«On était tout près»

La fusillade de l'aéroport de Fort Lauderdale a... (AP, Mike Stocker)

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La fusillade de l'aéroport de Fort Lauderdale a semé la panique parmi les voyageurs. Certains ont évacué vers le tarmac, d'autres se sont cachés comme ils ont pu.

AP, Mike Stocker

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(Québec) «Sur le coup, j'ai lancé les enfants de l'autre côté du comptoir pour les protéger, puis on s'est plaqué au sol avec eux.»

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Louis-Philippe Grenier, sa conjointe et leurs enfants se sont barricadés avec d'autres voyageurs dans une petite pièce, où ils sont restés près de 45 minutes, sans savoir ce qui se passait.

Louis-Philippe Grenier

Louis-Philippe Grenier, un résident de Québec, terminait des vacances en Floride, en début d'après-midi, vendredi, prêt à embarquer dans son vol de retour vers Montréal. Entouré de sa conjointe et leurs deux jeunes enfants, il était en train d'enregistrer ses bagages au comptoir d'Air Canada, au terminal 2 de l'aéroport de Fort Lauderdale, lorsque la fusillade a commencé. 

«On était tout près du haut de l'escalier roulant, au deuxième étage, et les coups de feu avaient lieu au bas de l'escalier, juste en dessous de nous. On devait être au maximum à une centaine de pieds», explique-t-il. 

Lorsque les coups de feu ont retenti, le père de famille a été le premier à se lancer derrière le comptoir avec ses enfants et sa conjointe, rapidement rejoint par les passagers derrière lui. «Tout le monde était paniqué», relate-t-il. 

«Facilement 10 à 15 coups de feu» ont résonné avec force, à l'étage du dessous, alors qu'il était couché au sol les bras par-dessus ses enfants. «Une dame d'Air Canada a ouvert un petit bureau pour que l'on s'y réfugie. On a rampé jusque là, et dès que tous les civils qui cherchaient refuge ont été rentrés, on a fermé la porte et barricadé l'endroit avec des étagères. On a rassemblé les enfants dans une petite pièce en annexe pour les protéger.»

Une trentaine de personnes apeurées se sont entassées dans le bureau pendant qu'un peu plus bas, les shérifs de l'aéroport procédaient à l'arrestation du tireur et portaient secours aux victimes. Peu d'information sur la situation se rendait au petit groupe, qui, barricadé, ne savait pas encore s'il était hors de danger. «Ce moment-là a été vraiment intense. Avec les enfants en plus, il y a beaucoup d'adrénaline», explique Louis-Philippe Grenier. 

Au bout de 45 minutes, un employé de l'aéroport est venu les aviser qu'ils pouvaient dégager la porte et sortir de la petite pièce. Pas le droit de quitter l'aéroport, par contre. 

Deux vagues de panique

Mais peu de temps après, l'action reprenait. Réagissant à une information selon laquelle un autre tireur était possiblement en action dans le stationnement, les shérifs ont ressorti leurs mitraillettes et se sont mis à courir vers ledit stationnement, arrêtant régulièrement pour se cacher derrière des poutres, raconte le résident de Québec. 

Le mouvement a eu un effet de panique sur les personnes prisonnières de l'aéroport. Certaines se sont ruées à nouveau vers les sorties, alors que dans le terminal 2, on indiquait à tout le monde de se coucher au sol. «On est retournés se cacher derrière le comptoir du convoyeur à bagages, plaqués au sol.»

La menace semblait réellement passée vers 16h, lorsque les policiers à l'extérieur de l'aéroport se sont mis à courir et à se placer en position de tir. Encore une fois, la panique a gagné les gens à l'intérieur de l'aéroport, qui sont retournés se cacher. «Il y a vraiment eu deux vagues de panique, en plus du moment de l'attaque.»

Ce n'est finalement que vers 20h que les nombreux clients des compagnies aériennes ont été escortés par la police vers des autobus chargés de les amener au Centre des congrès de Fort Lauderdale. En soirée, les passagers qui devaient prendre un vol avec Delta plus tôt dans la journée avaient été joints par leur compagnie aérienne, mais pas les clients d'Air Canada, a déploré Louis-Philippe Grenier. 

«Les gens d'Air Canada sont partis après la fusillade et ne sont jamais revenus. On n'a pas de nouvelles depuis. Les gens avec nous doivent se trouver un endroit où coucher et ne savent pas quand ils vont être en mesure de retourner au Québec. Nous, on a de la famille en Floride qui peut nous héberger, mais c'est loin d'être le cas de tout le monde.»

«On a vécu ça d'assez proche»

Pierre Regis et ses proches, dont ses deux... (Tirée de Facebook) - image 3.0

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Pierre Regis et ses proches, dont ses deux fils qui l'entourent sur cette photo, ont vécu la tuerie de l'aéroport de Fort Lauderdale de près.

Tirée de Facebook

Le Shawiniganais Pierre Regis s'est retrouvé bien malgré lui aux premières loges de la tuerie à l'aéroport de Fort Lauderdale avec les membres de sa famille. Ils étaient en attente de leur vol de retour au Canada lorsque le tireur Esteban Santiago a ouvert le feu, causant la mort de cinq personnes. 

La famille est sortie saine et sauve de cette histoire, et ce, malgré une bonne frousse. M. Regis et ses proches se trouvaient toujours sur le tarmac de l'aéroport lorsque Le Nouvelliste s'est entretenu avec le père de famille plusieurs heures après les événements. Ce dernier ne savait d'ailleurs toujours pas quand ils allaient être en mesure de quitter l'aéroport.

«On a vécu ça d'assez proche. On pense que ça n'arrive qu'ailleurs, mais on a vu ça assez live. Les premiers coups de feu ont été tirés dans le terminal D2 et nous étions dans le terminal E2, juste à côté. Il y a environ 500 mètres entre les deux. Peut-être 20 minutes après les premiers coups de feu, c'est arrivé de notre bord. On a entendu bang! bang! et les agents de sécurité sont arrivés et nous ont indiqué de sortir rapidement. On se trouve encore dehors et on vient d'entendre une détonation car on dirait qu'ils ont fait exploser un colis suspect. On est assis sur des chariots qui servent à transporter les bagages et par terre. On nous apporte de l'eau, mais on ne sait pas grand-chose», racontait-il.

Comme si se retrouver dans une telle situation n'était pas assez stressant, M. Regis et sa conjointe ont perdu de vue leur fils aîné, âgé de 10 ans, pendant une trentaine de minutes lorsque tous les voyageurs qui se trouvaient à l'intérieur du terminal E2 ont suivi les instructions des agents de sécurité et se sont précipités à l'extérieur. Tous les membres de la famille Regis ont heureusement été réunis après plusieurs longues minutes d'angoisse. Le Nouvelliste

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