i, ae, a, o, u... les babouins vocalisent les sons des voyelles

Les chercheurs ont mis en évidence que les... (AFP, Jose Jordan)

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Les chercheurs ont mis en évidence que les babouins étaient capables de produire des sons comparables aux cinq voyelles humaines, c'est à dire les i, ae, a, o, u.

AFP, Jose Jordan

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Agence France-Presse
Paris

i, ae, a, o, u : les babouins produisent des vocalisations, comparables aux voyelles, qui préfigurent un système de parole chez nos lointains ancêtres, selon une étude publiée mercredi dans la revue américaine PLOS One.

Le langage est l'un des grands privilèges de l'homme. Mais ses origines et son évolution n'ont pas encore été résolues de façon définitive.

Des scientifiques français ont analysé 1400 vocalisations de 15 babouins de Guinée qui vivent au centre des primates du CNRS à Rousset-sur-Arc en France. Le groupe comprenait des mâles, des femelles et leurs descendants. Leurs vocalises ont été enregistrées alors qu'ils cherchaient à communiquer entre eux.

Les chercheurs ont alors mis en évidence que nos lointains cousins étaient capables de produire des sons comparables aux cinq voyelles humaines, c'est à dire les i, ae, a, o, u.

«C'est la première fois qu'on montre cela chez un primate non humain», explique à l'AFP Joël Fagot chercheur CNRS au laboratoire de psychologie cognitive AMU et coauteur de l'étude.

Cette découverte met à mal une théorie très largement répandue qui associe la production de sons différenciés à la «descente du larynx» observée au cours de l'évolution de l'Homo sapiens.

«Pendant trente ou quarante ans, on a pensé que ces animaux (les babouins) étaient incapables de prononcer les sons de la parole», note le chercheur.

Or si le babouin chez qui le larynx est placé plus haut que chez l'homme peut produire les i, ae, a, o et le u, pourquoi pas les ancêtres de l'Homo Sapiens?

«Cela laisse entendre que la parole humaine a une très longue histoire évolutive», explique Joël Fagot. «Contrairement à ce qu'on pensait, ce n'est pas quelque chose qui a émergé avec l'homme moderne actuel, c'est certainement plus ancien», ajoute-t-il.

Bien sûr, produire des sons comparables aux voyelles n'a rien à voir avec le fait de parler. Les babouins produisent des sons qui ont les propriétés acoustiques des voyelles, pas leurs propriétés linguistiques.

Mais «les langues parlées auraient pu évoluer à partir d'anciennes compétences articulatoires déjà présentes chez notre dernier ancêtre commun Cercopithecoidae, il y a environ 25 millions d'années», précise un communiqué du CNRS.

Les chercheurs ont tout de même noté que les babouins étaient capables de combiner ces sons. Ils assemblent notamment le a et le u pour produire un «Whaou». De plus, ils utilisent différemment les vocalisations distinctes selon les situations.

L'étude regroupe des spécialistes du Gipsa-Lab (CNRS/Grenoble INP/Université Grenoble Alpes), du Laboratoire de psychologie cognitive (CNRS/AMU), du Laboratoire d'anatomie de l'Université de Montpellier, du Laboratoire parole et langage (CNRS/AMU), et du New College de l'université d'Alabama.

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