Attentat déjoué en Autriche

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«Nos forces de police sont rapidement parvenues à arrêter un suspect, empêchant ainsi un probable attentat terroriste à Vienne», a déclaré le ministre de l'Intérieur Wolgang Sobotka (au centre) lors d'une conférence de presse.

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Sophie Makris
Agence France-Presse
Vienne

Un attentat imminent a été évité à Vienne grâce à l'arrestation vendredi d'un Autrichien de 18 ans soupçonné de radicalisation islamiste, ont annoncé les autorités autrichiennes qui enquêtent sur le profil du suspect.

«Nos forces de police sont rapidement parvenues à arrêter un suspect, empêchant ainsi un probable attentat terroriste à Vienne», a déclaré le ministre de l'Intérieur Wolgang Sobotka lors d'une conférence de presse.

Les forces spéciales ont arrêté en début de soirée dans la capitale «un Autrichien de 18 ans issu de l'immigration», a-t-il ajouté, précisant plus tard à la télévision publique que l'homme est d'origine albanaise.

L'enquête cherche notamment à déterminer ses liens avec la mouvance de «l'islamisme radical», a ajouté le ministre, évoquant «plusieurs indices» laissant supposer une radicalisation et des «contacts» dans ce milieu.

Le ministre a suggéré que le suspect «n'était peut-être pas seul, mais qu'un réseau plus large pourrait être derrière lui».

Interrogé sur l'éventualité d'un attentat à l'explosif, M. Sobotka a indiqué «qu'il en avait été question dans les renseignements» communiqués aux autorités autrichiennes, mais que «n'importe quel moyen peut devenir une arme». Il a cité le métro viennois parmi les cibles envisagées.

«Pas un îlot sacré»

L'information «décisive» ayant conduit à l'arrestation du suspect a été transmise par «des services de renseignements étrangers».

«Les informations concernant un suspect préparant un attentat se sont intensifiées ces derniers jours», a confirmé à l'AFP une porte-parole de la police Irina Steier.

Les forces spéciales sont intervenues autour de 18h00 locales (17h00 GMT) dans un quartier du sud de Vienne, où le jeune homme était domicilié et était sous surveillance depuis quelques jours, selon M. Sobotka.

Sur son site internet, le journal Krone Zeitung a publié un document du ministère autrichien de l'Intérieur selon lequel la menace émanait d'un groupe «islamiste radical» originaire d'Albanie, sympathisant du groupe jihadiste État islamique (EI) en vue d'un attentat «entre le 15 et le 30 janvier».

Le ministère n'a pas confirmé ces informations, mais a recommandé la plus grande vigilance à la population dans les lieux publics, appelant à signaler tout événement suspect.

«Cette affaire montre que l'Autriche n'est pas un îlot sacré. Que l'Autriche, comme l'Europe, doit se préparer à des situations de terrorisme», a averti le ministre de l'Intérieur.

L'Autriche, si elle maintient un haut niveau d'alerte face au terrorisme, a été épargnée jusqu'ici par les attentats extrémistes de masse qui ont touché l'Europe depuis deux ans.

Les services de renseignement estiment cependant à environ 300 le nombre d'Autrichiens sympathisants du jihad étant partis combattre en Syrie ou en Irak ou dont le départ a été empêché par les autorités.

130 000 demandes d'asile

Plusieurs personnes ont déjà été jugées par la justice autrichienne pour incitation ou participation au jihad. Un prédicateur musulman considéré comme la figure centrale de la propagande jihadiste dans le pays avait été condamné à vingt ans de réclusion durant l'été 2016.

L'Autriche, qui a enregistré plus de 130 000 demandes d'asile depuis début 2015, a vu transiter plusieurs auteurs des attentats de Paris de novembre 2015 lors de la grande vague de migration de l'année 2015.

Dans un contexte politique marqué par une progression de l'extrême droite et un débat très vif sur l'accueil des réfugiés, la coalition gouvernementale entre sociaux-démocrates et conservateurs a renforcé les contrôles aux frontières pour endiguer cet afflux. En 2016, les demandes d'asile ont baissé de moitié à 42 000, contre un nombre record de 90 000 en 2015.

Un Algérien et un Pakistanais soupçonnés d'avoir voulu participer aux attentats de Paris avaient été arrêtés à Salzbourg dans un foyer de réfugiés en décembre 2015 et extradés vers la France. Le procès de deux de leurs complices présumés, un Marocain et un Algérien, doit reprendre le 2 février à Salzbourg.

Fin décembre, un demandeur d'asile marocain âgé de 25 ans avait été arrêté dans un petit centre d'accueil pour réfugiés à Fuschl, non loin de la frontière allemande, et placé en détention. Il est soupçonné d'avoir voulu commettre des attentats durant les fêtes de fin d'année.

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