La Russie menace de bloquer l'envoi d'observateurs à Alep

L'ambassadeur russe auprès des Nations unies, Vitali Tchourkine.... (AP, Bebeto Matthews)

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L'ambassadeur russe auprès des Nations unies, Vitali Tchourkine.

AP, Bebeto Matthews

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Agence France-Presse

La Russie a menacé dimanche de bloquer une résolution française sur Alep au Conseil de sécurité et a proposé son propre projet de résolution, au début d'une réunion à huis clos des 15 pays membres, ont indiqué des diplomates.

L'ambassadeur russe Vitali Tchourkine avait auparavant indiqué que Moscou mettrait son veto à un projet de résolution française qui prévoit l'envoi d'observateurs pour l'évacuation de civils d'Alep.

Le texte russe, que l'AFP a pu consulter, ne mentionne pas la présence d'observateurs internationaux sur le terrain.

Il se contente de demander à l'ONU de prévoir des «arrangements» afin de «superviser la situation des civils encore présents à Alep».

Le projet russe souligne «l'importance d'assurer le passage volontaire, digne et en toute sécurité de tous les civils sous la supervision et la coordination de l'ONU, vers une destination de leur choix».

De son côté, la France demande que le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon fasse déployer rapidement à Alep le personnel humanitaire de l'ONU déjà présent en Syrie «pour une surveillance adéquate neutre et une observation directe» de «l'évacuation des parties assiégées d'Alep».

«Nous ne pouvons laisser voter ce texte car c'est un désastre», a déclaré Vitali Tchourkine à la presse à propos de la résolution française. C'est «une provocation politique», a-t-il ajouté.

Il a estimé le plan français «impraticable et dangereux» et dit craindre que les éventuels observateurs ne soient la cible de «provocations».

«Il y a des facons adéquates de parvenir au même objectif», a-t-il affirmé.

L'ambassadeur français François Delattre a de son côté affirmé que la France avait fait «le maximum possible» de concessions sur son texte et était prête à le soumettre au vote ce dimanche. «A chacun d'assumer ses responsabilités», a-t-il lancé.

«Quant à savoir s'il y a encore une marge de compromis (avec la Russie), honnêtement je ne le pense pas», a-t-il déclaré à la presse. «C'est une résolution humanitaire. Notre objectif est d'éviter un nouveau Srebrenica», du nom de cette ville de Bosnie où fut commis en 1995 le pire massacre en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.

Il a dit craindre «des atrocités de masse» commises par des milices si l'ONU ne dispose pas d'observateurs sur le terrain qui seraient «les yeux et les oreilles impartiales» de la communauté internationale.

Paris espère aussi par cette résolution «ouvrir la voie à un cessez-le-feu plus large et aux négociations politiques» indispensables pour régler le conflit en Syrie.

La Russie a déjà mis son veto à six résolutions sur la Syrie depuis le début du conflit qui a fait plus de 310 000 morts depuis mars 2011.




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