L'Amérique anti-Trump laisse éclater sa colère

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Les manifestations se sont amorcées une heure avant l'assermentation et ont continué à dégénérer longtemps après la fin de la cérémonie, alors que plus d'un millier de personnes sont descendues dans les rues de la capitale.

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Agence France-Presse
Washington

Poubelles et voiture incendiées, vitrines brisées et grenades lacrymogènes : les rues d'ordinaire très aseptisées du centre de Washington ont été le théâtre de scènes d'émeutes vendredi, lorsque plusieurs centaines de manifestants anti-Trump ont violemment affronté la police, en marge de l'investiture du président américain.

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Une colonne de fumée s'élevait d'une limousine en feu tandis que la parade du 45e président américain était en branle, quelques rues plus loin.

AP, John Minchillo

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Des protestataires manifestant contre l'investiture de Donald Trump, vendredi, ont été impliqués dans des affrontements avec la police, qui a eu recours à du gaz poivré et à des grenades assourdissantes.

AFP, Jewel Samad

Visages masqués par un foulard noir, encapuchonnés ou portant des masques à gaz, entre 500 et 1000 personnes ont brisé des vitrines et caillassé la police en tenue antiémeute sur K Street, une artère située à quelques encablures de la Maison-Blanche.

Les quelque 200 policiers ont tenté de les disperser en tirant plusieurs dizaines de grenades lacrymogènes et usant de gaz lacrymogène. En soirée, les autorités faisaient mention de 217 arrestations dans la capitale.

«Quatre ans à se battre», pouvait-on lire sur la pancarte brandie par une manifestante masquée, en référence au mandat à venir de Donald Trump, devenu quelques heures plus tôt le 45e président des États-Unis.

Nombre de manifestants visaient directement Donald Trump, mais une minorité non négligeable semblait s'être agrégée au mouvement tout en ayant d'autres revendications, notamment pour les droits des minorités.

À l'instar de Raven Devanney, femme de 19 ans qui reprend son souffle sous un abribus tagué de l'inscription «Nous le peuple», après une charge de la police.

«Je suis là pour soutenir les droits des femmes, des musulmans, des personnes de couleur, des immigrants, des homosexuels. Bref, pour conserver tout ce pour quoi on s'est battus cette dernière décennie», assure-t-elle, flanquée d'une casquette «Rendre l'Amérique de nouveau gaie», jeu de mots sur le slogan de Donald Trump «Rendre à l'Amérique sa grandeur».

«J'ai peur que Trump ne renverse tout un tas de droits que nous avons acquis», ajoute cette étudiante venue de Boston en réajustant son foulard sur son nez, tout en déplorant les violences du jour.

Plus tôt, des affrontements moins violents avaient opposé la police et plusieurs centaines de jeunes manifestants, portant pour nombre d'entre eux foulards noirs caractéristiques du groupe Black Block, un mouvement radical et souvent violent.

Des vitrines avaient déjà été brisées et des voitures endommagées.

«Les dégâts matériels ne me dérangent pas», a expliqué sur place Scout Holiday, 21 ans, une étudiante à l'université du Michigan. «C'est ce qui arrive quand les gens sont en colère, et il y a beaucoup de raisons d'être en colère aujourd'hui.»

Honte

Le reste des marches et rassemblements qui ont émaillé la journée d'investiture présidentielle à Washington se sont déroulés dans le calme, si ce n'est quelques invectives verbales entre partisans des deux camps.

Sammy Lett, venu en bus du Wisconsin et emmitouflé dans un grand drapeau arc-en-ciel de la communauté homosexuelle, a ainsi résumé les raisons de sa présence dans la capitale : «Tous ceux qui ne sont pas des hommes blancs hétérosexuels ont des raisons d'être inquiets.»

Non loin de Pennsylvania avenue, la grande avenue reliant la Maison-Blanche au Congrès, des anti-Trump bloquaient le passage aux pro-Trump venus applaudir leur champion.

