre le président Donald Trump.

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Une manifestante à New York

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Washington, New York, Boston, Chicago, Los Angeles, Montréal, Londres, Tel-Aviv : le succès a dépassé les espérances des organisatrices, particulièrement aux États-Unis, plus fracturés que jamais au lendemain de l'investiture du président républicain dans la capitale fédérale.

«De toute ma vie, je n'aurais jamais pensé que l'Amérique puisse avoir un président en qui je n'ai pas confiance et que je ne respecte pas», raconte Gerri Ingerson, 58 ans, qui dirige une agence de voyages à Baltimore.

«Je ne peux pas soutenir un programme de haine et d'intolérance», souligne Michele Phillips, 45 ans, venue de l'État de New York.

À Washington, où avait lieu le plus grand rassemblement, les organisateurs ont été visiblement débordés par le succès de la marche, car les manifestants ont envahi des rues autour de la Maison-Blanche suivant un itinéraire non prévu, aux cris de «Hey hey, ho ho, Donald Trump doit partir!»

Une partie du centre-ville autour du bâtiment de l'exécutif était complètement paralysé, la police ayant fini par fermer par des barrières métalliques les accès au parc voisin.

Beaucoup plus que pour l'investiture

Les organisateurs ont relevé leur estimation de participation de 200 000 à 500 000 personnes, selon le maire adjoint de Washington, Kevin Donahue.

Quelque 275 000 voyageurs avaient pris le métro en fin de matinée, soit 50 % de plus que pour l'investiture de M. Trump la veille à la même heure, selon l'autorité de transport WMATA.

Des milliers de personnes qui n'avaient pas pu accéder à l'Independence Avenue, pleine à craquer, où était prévue la marche, sont allés manifester sur le National Mall voisin, l'esplanade du centre de la capitale, où, vendredi, les partisans de Donald Trump avaient assisté à son investiture comme 45e président des États-Unis.

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Le succès a dépassé les espérances des organisatrices, particulièrement aux États-Unis, plus fracturés que jamais au lendemain de l'investiture du président républicain dans la capitale fédérale.

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Donald Trump n'aurait réussi à rassembler sur le Mall qu'environ un tiers de la foule qui avait acclamé Barack Obama en 2009 (460 000 se trouvaient alors sur le Mall sur 1,8 million de personnes au total), selon un expert cité par le New York Times.

Un décompte contesté par l'intéressé, qui a accusé samedi les médias de mentir, et dit qu'il y avait jusqu'à «1,5 million» de ses partisans vendredi sur le Mall, un chiffre manifestement irréaliste.

Madonna s'en mêle

Plusieurs personnalités, dont le cinéaste Michael Moore, les actrices America Ferrera et Scarlett Johansson, sont venues soutenir la marche de Washington. Madonna a fait une apparition-surprise sur scène pour appeler à une «révolution de l'amour» et chanter deux chansons.

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Madonna a fait une apparition-surprise sur scène pour appeler à une «révolution de l'amour» et chanter deux chansons.

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«Je ne pense pas que [Trump] ait accédé au pouvoir. Le pouvoir est ici», a lancé Michael Moore.

Beaucoup de manifestants portaient des bonnets roses à oreilles de chat («pussy hats»), devenus le symbole de l'opposition à Donald Trump.

Le terme «pussy» désigne en anglais l'animal domestique, ou le sexe féminin. C'est ce mot que Donald Trump avait utilisé dans une vidéo qui avait fait scandale en octobre, où il se vantait de pouvoir «attraper» les femmes «par la chatte».

Par ailleurs, une pétition qui circule sur Internet depuis vendredi et qui réclame la publication des déclarations fiscales du président a dépassé les 135 000 signatures au milieu de la journée, samedi. Selon les règles fixées par Barack Obama, une pétition doit amasser 100 000 signatures en 30 jours pour obliger une réponse de la Maison-Blanche.

Quilles à la Maison-Blanche

Donald Trump n'a pas réagi aux événements, mais a tweeté qu'il était «honoré de vous servir, le grand peuple d'Amérique, en tant que 45e président des États-Unis».

Il a assisté samedi matin à la cathédrale nationale de Washington à un office oecuménique. Puis, la famille présidentielle a joué aux quilles à la Maison-Blanche, a indiqué sur Twitter son fils Donald Jr.

En après-midi, il s'est rendu au siège de la CIA, en banlieue de Washington, où il a assuré aux agents qu'il était «à 1000 %» derrière eux, tentant d'apaiser la polémique née de ses propos très critiques à l'encontre de l'agence de renseignement.

Des échos jusqu'à Montréal

L'appel de solidarité lancé par la marche des femmes de Washington a trouvé écho à Mont­réal, samedi, où plusieurs milliers de personnes se sont réunies pour dénoncer le nouveau président des États-Unis, Donald Trump, qui a eu des propos grossiers et misogynes à l'égard des femmes.

Alors que se déroulaient des événements dans plus de 600 villes à travers le monde, les Montréalais ont afflué vers le centre-ville pour entendre des discours de plusieurs féministes, dont l'animatrice Pénélope McQuade, la journaliste Sue Montgomery et la politologue Élisabeth Vallet.

Dans une ambiance festive, les Montréalais avaient apporté leurs pancartes aux slogans plus colorés les uns que les autres, dont «Garde tes petites mains loin de nos droits» et «Nous ne devons pas être trop dépeignés». D'autres portaient une citation célèbre de l'ex-rivale de Donald Trump, Hillary Clinton, qui avait déclaré dans les années 90 que «les droits des femmes sont des droits de la personne».

L'événement avait commencé par un chant autochtone pour souligner la mémoire des femmes autochtones disparues ou assassinées - comme pour rappeler que les droits des femmes sont aussi menacés au Canada et au Québec.

C'était d'ailleurs le message de plusieurs militantes : la frontière entre les États-Unis et le Canada ne nous protège pas de ces écueils.

Élisabeth Vallet, analyste de la politique américaine, a rappelé pendant son allocution que le Canada «avait la politique de sa géographie», et qu'en «agissant pour celles qui vivent au sud de la frontière», les Canadiennes agissent pour elles aussi. «Les sirènes de populisme vont chanter chez nous aussi et nous devons avoir conscience que nous sommes toutes à risque de reproduire le modèle que nos mères et nos grands-mères ont connu», a-t-elle ajouté.

D'importantes manifestations se sont également déroulées à Toronto, Ottawa et Vancouver.

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