Trump nomme un ami de la Russie à la tête de sa diplomatie

Rex Tillerson, que l'on voit ici en compagnie... (AFP, Alexey Druzhinin)

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Rex Tillerson, que l'on voit ici en compagnie du président russe, Vladimir Poutine, en 2011, vient d'être nommé secrétaire d'État américain par Donald Trump. La nomination du pdg du géant pétrolier ExxonMobil à ce poste doit être approuvée par le Sénat, ce qui est loin d'être acquis.

AFP, Alexey Druzhinin

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Nicolas Revise
Agence France-Presse
Washington

Donald Trump a nommé mardi comme chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson, pdg du géant pétrolier ExxonMobil, qui a ses entrées à Moscou, une nomination qui provoque des remous chez certains conservateurs inquiets du rapprochement annoncé avec la Russie.

M. Tillerson, 64 ans, connaît très bien la Russie où il a conclu de nombreux contrats depuis les années 90, avant de prendre en 2006 la direction du premier groupe pétrolier mondial coté en Bourse. Il a au fil des ans développé une relation personnelle avec le président russe, Vladimir Poutine. Le Kremlin a d'ailleurs immédiatement salué un «professionnel» qui a «de bonnes relations de travail» avec le chef d'État russe.

Ce choix risque toutefois de se heurter à l'opposition du Sénat, qui devra confirmer cette nomination ministérielle, au moment où Moscou est accusé par la CIA d'avoir interféré dans la présidentielle américaine du 8 novembre en faveur de Donald Trump.

Mais en faisant de ce puissant homme d'affaires la voix et le visage de la diplomatie américaine, le président désigné confirme qu'il veut amorcer une détente avec la Russie. Après une tentative de relance lancée en 2009 par le président Barack Obama et sa secrétaire d'État de l'époque, Hillary Clinton, les relations américano-russes sont tombées au plus bas ces dernières années avec l'annexion de la Crimée et la guerre en Syrie.

«Je ne peux imaginer une personne mieux préparée et aussi dévouée pour servir en tant que secrétaire d'État à ce moment crucial de notre histoire», s'est félicité M. Trump en annonçant la nomination de M. Tillerson dans un communiqué.

Rude débat en vue

Donald Trump, qui remplacera Barack Obama à la Maison-Blanche le 20 janvier, s'est aussi réjoui d'avoir choisi l'un des plus «grands dirigeants d'entreprise du monde» pour succéder au démocrate John Kerry, à la tête du département d'État depuis février 2013.

Justifiant ce choix inhabituel, l'équipe Trump a souligné que M. Tillerson saura «comment s'orienter dans l'architecture complexe des affaires du monde et de différents dirigeants étrangers».

La nomination a été défendue immédiatement par de nombreux conservateurs en prévision du débat qui s'annonce rude au Sénat, où des auditions et un vote de confirmation devraient être organisés dès janvier.

Les démocrates sonnent l'alarme et le sénateur Bernie Sanders a déjà annoncé qu'il voterait contre lui. Certains républicains qui considèrent Moscou comme un ennemi ont également émis des réserves.

Vladimir Poutine, qui lui avait remis en 2013 la décoration russe de l'Ordre de l'amitié, destinée aux étrangers, «est un voyou et un assassin. Je ne vois pas comment on peut être l'ami d'un ancien agent du KGB», avait lancé le sénateur républicain John McCain peu avant la nomination.

Faible marge de manoeuvre

Son pair de l'État de Floride, Marco Rubio, a reconnu que le pdg d'ExxonMobil était un «homme d'affaires respecté», mais il a fait part de ses graves inquiétudes, soulignant qu'un secrétaire d'État devait «voir le monde avec clarté morale, sans conflits d'intérêts et avec un sens clair des intérêts de l'Amérique».

La marge de manoeuvre est faible, car la majorité républicaine au Sénat est seulement de 52 sièges sur 100.

John Kerry, qui s'en va sans avoir pu arrêter le carnage en Syrie malgré des années de négociations avec la Russie, s'est contenté de féliciter son successeur désigné et de lui garantir une transition sans encombre.

L'enjeu fondamental du moment est la relation Washington-Moscou.

Le patron d'ExxonMobil s'était exprimé contre les sanctions imposées par les Occidentaux pour punir les agissements de la Russie en Ukraine. À contre-courant de la fermeté des Européens et de l'administration Obama, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande s'étant encore prononcés mardi pour la prolongation de ces sanctions.

Le sénateur démocrate Ben Cardin s'est d'ailleurs dit «profondément troublé par l'opposition de M. Tillerson aux sanctions des États-Unis contre la Russie».

La Chine

Rex Tillerson aura aussi à traiter avec la Chine.

Depuis le début du mois, Donald Trump a multiplié les déclarations menaçant de rompre le fragile équilibre des relations entre les États-Unis et la Chine, en particulier sur la très sensible question de Taïwan. Pékin a d'ailleurs lancé sa plus sévère mise en garde à ce jour mardi, avertissant que toute personne qui menacerait les intérêts de Pékin à Taïwan «soulèverait un rocher qui lui écraserait les pieds».

Un homme muni d'un couteau et de pétards arrêté à Trump Tower

Les mesures de sécurité de la Trump Tower... (AP, Richard Drew) - image 2.0

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Les mesures de sécurité de la Trump Tower à New York coûtent environ un demi-million de dollars par jour.

AP, Richard Drew

Un jeune homme de 19 ans a tenté lundi soir de pénétrer dans Trump Tower, où réside Donald Trump, armé d'un couteau et de pétards, a indiqué la police new-yorkaise.

L'homme, âgé de 19 ans, a été interpellé et accusé de possession criminelle d'arme et possession illégale de pétards. On ignore quelles étaient ses intentions.

Attraction mondiale

C'est le premier incident de ce type depuis que Trump Tower, le gratte-ciel qui abrite la résidence privée et la société immobilière de Trump sur la 5e Avenue, est devenue une attraction mondiale avec la victoire du magnat de l'immobilier à l'élection présidentielle du 8 novembre.

Mercredi dernier, le chauffeur d'un camion avait déjà été arrêté alors qu'il tentait de forcer le passage sur la 5e Avenue, interdite aux camions depuis l'élection.

Il a été accusé de comportement dangereux et de non-obéissance à un policier, semblant indiquer qu'il n'avait d'autre intention que de gagner du temps en ignorant les restrictions à la circulation.

Mesures de sécurité drastiques

Même si elle reste accessible au public, la Trump Tower, entourée de boutiques très fréquentées à l'approche des Fêtes, fait l'objet de mesures de sécurité drastiques depuis que Trump a commencé à y recevoir toutes sortes de personnalités pour préparer sa présidence.

Le maire démocrate de New York, Bill de Blasio, essaie de se faire rembourser le coût de ces mesures  qu'il a évaluées à 35 millions de dollars pour la période allant du 8 novembre à l'inauguration du nouveau président le 20 janvier, soit environ un demi-million par jour.

Pour l'instant, le Congrès américain n'est prêt à lui rembourser qu'un cinquième de la somme, mais M. de Blasio continue à réclamer plus et a même lancé mardi une pétition pour soutenir sa demande.

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