Le piratage «n'a pas eu d'impact» sur l'élection, affirme Trump

Donald Trump quitte sa tour de New York,... (AFP, Timothy A. Clary)

Agrandir

Donald Trump quitte sa tour de New York, vendredi.

AFP, Timothy A. Clary

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
New York

Le président désigné Donald Trump a admis vendredi des piratages contre le Parti démocrate, à l'issue d'une rencontre avec les chefs du renseignement américain, mais il n'est pas allé jusqu'à endosser leur thèse d'une ingérence russe à son profit dans l'élection du 8 novembre.

Le bras de fer public entre le prochain président des États-Unis et les services sur lesquels il aura l'autorité dans deux semaines se poursuit, avec la déclassification vendredi d'un rapport expurgé de 25 pages étayant cette thèse de la main de Moscou dans le scrutin.

«Le président russe Vladimir Poutine a ordonné une campagne d'influence» visant à favoriser l'élection de Donald Trump et à discréditer la campagne électorale d'Hillary Clinton, conclut le renseignement dans ce document, élaboré à la demande de Barack Obama et sur la base d'informations recueillies par le FBI, la CIA et la NSA.

Le but de la campagne russe était de «dénigrer Mme Clinton, et de nuire à sa capacité à être élue et à sa présidence potentielle», conclut le rapport.

Moscou «appliquera les leçons apprises» dans cette campagne pour influencer les élections dans d'autres pays, avertit également le rapport.

Des courriels piratés du Parti démocrate et d'un proche d'Hillary Clinton ont été diffusés sur Internet, notamment par WikiLeaks avant l'élection, déstabilisant la candidate.

Le document rendu public vendredi est amputé de ses informations les plus sensibles, mais Donald Trump a pu prendre connaissance de la version complète lors de sa réunion avec les chefs espions du pays.

Un pays parmi d'autres

Dans son communiqué publié à l'issue de cette réunion, le républicain ne s'est toujours pas rangé à l'avis de l'administration sortante. Il a reconnu que les États-Unis, dont le Parti démocrate, étaient la cible continue de tentatives d'incursions informatiques. Mais s'il a cité la Russie comme l'un des pirates présumés, ce n'était que parmi une liste des malfaiteurs incluant aussi «la Chine, d'autres pays, des groupes et individus extérieurs».

«Il n'y a eu absolument aucun impact sur le résultat de l'élection», a-t-il insisté, semblant en outre reprocher aux démocrates les vulnérabilités de leurs systèmes informatiques. «Il y a eu des tentatives de pirater le Parti républicain, mais le parti avait mis en place des défenses fortes contre le piratage, et les pirates ont échoué.»

Exprimant l'avis de nombreux élus républicains, Paul Ryan, président de la Chambre des représentants, s'est saisi du rapport pour accuser la Russie d'avoir «à l'évidence essayé de s'ingérer dans notre système politique». Mais il a souligné l'absence de preuves de manipulation des systèmes électoraux eux-mêmes.

«Nous ne pouvons pas laisser des esprits partisans exploiter ce rapport pour délégitimer la victoire du président élu», a dit Paul Ryan.

«La Chine, assez récemment, a piraté 20 millions de noms de l'administration», a encore dit le milliardaire au New York Times dans une entrevue vendredi matin. «Pourquoi personne n'en parle? C'est une chasse aux sorcières politique.»

Dans une volonté apparente de calmer le jeu, le président élu a toutefois qualifié de «constructive» sa rencontre avec James Comey, directeur du FBI, John Brennan (CIA), l'amiral Michael Rogers (NSA), ainsi que le directeur du renseignement, James Clapper.

«J'ai beaucoup de respect pour le travail des hommes et des femmes» du renseignement, a-t-il écrit.

Schwarzenegger écorché à son tour

Après s'en être pris au New York Times, au Vanity Fair, à Saturday Night Live ou à la chaîne CNN, Donald Trump continue à régler ses comptes publiquement.

Vendredi, le président désigné s'est moqué d'Arnold Schwarzenegger pour avoir attiré beaucoup moins de monde que lui lors de ses débuts à Celebrity Apprentice, l'émission de téléréalité pilotée jusqu'en 2015 par le président désigné.

«Wow, les chiffres sont tombés et Arnold Schwarzenegger a été ''submergé'' [ou détruit] en comparaison de la machine à audimat, DJT», a réagi sur Twitter le milliardaire, en finissant par ses initiales. «On s'en fiche», a-t-il écrit dans un second message, «il a soutenu [John] Kasich & [Hillary] Clinton».

Les audiences de l'émission ont plongé de 21 % en comparaison du premier épisode de la 14e saison, la dernière de Donald Trump.

L'écart d'audience est passé quasiment inaperçu, avant que le président désigné ne choisisse de le relever. Au passage, Trump élu a critiqué le personnage central d'une émission dont il est pourtant encore le producteur délégué, quitte à menacer ses propres intérêts économiques. 

Trump demande un financement au Congrès pour le mur

Le président élu des États-Unis Donald Trump a reconnu vendredi que le Congrès devrait avancer l'argent pour la construction du mur anti-immigré à la frontière avec le Mexique, pour concrétiser au plus vite l'une de ses principales promesses électorales.

« Les médias malhonnêtes ne disent pas que l'argent dépensé pour la construction du Grand Mur (pour le faire plus vite), sera remboursé plus tard par le Mexique ! », a affirmé M. Trump, sur Twitter.

La chaîne CNN avait révélé jeudi que l'équipe de transition du président élu avait approché les responsables républicains pour pouvoir financer le mur avec l'argent public si possible dès le mois d'avril.

La promesse de Donald Trump de construire l'« énorme, puissant et beau mur » sur la frontière sud des États-Unis, longue de plus de 3000 kilomètres, lui a valu à chaque fois un soutien enthousiaste et vocal pendant ses réunions électorales. « Qui va payer ? » lançait le candidat, et la foule s'égosillait à chaque fois : « le Mexique ».

Le coût du projet n'est pas établi, mais devrait s'élever à plusieurs milliards de dollars.

Pour aller au plus vite, les responsables républicains, qui contrôlent les deux chambres du Congrès et l'équipe de transition de M. Trump comptent s'appuyer sur une loi promulguée en 2006 par le président George W. Bush, autorisant la construction « d'une barrière physique » sur la frontière avec le Mexique.

Jamais mise en oeuvre, cette législation n'était pas non plus limitée dans le temps et peut donc servir de base légale à la construction à condition de trouver de l'argent frais.

Les républicains estiment que la marge de manoeuvre de l'opposition démocrate est limitée sur ce sujet qui rencontre l'adhésion d'une partie de la population. Qui plus est, tout blocage du financement du mur - que les républicains comptent introduire dès la fin avril dans le cadre d'un paquet budgétaire - pourrait forcer les démocrates à provoquer une paralysie du gouvernement, qui pourrait s'avérer politiquement coûteuse.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer