Le suspect de l'attaque d'Istanbul en fuite: 39 morts et 70 blessés

  • Le bar Reina, où a eu lieu l'attaque faisant 39 morts à Istanbul. (AFP, Ozan Kose)

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    Le bar Reina, où a eu lieu l'attaque faisant 39 morts à Istanbul.

    AFP, Ozan Kose

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  • Des jeunes quittent le bar où un homme, apparemment déguisé en père Noël, a ouvert le feu pendant les célébrations du Nouvel An. (AP, Halit Onur Sandal)

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    Des jeunes quittent le bar où un homme, apparemment déguisé en père Noël, a ouvert le feu pendant les célébrations du Nouvel An.

    AP, Halit Onur Sandal

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  • De 700 à 800 personnes se trouvaient dans la discothèque au moment des événements. (AP)

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    De 700 à 800 personnes se trouvaient dans la discothèque au moment des événements.

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  • De 700 à 800 personnes se trouvaient dans la discothèque au moment des événements. (AP)

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    De 700 à 800 personnes se trouvaient dans la discothèque au moment des événements.

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  • L'attaque a aussi fait 65 blessés, dont quatre grièvement atteints. (AP)

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    L'attaque a aussi fait 65 blessés, dont quatre grièvement atteints.

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  • Plusieurs personnes présentes à l'intérieur du Reina (haut de la photo) ont plongé dans les eaux glacées du Bosphore pour échapper à la mort, selon les médias turcs. (AP, Emrah Gurel)

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    Plusieurs personnes présentes à l'intérieur du Reina (haut de la photo) ont plongé dans les eaux glacées du Bosphore pour échapper à la mort, selon les médias turcs.

    AP, Emrah Gurel

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  • Des proches de la victime Ayhan Arik pleurent sa mort. (AFP, Ozan Kose)

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    Des proches de la victime Ayhan Arik pleurent sa mort.

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  • Des proches de la victime Ayhan Arik pleurent sa mort. (AFP, Ozan Kose)

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    Des proches de la victime Ayhan Arik pleurent sa mort.

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  • Des gens sont venus déposer des fleurs devant le bar Reina au lendemain des tragiques événements. (AP, Emrah Gurel)

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    Des gens sont venus déposer des fleurs devant le bar Reina au lendemain des tragiques événements.

    AP, Emrah Gurel

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Ezzedine Said
Agence France-Presse
Istanbul

Une chasse à l'homme était en cours dimanche à Istanbul pour retrouver l'homme qui a tué 39 personnes, dont 15 étrangers, en ouvrant le feu dans une boîte de nuit pendant la célébration du Nouvel An à Istanbul.

L'assaillant, déguisé en père Noël, selon des médias turcs, a semé la mort dans la discothèque branchée Reina, située sur la rive du Bosphore.

«Les recherches pour retrouver le terroriste sont toujours en cours. J'espère qu'il va être rapidement capturé», a indiqué dimanche matin le ministre turc de l'Intérieur, Süleyman Soylu, parlant d'une «attaque terroriste».

Selon lui, les premiers éléments de l'enquête ont révélé que l'assaillant avait dissimulé le fusil qu'il a utilisé pour perpétrer le carnage sous un manteau, et aurait quitté les lieux en portant des habits différents.

Vingt des 39 victimes ont d'ores et déjà été identifiées, et parmi elles figurent 15 étrangers et cinq Turcs, a précisé le ministre.

L'attaque a aussi fait 65 blessés, dont quatre grièvement atteints, a-t-il indiqué.

Les nationalités des victimes étrangères n'ont pas été précisées dans l'immédiat par les autorités turques.

Mais la Belgique a annoncé qu'au moins un ressortissant belge aurait été tué dans l'attaque, et Paris a fait état de trois Français blessés.

Israël a aussi affirmé qu'une des ses ressortissantes a été blessée et qu'une deuxième était portée disparue.

L'assaillant a ouvert le feu sur la foule à 1h15 (heure locale) dimanche dans la discothèque où 700 à 800 personnes fêtaient le passage à l'année 2017. Nombre d'entre elles ont plongé dans les eaux glacées du Bosphore pour échapper à la mort, selon les médias turcs.

