Nouvelle poussée antiavortement aux États-Unis

Convaincus que le vent a tourné en leur... (AP, Timothy Tai)

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Convaincus que le vent a tourné en leur faveur avec la victoire électorale de Donald Trump le 8 novembre, les opposants à l'avortement se sentent pousser des ailes.

AP, Timothy Tai

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Sébastien Blanc
Agence France-Presse
Washington

Revigorés par l'arrivée prochaine à la Maison-Blanche de Donald Trump, les opposants américains à l'avortement se mobilisent, adoptant des mesures anti-avortements draconiennes qui flirtent parfois avec les libertés constitutionnelles.

Dans plusieurs États du pays, cette semaine qui s'achève a donné des sueurs froides aux «Pro-vie», les partisans du droit des femmes à choisir leur contraception et d'un avortement encadré par la loi.

Ainsi, dans l'Ohio, le gouverneur républicain John Kasich, qui fut candidat à la primaire républicaine pour la présidentielle, a apposé mardi sa signature sur une loi interdisant l'avortement dès la vingtième semaine de grossesse.

Ce texte ne prévoit pas d'exception possible en cas de fécondation consécutive à un viol ou à un inceste.

La limite de 20 semaines est un pari risqué, la Cour suprême des États-Unis ayant jugé que les États ne pouvaient interdire à une femme d'avorter tant que son foetus n'était pas viable, un seuil que les experts évaluent autour de 24 semaines.

«Heartbeat bill»

Mais la situation aurait pu être pire pour les défenseurs de l'avortement. M. Kasich a en effet opposé son veto à un autre volet de la loi, surnommé «heartbeat bill», qui entendait bannir l'avortement dès que le battement du coeur du foetus était détectable, c'est-à-dire parfois même avant qu'une femme sache qu'elle est enceinte.

Dans le Tennessee, une femme qui avait tenté de se faire avorter à 24 semaines en utilisant le crochet métallique d'un cintre a récemment été visée par des nouvelles charges criminelles renforcées.

Cette affaire illustre selon les défenseurs de l'avortement la peur accrue des femmes et un retour en arrière évoquant le temps de la clandestinité.

Convaincus que le vent a tourné en leur faveur avec la victoire électorale de Donald Trump le 8 novembre, les «Pro-vie» se sentent en effet pousser des ailes, de leur propre aveu.

«Conditions atroces» 

Cette semaine, l'organisation antiavortement Americans United for Life (AUL) a ainsi rendu public un imposant rapport de plus de 200 pages, dénonçant les «conditions atroces» régnant selon elle dans 227 centres d'avortement de 32 États.

L'objectif affiché de ce rapport est «d'offrir un outil aux législateurs dans la perspective des sessions parlementaires de 2017 dans les États», a expliqué Denise Burke, une responsable d'AUL. En clair, le mot d'ordre est lancé de multiplier les textes législatifs antiavortement.

Les républicains conservateurs et les chrétiens évangéliques opposés à l'avortement caressent en effet beaucoup d'espoirs sur l'année qui va s'ouvrir.

Il faut dire que Donald Trump s'est choisi un vice-président et un ministre de la Justice, Mike Pence et Jeff Sessions, qui sont tous les deux «Pro-vie».

On s'attend d'autre part à ce que le futur ministre de la Santé, Tom Price, mène une guérilla contre le planning familial et le remboursement de la contraception par les plans de couverture santé.

Le président élu s'est par ailleurs engagé à nommer à la Cour suprême des juges farouchement opposés à l'avortement, en précisant que ce nouveau rapport de force à la haute juridiction pourrait à terme déboucher «automatiquement» sur l'annulation de «Roe V. Wade», l'arrêt emblématique qui a légalisé l'avortement en 1973 aux États-Unis.

Incinération des foetus 

Ce jugement a fait l'objet d'assauts répétés de la part des «Pro-vie», qui font preuve d'une grande imagination pour dresser des obstacles pour les femmes qui souhaitent se faire avorter.

Dans l'Oklahoma, la cour suprême locale a ainsi rejeté mardi une nouvelle loi qui imposait aux médecins avorteurs de disposer d'un droit d'admission de leurs patientes dans un hôpital local situé à maximum 30 miles (48 km) de leur cabinet.

Mi-décembre au Texas, un autre juge a lui suspendu une loi qui obligeait les centres d'avortement à incinérer ou mettre en terre les résidus foetaux post-avortement.

La Cour suprême des États-Unis avait pourtant réaffirmé fin juin avec force le droit des femmes à se faire avorter, une question passionnelle qui n'a cessé de déchirer les Américains.

Mais cet arrêt pourrait bien être la dernière grande victoire des «Pro-choix» avant longtemps.

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