Des chômeurs finlandais testent un revenu de base universel

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Le «revenu de base» finlandais est fixé à 560 euros mensuels (782 $).

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Agence France-Presse
Helsinki

Pour une heure de travail, Juha Järvinen devait remplir des tonnes de paperasse et son indemnité chômage était grevée. Grâce à l'allocation universelle mise au banc d'essai en Finlande, ce père de famille nombreuse espère un nouveau départ.

Prévue pour durer deux ans à partir du 1er janvier, l'expérience concerne 2000 inscrits au chômage percevant de modestes indemnités. En cas de succès, l'allocation pourrait être généralisée, mais le montant et les modalités d'octroi restent à arrêter.

Le «revenu de base» finlandais est fixé à 560 euros mensuels (782 $).

Père de six enfants, Juha Järvinen, 37 ans, touchera cette somme sans condition, en plus de ses allocations familiales (800 euros ou 1116  $) et de son salaire... s'il travaille.

Juha Järvinen est convaincu que la garantie d'un revenu minimum changera la donne. «Il y a cinq ans, mon entreprise a fait faillite et depuis, je n'attends que de m'y remettre.» Mais «les petites sommes gagnées sont décomptées» des indemnités de chômage, explique-t-il.

Cet habitant de Kurikka a fini, découragé, par refuser les petits boulots ou les emplois à durée déterminée qui lui étaient proposés. Ils ne lui rapportaient pas davantage que ses indemnités.

Sa femme, aide-soignante, a pourvu aux besoins du couple et de leurs six enfants. Pas de quoi faire d'extras dans un pays dont l'État-providence est l'un des plus généreux au monde mais où le coût de la vie est élevé.

Large consensus

Présentée comme un levier pour inciter les chômeurs à reprendre pied sur le marché du travail, l'allocation universelle fait l'objet d'un large consensus au sein de la classe politique finlandaise.

Les électeurs sont plus partagés. Ceux de gauche la plébiscitent, certains jugeant même insuffisant le montant testé. Ceux de droite y voient un risque que les bénéficiaires s'enfoncent dans l'inactivité.

Pour la Confédération syndicale des salariés SAK, le danger est de «subventionner» l'emploi sous-payé, en exonérant les entreprises d'offrir des postes à plein temps correctement rémunérés - puisque l'État pourvoit en partie aux besoins des personnes.

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