Trump attendu à Washington

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Hawk Newsome, un activiste de Black Lives Matter, organise un rasemblement devant la Trump Tower, à New York.

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Sébastien Blanc
Agence France-Presse
Washington

Des centaines de milliers d'Américains se préparent à marquer leur rejet de l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche par des manifestations dans tous les États-Unis, mais surtout en convergeant vers Washington pour un rassemblement historique.

Une minorité d'entre eux - quelques milliers - veulent croire qu'ils parviendront à perturber la cérémonie d'investiture du président élu le 20 janvier, où quelque 800 000 partisans du milliardaire sont attendus sous la haute surveillance de 28 000 membres des forces de l'ordre.

Mais le grand rendez-vous des contestataires sera le lendemain, le samedi 21, pour une «Marche des femmes» qui a, elle, été autorisée par les autorités.

Cette initiative trouve sa genèse dans un simple appel publié sur Facebook qui a fait tache d'huile. Il émane de Teresa Shook, une avocate à la retraite vivant jusque-là dans un anonymat paisible à Hawaii.

Consternée par le résultat de la présidentielle, cette grand-mère avait suggéré à ses contacts Facebook : «Et si les femmes défilaient massivement à Washington autour de l'investiture?»

Boule de neige

Ayant obtenu 40 réponses à son appel, Mme Shook était allée se coucher. À son réveil, le nombre avait bondi à 10 000. L'effet boule de neige ne faisait que commencer.

Un rassemblement pour les droits des immigrants en... (AP) - image 2.0

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Un rassemblement pour les droits des immigrants en Oregon.

AP

Sur la page consacrée à l'événement sur le réseau social, près de 190 000 personnes ont désormais annoncé leur intention de participer à la marche, 253 000 autres se disant intéressées.

Difficile de savoir combien de manifestants effectueront réellement le déplacement. Mais certains signes laissent penser à une vaste mobilisation. Notamment l'ampleur prise par l'initiative sur les réseaux sociaux avec des mots-clics comme EnLeaderWhyImarch, EnLeaderwomensmarch ou EnLeaderNotMyPresident.

Le ralliement de diverses célébrités est une autre indication. Les chanteuses Katy Perry et Cher et l'actrice Scarlett Johansson ont annoncé leur participation.

Au moins 1200 autocars ont demandé la permission de stationner au stade RFK de la capitale fédérale le 21 janvier, bien davantage que pour l'investiture, la veille.

La Marche des femmes se garde de se présenter comme un rassemblement anti-Trump : selon un communiqué, il s'agit d'un «mouvement impulsé par les femmes rassemblant des personnes de tous les sexes, âges, races, cultures et étiquettes politiques», au nom de l'«humanité partagée», la «résistance» et la «liberté».

Des manifestants protestent contre le président élu lors... (AFP) - image 3.0

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Des manifestants protestent contre le président élu lors d'une marche honorant Martin Luther King.

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Dans le détail, l'initiative est soutenue par des dizaines d'organisations progressistes dont les valeurs sont à l'antithèse de celles du vainqueur de la présidentielle.

On y trouve des défenseurs des droits civiques, des immigrés, des musulmans, des militants de l'environnement, de l'avortement, de la contraception, des drogues douces, des féministes, des pacifistes, des homosexuels, des Amérindiens, bref un mélange de citoyens inquiets.

La marche est désormais officiellement soutenue par Amnesty International et Planned Parenthood, le plus grand réseau de planification familiale du pays.

Les Noirs devraient se faire entendre, avec la présence de Black Lives Matter, une association spécialisée dans la dénonciation des abus policiers. Jugeant Black Lives Matter trop radical, certains ont exclu de participer à la Marche des femmes.

Protester en tricotant

Donald Trump peut par ailleurs s'attendre à se voir rappeler ses propos sexistes qui ont défrayé la campagne présidentielle.

Une initiative baptisée Pussyhat project fédère des adeptes du tricot et du crochet pour confectionner des chapeaux de maille rose avec des oreilles de chat pour les manifestantes.

Le terme pussy désigne en anglais l'animal domestique, ou le sexe féminin, Donald Trump ayant employé ce terme vulgaire dans une vidéo qui a choqué.

Du fait du court délai de préparation, la Marche des femmes s'est révélée être un véritable défi logistique, à la fois pour les organisateurs et les autorités de la capitale fédérale, déjà sur les dents.

Des poètes et écrivains dans une trentaine d'États d'Amérique et plusieurs villes du globe ont eux annoncé des lectures publiques en dénonciation de Trump. Dans une pétition, des centaines d'artistes et critiques d'art s'engagent eux à faire grève le 20 janvier.

Trump s'en prend à une icône des droits civiques

John Lewis, qui en est à son 16e... (Archives AFP) - image 5.0

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John Lewis, qui en est à son 16e mandat, a indiqué vendredi, qu'il n'assisterait pas à la cérémonie d'investitures de Donald Trump, qui aura lieu le 20 janvier au Capitole.

Archives AFP

Donald Trump a vivement critiqué samedi l'élu noir démocrate John Lewis, figure historique du mouvement des droits civiques, en pleine fin de semaine de commémoration de Martin Luther King.

Le milliardaire n'a visiblement pas apprécié que Lewis, un pilier du Congrès depuis trois décennies, ait annoncé qu'il n'assisterait pas à la cérémonie d'investiture du président désigné vendredi, car il ne le considère pas comme un «président légitime».

«Le parlementaire John Lewis ferait mieux de passer du temps à s'occuper d'aider sa circonscription, qui est dans un état déplorable et qui se désintègre [sans parler de la criminalité qui la gangrène] plutôt que de se plaindre à mauvais escient des résultats de l'élection. Paroles, paroles, paroles - pas d'action ni de résultats. Regrettable!» a-t-il écrit.

Le futur 45e président des États-Unis a immédiatement suscité des réactions outrées, d'abord au nom de la dignité de la fonction présidentielle, puis en raison du respect qui entoure la personnalité de John Lewis.

Héros anti-ségrégation, Lewis a participé aux marches de protestation de Selma à Montgomery, Alabama (1965), qui ont marqué la lutte des droits civiques aux États-Unis. Il a aussi été un compagnon de route du célèbre pasteur pacifiste mort assassiné.

Des internautes reprochent à M. Trump d'être monté au créneau justement au moment où les États-Unis rendent leur hommage annuel à Martin Luther King, dont le mémorial est au coeur de Washington.

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