Mardi noir en Afghanistan

À Lashkar Gah, la capitale provinciale du Helmand... (AFP, Noor Mohammad)

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À Lashkar Gah, la capitale provinciale du Helmand (sud), un attentat-suicide a fait sept morts au moins parmi des responsables locaux et tribaux.

AFP, Noor Mohammad

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Usman Sharifi
Agence France-Presse
Kaboul

Une série d'attentats a fait près de 50 morts mardi et secoué trois villes afghanes dont Kaboul, frappée pour la première fois de l'année, et les capitales du Helmand et de Kandahar.

Un double attentat revendiqué par les talibans a frappé à l'heure de la sortie des bureaux des annexes du Parlement afghan à Kaboul, perpétré par un kamikaze à pied contre un minibus attendant les employés, et une voiture piégée.

Au moins «30 morts et 80 blessés» ont été dénombrés.

«Ce bilan est susceptible de s'alourdir car certains blessés sont dans un état critique», a prévenu un porte-parole, alors que les ambulances et des véhicules de pompiers se sont jusque tard activés sur le site.

Le président afghan Ashraf Ghani a condamné une «attaque barbare» contre des civils. Les talibans ont eux affirmé sur Twitter que les victimes «sont toutes des agents de renseignements». 

Les talibans ont eux affirmé sur Twitter que les victimes «sont toutes des agents de renseignements».

À Kandahar, la résidence du gouverneur a été visée par un attentat à l'explosif au moment où il recevait l'ambassadeur des Émirats Arabes Unis en Afghanistan Juma Mohammed Abdullah Al Kaabi. Les deux hommes ont été blessés dans l'attaque qui a fait une douzaine de morts et autant de blessés, a déclaré à l'AFP le chef de la police de la province Abdul Raziq.

Le porte-parole du gouverneur Samim Khpolwak, a fait état, de son côté, de 11 morts auprès de médias locaux.

«Les explosifs avaient été placés dans les canapés et ont détonné pendant le dîner» a précisé Abdul Raziq. «Certaines victimes, totalement brûlées, n'ont pu être identifiées».

Le ministère émirati des Affaires étrangères a confirmé dans un communiqué que son représentant en Afghanistan «Juma al-Kaabi et d'autres diplomates émiratis (avaient) été blessés dans une attaque terroriste contre la résidence du gouverneur de Kandahar».

L'opération n'a pas été revendiquée, mais pourrait avoir ciblé Abdul Raziq qui venait récemment de proposer la création d'une «zone de sécurité» pour accueillir les talibans et leurs familles afin de les soustraire à l'influence du Pakistan.

À Kaboul, «la première explosion s'est produite devant un minibus» qui attendait les employés. Elle a été perpétrée par un kamikaze à pied, selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Sediq Sediqqi.

Au milieu de la foule 

Un garde de sécurité du Parlement joint par l'AFP a rapporté que «le kamikaze s'est approché à pied des employés qui quittaient leur bureau et a déclenché sa charge au milieu de la foule».

Peu après, il a «remarqué une voiture suspecte garée de l'autre côté de la rue» face au Parlement : «Le temps que je crie aux passants de s'écarter, elle a explosé, me rejetant en arrière».

Il s'agissait d'un gros véhicule 4x4, totalement soufflé, a constaté un photographe de l'AFP qui a rapporté des images de dévastation : chaussée jonchée de sang et de débris, bâtiment en feu.

Un peu plus tôt, un attentat-suicide avait fait sept morts au moins parmi des responsables locaux et tribaux à Lashkar Gah, la capitale provinciale du Helmand (sud), selon le chef de la police Aqa Noor Kintoz.

Les forces de sécurité ont également désamorcé une voiture piégée à l'extérieur de la réunion.

Les talibans ont revendiqué cette action : ils sont chez eux dans le Helmand, contrôlant de vastes pans de cette province, première zone de production de l'opium en Afghanistan et l'un des premiers fournisseurs au monde.

À Kaboul, les annexes du Parlement visées mardi se trouvent juste en face de l'Université américaine, durement frappée en septembre dernier par une attaque qui avait fait au moins 16 morts officiellement et de très nombreux blessés.

Le Parlement afghan est situé sur la route de Darulaman qui conduit à l'ancien Palais royal, très fréquentée à l'heure de pointe.

Il avait déjà été la cible d'une «attaque complexe» revendiquée par les talibans en juin 2015 après l'explosion d'une voiture piégée plusieurs combattants avaient pénétré à l'intérieur du bâtiment munis de fusils d'assaut et de lance-roquettes (RPG).

Deux civils avaient été tués ainsi que sept talibans.

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