Drame à Berlin: un «dangereux criminel» probablement «dans la nature»

Un camion a foncé dans la foule d'un... (photo Michael Kappeler, dpa/AP)

Agrandir

Un camion a foncé dans la foule d'un marché de Noël à Berlin et fait 12 morts et 48 blessés.

photo Michael Kappeler, dpa/AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
Berlin

Un «dangereux criminel» se trouve encore probablement «dans la nature» à la suite de l'attentat au camion-bélier commis à Berlin lundi soir, dans la mesure où les soupçons contre un suspect pakistanais ne semblent pas s'étayer, a indiqué mardi le patron de la police locale.

«Nous avons probablement un dangereux criminel dans la nature et bien sûr cela inquiète la population», a déclaré Klaus Kandt lors d'une conférence de presse, en indiquant que les mesures de sécurité dans la capitale allemande étaient en train d'être renforcées.

Les autorités allemandes ont d'abord présenté un demandeur d'asile pakistanais de 23 ans, interpellé dès lundi soir à proximité du lieu de l'attentat après avoir été suivi par un témoin, comme l'homme soupçonné d'avoir conduit le poids lourd.

Il a été arrêté «parce qu'il semblait correspondre à la description» du conducteur donnée par des témoins, a dit le chef de la police berlinoise.

Des analyses de la police scientifique sont en cours pour déterminer notamment si son ADN correspond à des «traces» retrouvées à l'intérieur de la cabine du camion.

Toutefois, le chef du parquet fédéral antiterroriste, chargé de superviser l'enquête, Peter Frank, a laissé peu de doute sur l'issue des investigations.

«Nous devons nous préparer à l'idée que la personne interpellée n'est pas l'auteur» de l'attentat, a-t-il dit.

L'homme a nié les faits. Il était «connu des services de police», mais pas pour des faits de radicalisation islamiste, a ajouté le procureur.

Le patron de la police berlinoise a annoncé du coup que les mesures de sécurité étaient en train d'être «renforcées» dans la ville, avec une plus grande présence de policiers armés dans les lieux très fréquentés comme les marchés de Noël et l'installation plus systématique de barrières de métal.

Le dernier bilan, encore provisoire, de l'attentat, est de 12 morts et 48 blessés, dont 18 dans un état grave. 

Selon le chef de la police judiciaire allemande (BKA), Holger Münch, six des victimes décédées ont pu être identifiées et sont allemandes.

«Des corps partout»

«Des corps partout», la foule transpercée, incrédulité: voici les récits de plusieurs témoins, touristes ou étrangers vivant à Berlin, qui ont vu l'attentat au camion qui a fait 12 morts et 48 blessés lundi soir sur un marché de Noël.

Lana Sefovac, une Bosniaque installée à Berlin qui était avec ses parents sur le marché, a raconté à la chaîne N1:

«Il a littéralement pulvérisé la première baraque de bois», puis «il a roulé directement sur nous, mais à un moment, il a tourné parce qu'il ne visait pas notre baraque, mais la foule. Il voulait rouler sur les gens. Il est passé à 20 centimètres de ma mère. Elle est tombée. Mon père aussi. J'ai commencé à hurler, car je ne la voyais plus, persuadée qu'elle avait été heurtée par le camion lancé à toute allure. Puis elle s'est relevée, mon père aussi et c'est là que j'ai vu le camion rentrer dans un lampadaire avec des gens à terre tout autour.»

«Absolument tout le monde était choqué, [...] nous tentions tous de retrouver nos proches et amis. Une minute plus tôt, on buvait du vin chaud ensemble, et juste après ils gisaient en sang sur le sol.»

Wael Adnan, un Syrien de 28 ans originaire d'Alep, en Allemagne depuis trois mois, au quotidien suédois Aftonbladet:

«C'était comme un "camion fantôme". Il a traversé la foule comme un couteau découpant un gâteau.»

Trisha O'Neill, une Australienne interrogée par la chaîne de télévision Australian Broadcasting Corporation:

«J'ai juste vu ce gigantesque camion noir qui a foncé à travers le marché et renversé tellement de gens, puis toutes les lumières se sont éteintes et tout était détruit.»

Il y avait «du sang et des corps partout», y compris d'enfants et de personnes âgées, ajoute-t-elle, disant avoir «éclaté en sanglots».

Sabrina Glinz, une Américaine interrogée par la chaîne britannique Sky News, a vu des victimes inertes évacuées sous des draps blancs:

«On voyait des gens transportés dans des ambulances, encore et encore, et ça semblait ne jamais devoir finir.»

«Il est venu au tout début du marché, quand c'est le plus fréquenté, et il a simplement foncé à travers les baraques.»

Mike Fox, un touriste britannique originaire de Birmingham, interrogé par la BBC:

«On était en train de partir quand ce gros camion est arrivé. Il m'a frôlé, a frôlé ma petite amie. Je pense qu'il m'a manqué de trois mètres, et elle de cinq.

«J'ai vu un gars évacué avec du sang sur le visage. J'ai aidé plusieurs autres personnes à soulever un stand pour en dégager deux autres personnes.»

Carima Douch, une Belge employée au sein de la police de l'aéroport de Bruxelles-Zaventem, s'était occupée des victimes de l'attentat perpétré le 22 mars dernier. À l'AFP:

«Je ne peux pas croire que ça arrive encore, je ne sais pas ce que je dois éprouver. Je voudrais être utile, mais ce n'est pas mon pays et je ne suis pas de service.»

Azza et Firas, des étudiants tunisiens vivant à Berlin. À l'AFP:

Azza: «on est arrivés juste après, et il y avait tous ces gens par terre. Je ne me sens plus en sécurité ici.» Firas: «J'ai tout de suite pensé que c'était délibéré.»

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer