Le suspect de l'attentat de Berlin abattu à Milan

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L'auteur présumé de l'attentat au camion-bélier de Berlin a été tué à Milan dans la nuit de jeudi à vendredi au cours d'un contrôle de police.

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Catherine Marciano, Antoine Lambroschini
Agence France-Presse

L'auteur présumé de l'attentat au camion-bélier de Berlin a été tué dans la nuit de jeudi à vendredi au cours d'un contrôle de police «par hasard» à Milan, dans le nord de l'Italie, après quatre jours de chasse à l'homme à travers l'Europe.

Anis Amri, un Tunisien de 24 ans, accusé d'avoir tué douze personnes et d'en avoir blessé des dizaines d'autres sur un marché de Noël berlinois lundi, avait fait allégeance au groupe État Islamique, selon une vidéo diffusée vendredi par son agence de propagande.

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Anis Amri, un Tunisien de 24 ans, avait fait allégeance au groupe État Islamique, selon une vidéo diffusée vendredi par son agence de propagande.

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Le jeune homme, récemment arrivé en train d'après la police, avait été repéré devant la gare milanaise de Sesto San Giovanni par une patrouille de police qui l'a arrêté pour un contrôle d'identité, a raconté le ministre italien de l'Intérieur, Marco Minniti.

Cette gare, terminus d'une ligne de métro, est un lieu de passage et de trafics où les contrôles sont très fréquents, ont dit des riverains à l'AFP.

Anis Amri semble tranquille quand les policiers lui demandent d'ouvrir son sac à dos. Brusquement, il en sort un pistolet et tire sur le chef de patrouille, Christian Movio, 36 ans, le blessant à l'épaule.

Ce dernier tire une fois vers le suspect, qui se cache derrière une voiture. Luca Scatà, 29 ans, un jeune policier d'origine sicilienne encore en formation, fait alors le tour de la voiture et touche mortellement le jeune Tunisien.

Selon la police, Anis Amri, qui a purgé quatre ans de prison en Sicile pour avoir incendié une école en 2011, a crié «Bâtards de policiers».

L'Allemagne «soulagée»

«Cela semble absurde qu'un terroriste de ce type ait été trouvé par hasard au cours d'un banal contrôle, mais c'est la réalité», a assuré le préfet de police de Milan, Antonio de Iesu.

Il «avait très peu d'effets personnels sur lui, aucun papier, c'était un fantôme» : le pistolet, un petit couteau, quelques centaines d'euros, pas de téléphone... Mais l'analyse des empreintes digitales ne laisse «pas l'ombre d'un doute» sur son identité.

Dans son sac, les enquêteurs ont aussi découvert un billet de train montrant qu'il avait emprunté ce mode de transport pour se rendre de Chambéry, dans les Alpes françaises, à Turin avant d'arriver ce soir-là à Milan, selon des médias allemands. La police italienne a simplement confirmé qu'il était arrivé de France en train.

À Berlin, le gouvernement s'est dit «soulagé». La police allemande avait recherché le suspect en vain pendant plusieurs jours, multipliant les perquisitions.

La chancelière Angela Merkel a estimé que le danger «immédiat» était écarté, mais que la menace terroriste restait présente, «comme depuis plusieurs années».

La justice allemande avait délivré jeudi un mandat d'arrêt contre ce demandeur d'asile tunisien débouté, dans le sillage d'un avis de recherche européen.

Ses empreintes avaient été retrouvées sur le poids lourd berlinois et dans un document d'identité à l'intérieur.

«Échec systémique»

En Allemagne, la polémique enfle sur les conséquences à tirer de l'attentat berlinois, qui a mis en évidence des dysfonctionnements inquiétants de l'administration et de la surveillance policière à tous les niveaux.

Anis Amri était depuis longtemps connu pour sa radicalisation islamiste et sa dangerosité et n'a pourtant jamais été ni interpellé, ni expulsé bien que sa demande d'asile ait été rejetée en juin 2016.

Et le jeune Tunisien n'a à aucun moment réellement été inquiété alors qu'il faisait l'objet d'une enquête judiciaire pour soupçon de préparation d'attentat. Il a circulé en Allemagne en utilisant de multiples identités.

Un expert du djihadisme, Peter Neumann, du King's College de Londres, parle d'un «échec systémique». «Il faudra se poser des questions de fond» sur les mécanismes de l'antiterrorisme en Allemagne, a-t-il estimé.

La police allemande a été vivement critiquée aussi pour avoir focalisé son attention pendant 24 heures sur un Pakistanais finalement mis hors de cause et n'avoir émis un avis de recherche contre Amri que mardi soir tard alors que ses papiers avaient été retrouvés le matin même.

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