«Honte, honte», criaient les premiers au passage des partisans du nouveau président, pour la plupart coiffés de casquettes ou de bonnets aux couleurs de la campagne Trump.

Daniel, 19 ans, est, lui, venu de New York protester contre «l'oligarchie» et «pousser le spectre politique américain vers la gauche», a-t-il expliqué, arborant des autocollants en faveur de Bernie Sanders, le rival malheureux d'Hillary Clinton à la primaire démocrate.

Les bikers roulent pour Trump

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Plusieurs dizaines de motards portant les traditionnels blousons en cuir bardés d'écussons et jambières, se sont réunis dans un parc près du National Mall, tout près de l'endroit où le nouveau président a prêté serment.

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Fervents partisans de Donald Trump, plusieurs groupes de bikers américains sont descendus vendredi à Washington avec la promesse de protéger l'investiture du nouveau président des perturbateurs par un « mur de viande », en faisant le coup de poing si nécessaire.

AP

Plusieurs dizaines de motards portant les traditionnels blousons en cuir bardés d'écussons et jambières, se sont réunis dans un parc près du National Mall, tout près de l'endroit où le nouveau président a prêté serment.

Fervents partisans de Donald Trump, plusieurs groupes de bikers américains sont descendus vendredi à Washington avec la promesse de protéger l'investiture du nouveau président des perturbateurs par un «mur de viande», en faisant le coup de poing si nécessaire.

Plusieurs dizaines de motards portant les traditionnels blousons en cuir bardés d'écussons et jambières, se sont réunis dans un parc près du National Mall, tout près de l'endroit où le nouveau président a prêté serment, pour un concert de musique country, à l'appel du collectif « Bikers for Trump ». Les motos, interdites de circulation dans une grande partie de la ville bouclée pour la cérémonie, sont restées au garage.

«Nous sommes là pour dire que les voyous ne seront pas tolérés», a prévenu Jack Oxindine, originaire de Charlotte, en Caroline du Nord, comparant les manifestants anti-Trump à des «meutes de loups» qui «attaquent en groupe».

Des militants de Black Lives Matter, le groupe de défense des Noirs contre les abus policiers, honnis des Bikers, ont manifesté à quelques dizaines de mètres, sans incident notable, même si quelques rixes sans gravité entre des bikers et des manifestants anti-Trump ont circulé sur les réseaux sociaux.

Anthony Fratianne, 40 ans, qui a conduit sa Harley sur près de 900 km depuis Portland dans le Maine, voit en Donald Trump un rempart contre «l'islam radical». Et assure vouloir protéger également la «Marche des femmes», organisée samedi à Washington par des opposants au nouveau président, «même si nous ne sommes pas d'accord avec eux».

La lune de miel entre le milliardaire de New York et les bikers qui se définissent volontiers comme le «groupe de gens le plus patriotique d'Amérique» remonte à la campagne présidentielle, pendant laquelle les motards se réunissaient en nombre pendant ses rassemblements.

Jeudi, Donald Trump s'était félicité d'avoir vu des photos de «milliers de bikers» en route pour Washington. «Les ''Bikers for Trump'' sont en route. Jeudi, vendredi et samedi vont être formidables», s'est exclamé le nouveau président, s'exprimant lors d'un concert jeudi soir au Lincoln Memorial.

Donald «Trump défend les valeurs traditionnelles de l'Amérique profonde qui ont longtemps été dénigrées», a expliqué à l'AFP Chris Pangalos, un ancien Marine à la carrure imposante. «Cela parle aux bikers» a t-il assuré, relevant que «pour la première fois les bikers ont représenté un groupe électoral».

«Il est temps d'avoir un homme d'affaires à la Maison-Blanche», ajoute Jack Oxindine, convaincu que Trump va apporter les valeurs du secteur privé dans une capitale fédérale «dominée par les politiciens».

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