Le président Recep Tayyip Erdogan a affirmé dimanche que cet attentat visait à «détruire le moral du pays et semer le chaos» .

«Sauvage et impitoyable»

«Cela ne fait aucune différence qu'un tel massacre inhumain vise un marché, un lieu de divertissement ou un lieu de culte», a pour sa part réagi Mehmet Gormez, le chef de Diyanet, la principale autorité religieuse musulmane de Turquie.

Le tireur a abattu un policier et un civil qui se trouvaient devant cette boîte de nuit prisée des touristes étrangers, avant de s'engouffrer à l'intérieur et de commettre un carnage, a précisé le gouverneur de la ville, Vasip Sahin.

«D'une façon sauvage et impitoyable, il a mitraillé des personnes qui étaient simplement venues célébrer le Nouvel An», a déclaré le gouverneur.

Les autorités avaient annoncé avoir déployé 17 000 policiers dans Istanbul afin d'encadrer les festivités du Nouvel An. Elles avaient par ailleurs précisé que des policiers seraient déguisés en père Noël pour détecter la moindre anomalie au sein des foules.

«Nous étions venus pour passer un bon moment aujourd'hui, mais tout s'est soudain transformé en chaos et en nuit d'horreur», a raconté à l'AFP Maximilien, un touriste italien.

«Quand j'avançais, des gens piétinaient d'autres gens», confie Sefa Boydas, un footballeur professionnel qui se trouvait dans la boîte de nuit, en décrivant la panique qui s'est emparée de la foule.

Le Reina est situé à quelques centaines de mètres de l'endroit où avaient lieu les célébrations officielles du Nouvel An, au bord du Bosphore.

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent un homme débouler devant l'entrée de la discothèque en tirant, semant la panique parmi les personnes rassemblées.

«Crime cynique»

La Maison-Blanche a condamné une «horrible» attaque. «De telles atrocités perpétrées sur des innocents venus pour la plupart célébrer le Nouvel An soulignent la sauvagerie des assaillants», a déclaré Ned Price, porte-parole du Conseil de sécurité nationale.

«Il est difficile d'imaginer crime plus cynique que de tuer des civils pendant la célébration du Nouvel An. Nous avons tous le devoir de combattre avec détermination les agressions terroristes», a affirmé le président russe, Vladimir Poutine, dans un message de condoléances à M. Erdogan.

Le président français, François Hollande, a condamné cet attentat «avec force et indignation»

La Turquie a été la cible de nombreuses attaques qui ont notamment ensanglanté Ankara et Istanbul, où il y a à peine trois semaines, un attentat revendiqué par un groupe radical kurde a fait 45 morts, dont une majorité de policiers.

Membre de la coalition internationale qui combat l'EI en Syrie et en Irak, la Turquie a déclenché en août une offensive dans le nord de la Syrie pour repousser les djihadistes vers le sud.

En réaction à ces opérations militaires, l'EI a à plusieurs reprises menacé d'attentats la Turquie, qui a imputé au groupe djihadiste la responsabilité de plusieurs attaques meurtrières commises sur son territoire en 2016.

L'angoisse des proches

Il crie, dit qu'il doit passer, qu'il connaît quelqu'un à l'intérieur de la discothèque Reina, au coeur d'Istanbul, où un tireur vient de commettre un carnage. Un policier lui passe un bras autour des épaules, le prend contre lui. L'homme fond en larmes.

Comme des dizaines d'autres, cet homme s'est précipité à Ortaköy, quartier huppé de la rive européenne d'Istanbul, en apprenant que la très sélecte boîte de nuit Reina a été visée par une attaque.

Très vite, policiers et badauds l'emmènent à l'écart des journalistes. Il s'effondre, pleure, hurle. Un groupe d'hommes tente de le rassurer, l'un d'eux lui passe sa veste autour des épaules pour le protéger du froid de la nuit.

