Le régime de Bachar Al-Assad aurait repris Alep

Des Syriens brandissent des affiches à l'effigie du... (AFP, George Ourfalian)

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Des Syriens brandissent des affiches à l'effigie du président Bachar Al-Assad, alors qu'ils célèbrent la reprise d'Alep par les forces gouvernementales. La ville était déchirée entre les forces gouvernementales et rebelles depuis 2012.

AFP, George Ourfalian

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Associated Press
Beyrouth

Le régime du président syrien, Bachar Al-Assad, a repris le contrôle total de la ville d'Alep, mettant fin à un siège de quatre ans après que les derniers insurgés et civils eurent abandonné ses ruines, jeudi.

Cette annonce a été diffusée sur la télévision syrienne peu après que le dernier convoi de quatre autocars eut quitté l'enclave rebelle d'Alep-Est, dans le nord du pays.

La chute de ce bastion de l'opposition marque un point charnière de la guerre civile en Syrie qui s'étire depuis maintenant près de six ans.

«Grâce au sang de nos martyrs héroïques, aux sacrifices et actes héroïques de nos forces armées et alliées, ainsi qu'à la ténacité de notre peuple, le Commandement général de l'armée et des forces armées annonce le retour de la sécurité et de la stabilité à Alep», a déclaré un général à la télévision d'État.

Ancien coeur commercial de la Syrie, Alep était déchirée entre les forces gouvernementales et rebelles depuis 2012, voyant ses quartiers ravagés par des affrontements meurtriers et des bombardements du régime.

La photo poignante d'un garçon de 5 ans, couvert de poussière et le front ensanglanté alors qu'il était assis à bord d'une ambulance, l'air hagard, est devenue une image emblématique de ce conflit impitoyable.

Les derniers mois de frappes russes et syriennes ont réduit les édifices, les hôpitaux et les écoles de l'enclave en ruine, fauchant de nombreux habitants qui tentaient pourtant de fuir et laissant ces cadavres sans sépulture.

Par ailleurs, des milliers d'habitants ont déferlé en soirée dans les rues de la deuxième ville de Syrie, célébrant malgré un froid glacial la reprise par le régime du contrôle total de la métropole.

«Notre joie est immense. La vie est revenue à Alep aujourd'hui», a lancé avec enthousiasme l'avocat Omar Halli, qui attend désormais «la victoire pour toute la Syrie».

Des cortèges de voitures défilaient, les conducteurs klaxonnant sans interruption pour exprimer leur joie. Sur les grandes places, les enfants se faisaient peindre les couleurs du drapeau syrien sur les joues.

«Je ne peux pas dire ce que je ressens. Cela fait cinq ans qu'on attend cela, on a souffert avec les insurgés, les coupures d'eau et d'électricité», confie Rana Al-Salem, 29 ans, les larmes aux yeux et la voix couverte par les tirs de célébration qui l'entourent.

«Dieu, la Syrie, Bachar et c'est tout!», «Hey, Hey, Hey, Alep!», «Par notre âme, par notre sang, nous nous sacrifions pour toi, Syrie!», scandaient les habitants.

Certains se prenaient en photo au milieu de la foule, tandis que d'autres tiraient des feux d'artifice.

«Ma mère a juré que je ne me marierai que dans notre maison, dans la vieille ville», a confié à l'AFP Assaad, 26 ans. «Je vais revenir dans notre maison et construire un nouvel étage pour m'y installer après mon mariage.»

La vieille ville, quartier pluricentenaire accueillant notamment la mosquée des Omeyyades et la citadelle, a été placée en 2013 par l'UNESCO sur la liste des sites du patrimoine mondial en danger, alors que durant quatre ans, le secteur a été l'une des principales lignes de front de la métropole.

«Alep retrouvera son influence d'antan», a assuré Aly Akkam, un marchand originaire de cette ville, ancien poumon économique de la Syrie. Il souhaite lui aussi revenir dans la vieille ville et retrouver son magasin de textile qu'il a dû abandonner à cause des combats.

35 000 évacués

L'évacuation des dernières zones d'appui aux insurgés s'est amorcée la semaine dernière grâce à une trêve négociée par la Russie et la Turquie.

Quelque 35 000 personnes ont pu quitter Alep-Est depuis le 15 décembre, a indiqué un porte-parole de l'ONU, Farhan Haq.

Il s'agit d'une victoire considérable pour le président Bachar Al-Assad - et d'une défaite cinglante pour les opposants à son régime, qui ont ainsi renoncé à une importante source de fierté de leur ancienne expansion territoriale.

Le président Al-Assad a affirmé que la «victoire» d'Alep en était une pour tous les pays s'attaquant au terrorisme, dont la Russie et l'Iran - de grands alliés de son gouvernement depuis l'éclatement de la guerre civile, en mars 2011.

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