Un cessez-le-feu en Syrie avant des négos de paix

Le président Vladimir Poutine discute avec le ministre... (AFP, Michael Klimentyev)

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Le président Vladimir Poutine discute avec le ministre de la Défense Sergei Shoigu (droite) et le ministre des Affaires étrangères Sergei Lavrov (gauche) lors d'une réunion au Kremlin, jeudi, à Moscou.

AFP, Michael Klimentyev

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Layal Abou Rahal, Karim Talbi
Associated Press

Un cessez-le-feu global en Syrie entre régime et rebelles est entré en vigueur jeudi à minuit (heure locale) avant l'ouverture de négociations de paix, en vertu d'un accord conclu sous l'égide de la Russie et de la Turquie, sans les États-Unis.

L'accord, qui n'implique pas ceux que les parties désignent comme «terroristes», tel le groupe État islamique, avait été annoncé dans la journée par le président russe Vladimir Poutine et confirmé par l'armée syrienne et la Coalition nationale syrienne (CNS), principale composante de l'opposition en exil.

Deux heures après le cessez-le-feu, des accrochages ont été signalés dans la province de Hama. «Le cessez-le-feu est respecté dans la plupart des régions de Syrie [...], mais des factions islamistes ont attaqué des positions du régime près de la ville chrétienne de Mahrada», a indiqué à l'AFP Abdel Rahman, chef de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Selon lui, «des petits groupes rebelles et des forces loyalistes cherchent à détruire la trêve».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays soutient les rebelles, a qualifié cet accord d'«opportunité historique» pour mettre fin à la guerre qui ravage la Syrie depuis 2011.

Cette guerre, qualifiée de «cancer à l'échelle mondiale» par le futur patron de l'ONU Antonio Guterres, a fait plus de 310 000 morts et des millions de réfugiés.

Le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem a lui aussi estimé que le cessez-le-feu offrait une «véritable opportunité» pour trouver «une solution politique» au conflit.

L'annonce de trêve intervient une semaine après la reprise totale de la ville d'Alep par le régime du président Bachar Al-Assad, sa plus importante victoire depuis 2011, obtenue avec le soutien de ses alliés indéfectibles, Iran et Russie.

États-Unis exclus

Après plusieurs rencontres en Turquie entre émissaires russes et représentants rebelles soutenus par Ankara, Vladimir Poutine a annoncé l'entrée en vigueur d'une trêve.

«Trois documents ont été signés: un premier entre le gouvernement et l'opposition armée sur un cessez-le-feu sur l'ensemble du territoire syrien», et le deuxième sur des mesures visant à contrôler le respect de la trêve, a indiqué M. Poutine.

«Le troisième est une déclaration sur la volonté [des parties en conflit] de lancer des négociations de paix», a-t-il poursuivi.

Selon la Russie, le cessez-le-feu a été approuvé par «les principales forces» de la rébellion. Au total, sept groupes rebelles, dont le puissant Ahrar Al-Cham, ont signé.

Depuis le début de la guerre en mars 2011, plusieurs cessez-le-feu négociés par Washington et Moscou ont rapidement volé en éclats.

Les États-Unis, jusque-là en désaccord continu avec la Russie sur le conflit syrien et qui attendent l'arrivée prochaine à la Maison-Blanche de Donald Trump, ont été écartés de ces négociations. Ils ont malgré tout salué «une évolution positive».

En revanche, c'est la première fois que la Turquie parraine pareil accord. Selon le Kremlin, M. Poutine et son homologue turc «se sont dits satisfaits des accords obtenus», lors d'un entretien téléphonique.

Ils «se sont prononcés pour un renforcement de la coopération antiterroriste» et ont également «souligné l'importance des efforts en cours pour organiser des négociations à Astana», la capitale du Kazakhstan.

Pourparlers à Astana

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a précisé que ces discussions devraient avoir lieu probablement en janvier.

«Nous commençons avec les Turcs et les Iraniens à préparer la rencontre d'Astana», a-t-il dit sans préciser quels groupes de l'opposition y participeraient en face d'émissaires du régime, sous le patronage de la Russie, de la Turquie et de l'Iran.

Dans un entretien téléphonique, M. Poutine et M. Assad ont estimé que le lancement des négociations à Astana «serait un pas important vers le règlement définitif de la crise», selon le Kremlin.

Le Haut comité des négociations (HCN), regroupant une grande partie de l'opposition syrienne, devrait participer aux prochaines négociations, a indiqué depuis Ankara Oussama Abou Zeid, conseiller juridique auprès des rebelles dits «modérés» alliés à la Coalition nationale syrienne.

La réunion d'Astana précèdera des négociations intersyriennes qui doivent être organisées par l'ONU le 8 février à Genève. Astana n'est pas «une alternative à Genève», selon le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, mais «une étape complémentaire».

Pour sa part, l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a espéré que le nouveau cessez-le-feu «faciliterait l'apport d'aide humanitaire» dans le pays, et aboutirait à «des entretiens productifs à Astana».

La coopération russo-turque sur le dossier syrien a repris en juin après des mois de crise. Elle a accouché mi-décembre d'un cessez-le-feu à Alep qui a permis l'évacuation de civils et des rebelles des derniers quartiers insurgés dans cette cité.

Après l'annonce du nouvel accord de trêve, l'agence de presse turque Dogan a fait état de raids par l'aviation russe à Al-Bab, bastion de l'EI en Syrie que des rebelles syriens appuyés par Ankara tentent de prendre.

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