Des dizaines de journalistes locaux et étrangers se tassent près du cordon policier. Parmi eux, les proches de personnes présentes lors de l'attentat, les traits tirés.

Une femme, la cinquantaine, un châle posé sur ses épaules, lance des regards autour d'elle, s'approche des différents groupes ici et là pour essayer de glaner quelques informations.

«Ma soeur était à l'intérieur», lance-t-elle, sans arrêter de faire les 100 pas. «J'ai reçu un appel, elle m'a dit qu'il y avait des coups de feu et c'est tout. Je n'arrive pas à la joindre depuis.»

«Ne pleure pas»

Les dizaines d'ambulances garées à côté passent peu à peu le cordon de sécurité pour se rendre vers la boîte de nuit.

Une femme, la trentaine, vêtue d'un long manteau rouge avec un grand sac à son bras, se tient immobile. «Mon grand frère est dedans. J'ai eu des nouvelles, Dieu merci, il va bien. Je l'attends maintenant», soupire-t-elle.

Des ambulances ressortent, se fraient un chemin parmi les journalistes et les badauds.

Peu à peu, le nombre d'ambulances stationnées devant le cordon de sécurité diminue, jusqu'à ce qu'un policier affirme qu'il n'y a plus personne à l'intérieur de la Reina.

La femme au manteau rouge repart à grands pas, répétant au téléphone: «Ne pleure pas, ne pleure pas, on arrive.»

Trois jeunes hommes se tiennent là, chahutent bruyamment. «C'est de ta faute si on est venu», s'agace l'un d'eux en regardant un deuxième. «On était à une soirée de Nouvel An un peu plus loin, mais ils y ont mis fin plus tôt que prévu à cause de ça», raconte-t-il. «Maintenant on attend.» Attendre quoi? «De savoir ce qu'il se passe», répond-il en haussant les épaules.

À 500 mètres de là, de la musique résonne encore à Ortaköy, s'échappant des fenêtres des bars et boîtes de nuit où les gens continuent de célébrer l'arrivée de la nouvelle année.

Précédents attentats dans des lieux de divertissement

L'attaque du Nouvel An ayant fait 39 morts vient allonger la liste des attentats contre des lieux de divertissements, dont voici les précédents les plus spectaculaires:

12 juin 2016: À Orlando, en Floride, un Américain d'origine afghane tue 49 personnes dans une discothèque gaie. L'organisation djihadiste État islamique (EI) revendique le massacre.

13 novembre 2015: 130 morts à Paris et près du Stade de France lors d'attaques revendiquées par l'EI dans la salle de concert du Bataclan ainsi qu'aux terrasses de plusieurs bars et restaurants au coeur de la capitale française.

5 juillet 2003: 18 morts dans un double attentat-suicide à Moscou lors d'un concert de rock sur un aérodrome, perpétré par deux femmes kamikazes et attribué aux rebelles indépendantistes tchétchènes.

12 octobre 2002: 202 morts, majoritairement des touristes, dans un double attentat à Bali, en Indonésie, visant un bar-restaurant et une discothèque. L'attaque est menée par un commando de la Jamaah Islamiyah, liée à Al-Qaïda.

Du 23 au 26 octobre 2002: Au théâtre de la Doubrovka, à Moscou, un commando indépendantiste tchétchène prend plus de 800 personnes en otages durant 57 heures. L'assaut des forces russes fait 130 morts, la quasi-totalité asphyxiés par le gaz utilisé dans l'opération. Sur 41 membres du commando suicide, 19 étaient des femmes portant des voiles islamiques et des ceintures d'explosifs.

7 mai 2002: 16 Israéliens tués, en plus du kamikaze, dans un club de billard de Rishon-le-Tzion, au sud de Tel-Aviv. L'attentat est revendiqué par la branche armée du mouvement islamiste Hamas.

1er juin 2001: 21 morts, en grande majorité des adolescents, dans un attentat-suicide à l'entrée du Dolphinarium, une discothèque de Tel-Aviv, en Israël. Revendiqué par les Brigades Ezzedine Al-Qassam, branche armée du Hamas.

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